Bilan économique et perspectives de croissance : Le Roi reçoit le Wali de Bank Al-Maghrib à Tétouan

Bilan économique et perspectives de croissance : Le Roi reçoit le Wali de Bank Al-Maghrib à Tétouan

Le Roi Mohammed VI, accompagné du Prince Héritier Moulay El Hassan et du Prince Moulay Rachid, recevant mardi 29 juillet 2025 au Palais Royal à Tétouan, Abdellatif Jouahri, Wali de Bank Al-Maghrib

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Casablanca, – Le Roi Mohammed VI, accompagné du Prince Héritier Moulay El Hassan et du Prince Moulay Rachid, a reçu, ce mardi au Palais Royal à Tétouan, Abdellatif Jouahri, Wali de Bank Al-Maghrib. À cette occasion, M. Jouahri a présenté le rapport annuel de la Banque Centrale sur la situation économique, monétaire et financière du Maroc pour l'exercice 2024. Ce rapport a mis en lumière l'évolution de l'économie marocaine, les défis à relever et les mesures prises pour maintenir une croissance stable face à un environnement international incertain.

Une croissance solide malgré un contexte difficile

Dans son allocution devant le Souverain, Abdellatif Jouahri a souligné que, malgré les incertitudes internationales et la succession des années de sécheresse, l'économie marocaine a enregistré des résultats positifs en 2024. La croissance du PIB a atteint 3,8%, avec une performance particulièrement forte dans les secteurs non agricoles, qui ont enregistré une croissance de 4,8%. Cette dynamique témoigne de la résilience de l'économie nationale face à des défis environnementaux et géopolitiques importants.

L’inflation, qui avait atteint des niveaux élevés dans les années précédentes, a marqué un net recul, s’établissant à une moyenne de 0,9% en 2024. Ce ralentissement de l'inflation a été un facteur clé dans l'adoption d’une politique monétaire plus souple, décidée par Bank Al-Maghrib. En effet, la Banque Centrale a abaissé à deux reprises son taux directeur pour soutenir la reprise économique, tout en continuant de répondre aux besoins de liquidité exprimés par les banques du pays.

Des défis persistants sur le marché du travail

Malgré les résultats économiques encourageants, M. Jouahri a souligné que le marché du travail demeure un secteur fragile. En 2024, l'économie marocaine a créé environ 82 000 nouveaux emplois, mais ce nombre reste insuffisant pour inverser la tendance à la hausse du chômage, qui s'est établi à 13,3%. La création d'emplois demeure un enjeu central pour le pays, d'autant plus que l'augmentation de la population active et les besoins d'un secteur privé dynamique réclament des solutions à plus grande échelle.

Le rapport a également mis en évidence la nécessité d'une gouvernance plus efficace et d'une meilleure mobilisation du secteur privé pour accroître l'investissement et favoriser la création d'emplois durables. La consolidation des bases économiques doit impérativement s’accompagner d’une plus grande implication du secteur privé, dans un cadre qui favorisera l’innovation et l’agilité face aux mutations économiques mondiales.

La consolidation budgétaire et les finances publiques

L’un des points forts du rapport concerne la gestion des finances publiques. Le déficit budgétaire a été réduit à 3,9% du PIB, une performance saluée par M. Jouahri, qui a attribué cette amélioration à la forte performance des recettes fiscales et aux mécanismes de financement innovants mis en place par le gouvernement. Ces mesures ont permis d'assurer une gestion plus rigoureuse des finances publiques tout en maintenant une politique d’investissement soutenue dans les infrastructures clés du Royaume.

Le déficit du compte courant a également été maîtrisé, ne représentant que 1,2% du PIB. Cette situation a été rendue possible grâce à la forte dynamique des exportations marocaines, notamment l'industrie automobile, les ventes de phosphate et dérivés, ainsi qu'à la réduction de la facture énergétique. Par ailleurs, les transferts des Marocains Résidant à l'Étranger (MRE) et les recettes du secteur du tourisme ont également contribué à limiter les déséquilibres extérieurs.

Le renforcement des réserves de change de Bank Al-Maghrib, qui ont atteint plus de 375 milliards de dirhams, soit l’équivalent de presque cinq mois et demi d’importations, constitue un autre aspect positif du rapport. Ces réserves assurent la stabilité du dirham et renforcent la capacité du Maroc à faire face aux chocs économiques externes.

 Une vision de réformes ambitieuses pour l’avenir

  1. Jouahri a également évoqué les réformes structurelles lancées par Sa Majesté le Roi pour renforcer la compétitivité et la résilience de l’économie nationale. Depuis le début du millénaire, le Maroc a entrepris un agenda ambitieux de réformes institutionnelles, économiques et sociales. Ces réformes ont permis d'importants progrès, notamment dans la modernisation des infrastructures, la diversification de l’économie et la réduction des inégalités sociales.

Cependant, malgré ces avancées, l’économie marocaine a connu un ralentissement de la croissance au cours de la dernière décennie, alimenté par les crises successives et un environnement international incertain. Pour faire face à cette situation, Sa Majesté le Roi a pris l’initiative de lancer plusieurs réformes et projets d’envergure, notamment dans les domaines de la sécurité hydrique, de la souveraineté énergétique et alimentaire, et de la mise à niveau des infrastructures pour accueillir des événements internationaux majeurs.

Le rapport souligne que ces initiatives royales ont déjà créé une forte dynamique de développement, présageant une accélération de la croissance économique et de la création d'emplois pour les années à venir. Toutefois, M. Jouahri a insisté sur la nécessité de continuer à œuvrer selon trois axes principaux pour réussir cette transition : renforcer la résilience économique, améliorer l'agilité de l’action publique et préserver les équilibres macroéconomiques.

Trois axes clés pour maintenir la croissance

Le Wali de Bank Al-Maghrib a indiqué que l’action publique doit se concentrer sur trois grands axes pour atteindre les objectifs de croissance du Royaume. Le premier axe consiste à renforcer la résilience économique face aux chocs externes, en améliorant la gouvernance et en consolidant le tissu productif national. Cela inclut également une meilleure mobilisation du secteur privé, afin de soutenir l'investissement et la création d'emplois.

Le deuxième axe est celui de l’agilité de l’action publique, avec un suivi rigoureux de la mise en œuvre des réformes et une évaluation régulière des résultats. Ce processus permettra d’ajuster les politiques en fonction des évolutions économiques et des défis mondiaux.

Enfin, le troisième axe consiste à poursuivre la consolidation budgétaire, avec une attention particulière à la réforme de la loi organique des finances et à l’amélioration de la gestion des finances publiques, notamment à travers la révision des régimes de retraite et l’introduction de règles budgétaires plus strictes.

Une vision claire pour l’avenir du Maroc

Le rapport de Bank Al-Maghrib se conclut sur une note positive, soulignant que le Maroc dispose aujourd'hui des conditions nécessaires pour accélérer sa croissance et renforcer sa compétitivité à l’échelle internationale. Grâce à une vision claire et ambitieuse, ainsi qu'à la stabilité politique et économique du Royaume, le Maroc est en bonne position pour relever les défis à venir.

  1. Jouahri a ajouté que toutes les forces vives du pays doivent se mobiliser pour mettre en œuvre cette vision royale, d’autant plus que le pays devra relever d’importantes échéances d’ici 2030. Le véritable enjeu, selon lui, est de transformer ces échéances en leviers pour propulser le pays vers les catégories de revenus supérieures, en renforçant son dynamisme économique et en poursuivant ses efforts pour une croissance inclusive et durable.

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