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82e session de l’Institut de Droit International : Les défis mondiaux rappellent l’urgence d’un droit international réinventé
Mohamed Bennouna a insisté sur l’ampleur des défis
À l’ouverture de la 82e session de l’Institut de Droit International (IDI), tenue à Rabat, Mohamed Bennouna, président de l’IDI, a fait le constat des bouleversements de l’ordre mondial et la remise en cause des fondements du droit international appelant à un engagement collectif en faveur de la paix et de la justice.
Un droit international fragilisé par les crises
Dès l’entame de son intervention, Mohamed Bennouna a insisté sur l’ampleur des défis qui bousculent la scène internationale. Guerres, crises économiques, dérèglements climatiques, tensions migratoires : autant de périls qui sapent les bases mêmes du droit international. Pour lui, l’évidence est claire : les institutions censées garantir la paix se sont révélées de plus en plus inadaptées aux réalités contemporaines.
Le président de l’IDI a rappelé que les tentatives de réforme du système des Nations Unies ont toutes échoué jusqu’ici. Or, ce statu quo n’est plus tenable. Face à l’essor des rapports de force et à la montée des logiques de puissance, Bennouna avertit : faire primer la force sur le droit reviendrait à une « démission collective ». Il n’y a, selon lui, « tout simplement pas d’alternative à la primauté du Droit et de la Justice ».
La diversité comme socle du progrès
Si les tensions internationales menacent, Bennouna a souligné que l’avenir du droit international se trouve dans l’ouverture et la diversité culturelle. C’est, dit-il, la vocation première de l’Institut de Droit International depuis sa création : rapprocher les peuples, dépasser les antagonismes et donner corps à un ordre juridique universel.
En ce sens, l’organisation de cette session à Rabat prend toute sa signification. Elle illustre la volonté de l’IDI d’élargir sa perspective vers une véritable dimension mondiale. Son secrétaire général, Fausto Pocar, a tenu à saluer « cette belle ville impériale nichée sur la rive méridionale de l’estuaire du Bouregreg », soulignant que le choix du Maroc et de l’Afrique consacre l’ambition universelle de l’Institut. Sa devise, Justitia et pace, résume l’objectif : servir le progrès du droit international au service de la paix.
Rabat, laboratoire d’un dialogue universel
Cette 82e session, qui se déroule jusqu’au 31 août à l’Académie du Royaume, se veut un espace de réflexion sur les questions qui dessinent l’avenir. La protection de l’environnement y occupera une place centrale, avec notamment les « règles de prévention des dommages applicables aux espaces au-delà de la juridiction nationale ».
Un autre thème majeur portera sur le droit international de la propriété intellectuelle face aux pandémies. L’accès aux médicaments, la prévention et la préparation aux crises sanitaires mondiales seront abordés dans une perspective de solidarité globale. Enfin, les participants débattront du rôle et du statut des assemblées des États parties aux traités, un enjeu crucial dans la gouvernance mondiale.
La séance d’ouverture a également été marquée par la lecture d’un message du Roi Mohammed VI. Le Souverain y a réaffirmé la nécessité de replacer le droit international au centre des relations entre nations, non pas comme un idéal désuet, mais comme une lumière capable de guider la communauté mondiale à travers les incertitudes.
Un engagement renouvelé pour l’avenir
Au-delà des débats techniques et juridiques, cette session de Rabat envoie un message politique et symbolique fort : celui d’un engagement renouvelé en faveur d’un droit international réformé et adapté aux défis du siècle. En insistant sur la primauté du droit, Mohamed Bennouna rappelle à la communauté internationale qu’il ne s’agit pas seulement de défendre un cadre juridique, mais bien de préserver les fondements mêmes de la paix et de la justice.