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"Ca suffit !" A l'aube, des Gazaouis pleurent leurs proches tués dans les dernières frappes
Un enfant palestinien se tient près du corps d'e da mère tuée lors de frappes aériennes israéliennes, le 21 mai 2025, dans l'enceinte de l'hôpital arabe Al-Ahli de la ville de Gaza, également connu sous le nom d'hôpital baptiste. (Photo Omar AL-QATTAA / AFP)
Aux premières lueurs du jour, les cris étouffés de mères, de sœurs, d’hommes brisés résonnent devant l’hôpital Nasser, à Khan Younès. Une nuit de plus, une frappe de trop. Dans des couvertures, des sacs de farine de l’ONU ou à même le sol, les dépouilles s’amoncellent. Parmi elles, celle d’Aysal, un an et demi. Gaza pleure encore – sous les bombes, les silences diplomatiques, les appels vides. Une guerre sans trêve, où les enfants sont les premiers visés.
Khan Younès - Un coq chante. Des cris retentissent devant l'hôpital Nasser de Khan Younès, plusieurs dépouilles y sont amenées à toute vitesse. Le soleil vient de se lever après une nuit de frappes israéliennes sur la bande de Gaza.
Les corps ont été chargés dans le coffre d'une voiture de particulier, enveloppés dans d'épaisses couvertures.
Parmi eux, celui d'Aysal Adnan Abou Salah, un an et demi d'après l'hôpital. Elle est arrivée le corps recouvert de poussière bleu et noire, celle qui colle parfois à la chair de ceux qu'on retrouve dans les décombres après les bombardements. Elle a le crâne ouvert.
A côté d'elle, des hommes posent un sac de farine siglé 'Nations unies', ils y glissent des morceaux de corps, ramassés sur le site de la frappe, une maison du bourg agricole d'Abasan al-Kabira, zone que l'armée israélienne a demandé lundi à la population d'évacuer en vue de frappes et combats à venir.
Des dizaines de frappes israéliennes ont visé le gouvernorat de Khan Younès, en particulier des quartiers de tentes où vivent les très nombreux Palestiniens déplacés par la guerre entre Israël et le mouvement islamiste Hamas.
"Il y a eu treize martyrs et un certain nombre de blessés dans la frappe aérienne sur la maison de la famille Abou Salah", a indiqué à l'AFP Ahmad Radouane, un porte-parole de cet organisme de premiers secours pour le sud de la bande de Gaza.
Depuis l'intensification et l'élargissement samedi de la campagne militaire israélienne sur la bande de Gaza dans le but affiché d'anéantir le Hamas et de ramener tous les otages encore détenus dans le territoire, les secouristes rapportent la mort de dizaines de personnes chaque jour.
"Comme je souffre"
"Ô comme je souffre!", balbutie Feriel Abou Salah, le visage noyé de larmes, l'air confus. Sa sœur est morte dans la frappe. Elle manque de s'effondrer devant l'hôpital, peine à marcher, regarde partout autour d'elle. "Je m'en remets à Dieu", dit-elle encore à la porte de la morgue improvisée.
Au milieu des formules religieuses, elle pousse un long cri qui traverse une foule agitée et compacte de femmes et d'enfants.
"Il y a sept enfants qui sont morts!", affirme l'une des femmes, entièrement vêtue de noir, les traits tirés. "Ca suffit, ça suffit", répète-t-elle en se prenant la tête entre les mains, parfois en direction des journalistes, d'autres fois en regardant le ciel.
A ses pieds, une petite fille a du mal à respirer tant elle pleure.
Dans la salle de l'hôpital où sont alignés les corps de la famille Abou Salah, un homme tremble, son corps secoué par les sanglots. Il va tomber alors d'autres hommes le serrent encore plus fort dans leurs bras. Finalement, il lâche un cri comme une plainte animale.
Les victimes de la famille Abou Salah comptent parmi les 53.655 personnes, majoritairement des civils, tuées depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas. (Quid avec AFP)