Attaques contre les écoles : l’UNESCO alerte sur une hausse inquiétante en 2024

Attaques contre les écoles : l’UNESCO alerte sur une hausse inquiétante en 2024

Un épais nuage de fumée après une frappe israélienne sur une école de l'ONU à Beit Lahia, dans le nord de la bande de Gaza, le 17 janvier 2009 déjà, 14 ans avant les évènements du 7 octobre 2023, qu’Israël et ses complice prétendent comme l’origine des massacres. Une femme et un enfant ont été tués. AFP PHOTO / MOHAMMED ABED (Photo par MOHAMMED ABED /

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Paris – Les attaques ciblant les établissements scolaires ont connu une hausse dramatique de 44 % en 2024, selon l’UNESCO. L’organisation onusienne dénonce une situation alarmante qui met en péril l’avenir de millions d’enfants, en particulier dans les zones de conflits armés.

Une tendance mondiale préoccupante

À l’occasion de la Journée internationale pour la protection de l’éducation contre les attaques, célébrée le 9 septembre, l’UNESCO a exprimé sa « vive préoccupation » face à la multiplication des violences visant les écoles. L’organisation rappelle qu’aujourd’hui, près de 85 millions d’enfants vivant dans des contextes de crises ne sont pas scolarisés.

Les chiffres recueillis sont édifiants : 1 265 établissements scolaires attaqués en 2024, soit une augmentation de 44 % par rapport à l’année précédente. Ces violences s’inscrivent dans un contexte où le rapport annuel des Nations Unies sur les enfants et les conflits armés fait état de 41 370 violations graves à l’encontre des mineurs, un niveau jamais atteint depuis trois décennies.

Des écoles transformées en cibles et en bases militaires

Selon l’UNESCO, ces attaques sont d’autant plus préoccupantes qu’elles touchent des lieux que le droit international humanitaire impose de protéger en toutes circonstances. Au-delà des destructions, l’organisation déplore l’utilisation et les attaques croissantes des établissements scolaires à des fins militaires, pratique contraire aux conventions internationales, qui accentue encore la vulnérabilité des élèves et des enseignants.

Les pays les plus touchés par ce phénomène se trouvent dans des zones de conflits prolongés : Ukraine, Proche-Orient (notamment Gaza), Birmanie, Haïti et Afghanistan. Dans ces régions, l’éducation est menacée non seulement par la violence directe, mais aussi par l’insécurité qui empêche des milliers d’enfants de fréquenter régulièrement l’école.

L’action renforcée de l’UNESCO

Face à cette situation alarmante, l’UNESCO affirme avoir intensifié son action sur le terrain. L’organisation intervient dans 31 pays touchés par des crises, en collaboration avec ses partenaires. Elle met en place des programmes visant à assurer la continuité pédagogique, fournit du matériel éducatif et offre un soutien psychosocial à des dizaines de milliers d’élèves et d’enseignants.

L’UNESCO élabore également un plan d’action destiné à ses États membres, afin de proposer une feuille de route claire pour protéger l’éducation en cas de crise. Ce plan vise notamment à élargir l’accès à des formes alternatives d’apprentissage, pour pallier les interruptions causées par les violences.

Un appel au respect du droit international

Si ces initiatives contribuent à renforcer la résilience des systèmes éducatifs, l’UNESCO insiste sur un point essentiel : aucune mesure ne peut se substituer au respect strict du droit international humanitaire. L’organisation exhorte ainsi toutes les parties impliquées dans les conflits à se conformer à la Résolution 2601 du Conseil de sécurité de l’ONU adoptée en 2021, qui exige la protection des établissements scolaires, ainsi qu’à la Déclaration sur la sécurité dans les écoles, adoptée il y a dix ans.

Pour l’UNESCO, garantir la sécurité des lieux d’éducation n’est pas seulement une obligation juridique, c’est aussi une condition indispensable pour préserver l’avenir des enfants et la stabilité des sociétés.

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