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Bassin du Loukkos : des pluies salvatrices pour l’agriculture, un défi logistique pour les terres irriguées
Les infrastructures hydrauliques du bassin ont enregistré une hausse significative de leurs niveaux de stockage. Le barrage Oued El Makhazine affiche un taux de remplissage de 100 %, avec un volume avoisinant 672,8 millions de mètres cubes. Le barrage Dar Khrofa, de son côté, atteint près de 28 % de sa capacité, soit environ 135,8 millions de mètres cubes
Avec plus de 520 mm de précipitations enregistrées depuis le début de la campagne agricole, le bassin du Loukkos vit une saison marquée par un retour en force de la ressource hydrique. Ces pluies, largement bénéfiques pour les cultures et la recharge des nappes, imposent toutefois une mobilisation technique continue pour évacuer les excédents d’eau et préserver les rendements agricoles.
Une relance agricole portée par l’abondance des pluies
La régularité des précipitations et leur survenue à des périodes favorables ont contribué à un démarrage dynamique de la saison agricole dans le bassin du Loukkos. Le couvert végétal s’est densifié, l’humidité des sols s’est nettement améliorée et les cultures ont bénéficié de conditions propices à leur développement. Les céréales, les légumineuses, les cultures maraîchères ainsi que les filières sucrières figurent parmi les premières bénéficiaires de cette pluviométrie exceptionnelle.
Au-delà de l’impact direct sur les champs, les pluies ont également renforcé la recharge de la nappe phréatique et accru les réserves des barrages à vocation agricole, offrant une meilleure visibilité pour l’irrigation durant les périodes sèches à venir.
Des barrages en nette amélioration
Les infrastructures hydrauliques du bassin ont enregistré une hausse significative de leurs niveaux de stockage. Le barrage Oued El Makhazine affiche un taux de remplissage de 100 %, avec un volume avoisinant 672,8 millions de mètres cubes. Le barrage Dar Khrofa, de son côté, atteint près de 28 % de sa capacité, soit environ 135,8 millions de mètres cubes.
Ces chiffres traduisent un retournement de tendance après plusieurs années marquées par la rareté des précipitations. Pour les exploitants agricoles, cette situation redonne de l’espoir et renforce la confiance dans les perspectives de la campagne en cours.
L’optimisme prudent des agriculteurs
Sur le terrain, les producteurs observent déjà les premiers effets positifs de cette saison pluvieuse. Spécialisé dans les cultures sucrières, Saïd El Bakri souligne que les pluies abondantes ont favorisé la croissance de la betterave et de la canne à sucre, ainsi que des cultures fourragères comme la luzerne. Il évoque une saison qu’il qualifie de prometteuse, notamment grâce à la recharge significative de la nappe phréatique.
L’accompagnement technique assuré par l’Office régional de mise en valeur agricole du Loukkos est également perçu comme un facteur clé de réussite, en facilitant l’adaptation des pratiques agricoles aux nouvelles conditions hydriques.
La gestion des excédents, un enjeu crucial
Si les pluies sont globalement perçues comme une bénédiction, elles posent aussi des défis majeurs dans les zones basses et les terres plates du périmètre irrigué. L’accumulation d’eau peut affecter la qualité des cultures, ralentir les travaux agricoles et compromettre les rendements.
Pour faire face à cette situation, un vaste dispositif de drainage est activé dès les premiers épisodes pluvieux importants. Le périmètre irrigué de la rive droite de l’Oued Loukkos, qui s’étend sur près de 7.000 hectares, dispose ainsi d’un double réseau, combinant irrigation en période sèche et évacuation des eaux pluviales en période humide.
Un réseau hydraulique mobilisé à plein régime
Selon Mohamed El Fkiri, responsable de la maintenance à l’Office régional, le système de drainage a été peu sollicité au cours des six dernières années en raison du déficit pluviométrique. Cette année, avec un cumul de 520 mm enregistré sur une période relativement courte, l’ensemble du dispositif a été mobilisé pour éviter toute accumulation d’eau sur les parcelles agricoles.
La particularité du périmètre irrigué du Loukkos tient à sa situation géographique. Il se trouve dans une zone basse où convergent trois cours d’eau majeurs : l’Oued Loukkos, l’Oued El Makhazine et l’Oued Arour. Cette configuration nécessite une gestion fine et réactive des flux hydriques pour prévenir les risques d’inondation.
Le réseau comprend une digue de protection d’environ 250 kilomètres, un ensemble de canalisations totalisant près de 2.500 kilomètres et trois stations de pompage. Ces infrastructures permettent de collecter les eaux excédentaires, de les acheminer vers des canaux industriels, puis de les rejeter dans l’Oued Loukkos avant leur évacuation vers la mer.
Entre espoir climatique et attentes agricoles
Les agriculteurs du bassin du Loukkos espèrent désormais une amélioration progressive des conditions météorologiques, avec une alternance équilibrée entre pluie et ensoleillement. Cette combinaison est essentielle pour finaliser la préparation des sols destinés aux cultures printanières et assurer une croissance optimale des plantations.
À moyen terme, cette saison pourrait marquer un tournant pour l’agriculture régionale, à condition que la gestion des ressources hydriques se poursuive avec rigueur et anticipation. Entre abondance salvatrice et impératifs techniques, le bassin du Loukkos illustre les nouveaux équilibres à trouver dans un contexte climatique de plus en plus contrasté.