Ahmed Faras, l’adieu à une légende du football marocain et le témoignage de Gianni Infantino

Ahmed Faras, l’adieu à une légende du football marocain et le témoignage de Gianni Infantino

Faras demeure à ce jour le meilleur buteur de la sélection nationale. Il est aussi une figure qui a su inspirer, bien au-delà des terrains.

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Figure emblématique du football marocain et africain, Ahmed Faras a été inhumé jeudi à Mohammedia, sa ville natale, en présence de personnalités sportives, politiques et de nombreux admirateurs. Décédé à l’âge de 78 ans, l’ancien capitaine des Lions de l’Atlas laisse derrière lui un héritage immense, marqué par un Ballon d’or africain et le sacre historique du Maroc en Coupe d’Afrique des Nations en 1976.

Un dernier hommage national à un monument du football

Jeudi 17 juillet 2025, Mohammedia a vibré d’une émotion rare. Après les prières d’Ad-Dohr et du Mort à la mosquée Arridouane, la dépouille d’Ahmed Faras a été portée en terre, accompagnée par un cortège sobre et recueilli. La cérémonie d’inhumation s’est déroulée en présence du ministre de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports, Mohamed Saad Berrada, du président de la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF), Fouzi Lekjaa, du gouverneur de la préfecture de Mohammedia, Adil El Maliki, ainsi que de nombreuses figures du sport national, d’anciens coéquipiers et membres de la famille du défunt.

Tous étaient réunis pour saluer la mémoire d’un homme dont la carrière a marqué plusieurs générations. Les témoignages ont fusé, empreints de respect et de tristesse. Ahmed Makrouh, alias "Baba", coéquipier de Faras dans la sélection championne d’Afrique en 1976, a évoqué la perte d’un "phénomène footballistique", mais aussi celle d’un homme humble et profondément humain. Même émotion chez Abdellah Tazi, autre grand nom du football national, qui a souligné combien Faras restera une référence pour l’histoire du sport marocain.

Un palmarès unique, une influence durable

Ahmed Faras, c’est d’abord un palmarès impressionnant : meilleur buteur du championnat en 1969 et 1973, double vainqueur de la Coupe du Trône (1972, 1975), et surtout, Ballon d’Or africain en 1975, une première pour un Marocain. Mais au-delà des titres, c’est le style du joueur et la constance de son engagement qui fascinaient.

Vedette incontestée du Chabab Mohammedia, club auquel il est resté fidèle toute sa carrière, Faras était aussi le visage d’une équipe nationale conquérante, qu’il mena à la victoire en Coupe d’Afrique des Nations en 1976. Son jeu alliait élégance, précision et intelligence tactique. Lahcen Ramadan, ancien international, le décrit comme un "capitaine respecté, meneur d’hommes lucide et discret, dont la vision du jeu faisait souvent la différence".

Faras demeure à ce jour le meilleur buteur de la sélection nationale. Il est aussi une figure qui a su inspirer, bien au-delà des terrains. En 2023, la FRMF avait d’ailleurs rendu hommage à l’ensemble de sa carrière, qualifiant Faras de "symbole d’excellence et de fidélité".

Une reconnaissance nationale et internationale

Le décès d’Ahmed Faras a suscité une onde de chagrin bien au-delà des frontières marocaines. Le président de la FIFA, Gianni Infantino, lui a rendu un hommage appuyé via les réseaux sociaux. "Profondément attristé", il a salué une carrière "exceptionnelle" et adressé ses condoléances à la famille du défunt, à la FRMF et à toute la communauté footballistique africaine.

Du côté national, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a adressé un message de condoléances à la famille de Faras, saluant "l’une des grandes étoiles du football marocain et son meilleur buteur international". Le Souverain a rappelé la contribution essentielle du joueur au rayonnement du sport marocain sur les plans continental et international, et a imploré le Très-Haut de l’accueillir en Sa sainte miséricorde.

Le départ d’Ahmed Faras marque la fin d’une époque. Celle d’un football romantique, passionné, ancré dans les valeurs du jeu et du dépassement. Mais son souvenir, lui, demeure bien vivant dans le cœur des Marocains. À Mohammedia, au sein de la FRMF, dans les stades comme dans les foyers, le nom de Faras continuera d’incarner l’excellence, la modestie et l’amour du maillot.

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