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Amina Bouayach appelle à une feuille de route des droits humains commune pour les pays du Sud
Amina Bouayach recevant des mains du maire de San Salvador les clés de la ville, une distinction symbolique en reconnaissance du rôle des défenseurs des droits humains
San Salvador – La présidente du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) et du Réseau mondial des institutions nationales des droits de l’Homme (GANHRI), Amina Bouayach, a plaidé pour l’adoption d’une feuille de route commune entre les pays du Sud, avec des objectifs clairs et des engagements concrets, afin de renforcer la promotion des droits humains dans toutes leurs dimensions. Elle s’exprimait à l’occasion du Sommet mondial des droits de l’Homme, tenu du 2 au 4 septembre à San Salvador.
Les expériences du Sud comme patrimoine universel
Dans son allocution, Mme Bouayach a souligné que les expériences des pays du Sud en matière de justice transitionnelle et de Constitutions fondées sur la justice sociale représentent une richesse pour le patrimoine universel des droits de l’Homme. Ces acquis, a-t-elle insisté, offrent des leçons inspirantes pour la communauté internationale.
Le sommet, a-t-elle rappelé, aborde des thématiques cruciales pour le GANHRI, telles que les droits des personnes incarcérées, la migration, la crise environnementale, les transformations numériques et l’intelligence artificielle, ainsi que l’inclusion et la participation politique. Autant de défis qui, selon elle, appellent à un surcroît d’efforts et à une solidarité accrue entre les pays du Nord et du Sud.
Migration, climat et espaces numériques au cœur du débat
La présidente du CNDH a mis en avant le rôle pionnier joué par les pays du Sud dans les débats internationaux sur les migrations, rappelant que le Maroc avait contribué de manière décisive à l’élaboration du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, adopté à Marrakech.
Abordant la question des transformations technologiques, Mme Bouayach a insisté sur l’importance des espaces numériques, désormais devenus de véritables plateformes de débat public et de mobilisation. Ces outils doivent, selon elle, être consolidés pour promouvoir la transparence, la responsabilité et renforcer la pratique démocratique, en élargissant les canaux de la participation politique.
Concernant les défis environnementaux, elle a rappelé que les pays du Sud, bien qu’ayant une responsabilité moindre dans la crise climatique, en subissent les impacts les plus graves : déplacements forcés de populations, vulnérabilités accrues et répercussions socio-économiques complexes.
Hommage à une voix marocaine engagée
En conclusion, Mme Bouayach a appelé à une action concertée et à une solidarité internationale, affirmant que les institutions nationales des droits de l’Homme doivent se situer au cœur des réponses aux défis globaux actuels.
En marge du sommet, elle a reçu des mains du maire de San Salvador les clés de la ville, une distinction symbolique en reconnaissance du rôle des défenseurs des droits humains. Un hommage particulier lui a également été rendu pour son parcours de femme marocaine engagée, militante nationale et figure régionale et internationale de la défense des droits et libertés.