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Art, mémoire, cinéma, théâtre, l’essentiel de la culture
L’exposition photographique "Casarina" de Karim Achalhi, fruit d’une collaboration délicate avec la danseuse Aya Sendby. Entre les clichés et les mouvements, l’exposition, ouverte jusqu’au 27 septembre, transporte le spectateur dans un dialogue poétique entre la métropole du Maroc et le corps en mouvement.
Rabat, Brasilia, Chefchaouen, Tétouan – Entre photographie et danse, diplomatie culturelle et échanges académiques, cinéma environnemental et théâtre national, les événements qui retiennet l’attention cette semaine conjuguent création artistique, ouverture sur le monde et réflexion collective. Des rues de Casablanca aux couloirs du Sénat brésilien, des montagnes de Chefchaouen aux scènes de Tétouan, l’art et la culture deviennent des espaces de dialogue et de projection vers l’avenir.
Casarina : Casablanca au rythme du ballet
À Rabat, la galerie de la Fondation Mohammed VI a accueilli le vernissage de l’exposition photographique "Casarina" de Karim Achalhi, fruit d’une collaboration délicate avec la danseuse Aya Sendby. Entre les clichés et les mouvements, l’exposition, ouverte jusqu’au 27 septembre, transporte le spectateur dans un dialogue poétique entre la ville et le corps en mouvement.
Chaque photographie capture Casablanca sous un angle inédit : les rues, les places et les façades deviennent les partenaires d’une danse silencieuse où la ville se fait scène. "Casarina", contraction de "Casa" et "ballerina", est à la fois un hommage à l’architecture urbaine et une ode à l’élégance du geste. Karim Achalhi explique avoir cherché à révéler la dimension esthétique de la ville, trop souvent perçue sous le prisme de la densité et du bruit.
Aya Sendby rappelle que cette aventure artistique a commencé en 2020, lorsque les théâtres fermés et les rues désertes offraient un décor propice à une exploration hors du commun. Pour elle, ce projet est une façon de dire que la ville, même en période de crise, reste un espace vivant où l’art peut se réinventer. Les clichés, minutieusement composés, créent un équilibre entre masse et vide, invitant le spectateur à se perdre dans un univers où l’architecture devient chorégraphie.
Maroc-Brésil : des livres pour raconter une amitié
À Brasilia, la diplomatie culturelle marocaine s’est exprimée par la présentation de deux ouvrages consacrés aux relations entre le Maroc et le Brésil. La première publication, « Le Royaume du Maroc et le Brésil : Une relation séculaire, une amitié pérenne », retrace plus d’un siècle et demi d’histoire commune, de l’épisode du sauvetage du navire Dona Isabella en 1860 à la visite historique du Roi Mohammed VI en 2004. Illustrée de documents rares et de photographies, cette rétrospective est un voyage à travers les échanges humains, culturels et économiques entre les deux pays.
Le second ouvrage, « Les relations Brésil-Maroc : un partenariat atlantique multidimensionnel », publié par le Policy Center for the New South, adopte une perspective académique. Écrit par quatorze chercheurs marocains et brésiliens, il explore les convergences stratégiques entre les deux pays dans les domaines de la défense, du commerce, de la transition énergétique, de l’économie bleue ou encore de la sécurité alimentaire.
Chefchaouen : le cinéma au service de l’environnement
Dans le nord du Maroc, Chefchaouen s’est transformée en capitale du cinéma vert avec l’ouverture de la 14e édition du Festival international des films d’environnement. Organisé par l’Association Talassemtane pour l’environnement et le développement, cet événement a été placé sous le thème "Un festival sans plastique", affirmant son engagement écologique jusque dans sa logistique.
La soirée d’ouverture a été marquée par des hommages à des figures engagées dans la défense de l’environnement et la promotion de la culture : la documentariste Zineb Chefchaouni Moussaoui, l’animatrice Laila El Kharouaa, la chercheuse en cinéma Laila Rahmouni et le photographe Adnan Haqoun. Tous ont été désignés "ambassadeurs de l’environnement", devenant ainsi les porte-voix d’une cause qui transcende les frontières du cinéma.
Le jury de la compétition internationale, présidé par Zineb Chefchaouni Moussaoui, réunit critiques, producteurs et experts internationaux. Au programme, 24 films représentant plusieurs pays et abordant des thématiques allant du changement climatique à la biodiversité, de la pollution plastique à la justice sociale. Les projections s’étendent aux zones rurales de la province, notamment Bab Taza et Talambote, transformant le festival en outil de sensibilisation pour les jeunes générations.
Cette édition ambitionne de faire du festival un rendez-vous incontournable pour les professionnels du cinéma environnemental et de consacrer Chefchaouen comme un centre d’échanges culturels et scientifiques autour des enjeux écologiques.
Tétouan : le théâtre national se prépare à son 25e acte
Enfin, le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication a annoncé l’ouverture des candidatures pour la 25e édition du Festival national du théâtre, prévue du 14 au 21 novembre à Tétouan sous le Haut patronage de SM le Roi Mohammed VI. Cette édition promet de rassembler les meilleures troupes du Royaume dans une compétition officielle où seront décernés les prix de l’écriture, de la mise en scène, de la scénographie, du costume et de l’interprétation, ainsi que le Grand Prix et le Prix de l’espoir.
Les troupes intéressées ont jusqu’au 3 octobre pour déposer leurs dossiers de candidature auprès de la Direction des arts. Cet appel marque le coup d’envoi d’un festival qui, depuis un quart de siècle, constitue la vitrine du théâtre marocain et un lieu de rencontre entre les générations d’artistes.
Au-delà de la compétition, le festival s’impose comme un espace de dialogue sur l’avenir de la création scénique. En offrant une scène aux nouvelles écritures et aux expérimentations, il contribue à nourrir la réflexion sur la place du théâtre dans la société marocaine contemporaine.