Cannabis thérapeutique : les piliers du modèle marocain présentés à Casablanca

Cannabis thérapeutique : les piliers du modèle marocain présentés à Casablanca

109 produits à base de cannabis CBD ont été fabriqués par des industriels pharmaceutiques et des opérateurs autorisés, puis enregistrés auprès de l’Agence marocaine du médicament et des produits de santé

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À Casablanca, le directeur général de l’Agence nationale de réglementation des activités relatives au cannabis a mis en avant les fondements du modèle marocain en matière d’usage licite du cannabis. Lors d’un colloque scientifique consacré aux applications cliniques du CBD, responsables institutionnels et experts ont souligné l’importance d’une réglementation adaptée, d’une industrie structurée et d’une approche scientifique rigoureuse pour accompagner le développement de cette filière.

Un modèle fondé sur trois leviers complémentaires

S’exprimant à l’ouverture du colloque scientifique intitulé "Le cannabidiol (CBD) : applications cliniques et perspectives thérapeutiques au Maroc", le directeur général de l’ANRAC, Mohamed El Guerrouj, a affirmé que l’alliance entre une application thérapeutique diversifiée, une réglementation appropriée et une industrie adaptée constitue le socle du succès du modèle marocain. Il a indiqué que le vaste chantier de la réglementation de l’usage licite du cannabis poursuit sa trajectoire avec sérénité et responsabilité, dans un souci de conciliation entre les impératifs de santé publique et les opportunités économiques.

Produits à base de CBD et dynamique du marché national

Mohamed El Guerrouj a précisé qu’à ce jour, 109 produits à base de cannabis CBD ont été fabriqués par des industriels pharmaceutiques et des opérateurs autorisés, puis enregistrés auprès de l’Agence marocaine du médicament et des produits de santé. Ces produits ont été mis sur le marché national, illustrant la montée en puissance progressive et encadrée de la filière. Parmi eux figurent notamment 50 compléments alimentaires et 50 produits cosmétiques à base de CBD, aujourd’hui disponibles dans plus de 600 points de vente à travers le Royaume.

Le responsable a souligné que cette évolution s’inscrit dans une démarche structurée visant à garantir la conformité des produits, la traçabilité des chaînes de production et le respect des normes sanitaires en vigueur. Cette dynamique traduit également l’implication croissante des opérateurs nationaux dans le développement d’une industrie réglementée du cannabis à usage licite.

Le CBD, un champ de recherche scientifique en expansion

De son côté, le directeur général du site Casablanca de la Fondation Mohammed VI des Sciences et de la Santé, Khalid Sair, a relevé que le CBD, longtemps entouré de perceptions négatives, s’impose désormais comme un domaine de recherche scientifique sérieux et en pleine évolution à l’échelle internationale. Il a mis en avant la transformation de l’approche des molécules issues du cannabis, désormais analysées sous un angle scientifique, pharmacologique et thérapeutique.

Selon lui, les champs d’exploration clinique sont multiples et concernent notamment la prise en charge de la douleur chronique, certaines formes d’épilepsie résistante, les troubles neurologiques, l’oncologie de support et les soins palliatifs. Il a toutefois insisté sur la nécessité d’adosser cette évolution à des preuves scientifiques solides, à des protocoles cliniques rigoureux, à un cadre réglementaire clair et à une formation adéquate des professionnels de santé.

Un encadrement institutionnel et éthique structurant

Pour sa part, le président du Conseil national de l’Ordre des médecins, Muhammadin Boubekri, a indiqué que le succès de cette filière repose sur un trépied institutionnel qu’il a qualifié d’unique. Celui-ci comprend la légalité et la souveraineté incarnées par l’ANRAC, l’excellence académique portée par l’Université Mohammed VI des Sciences et de la Santé en tant que moteur de la recherche et de la formation, ainsi que la vigilance éthique assurée par le Conseil national de l’Ordre des médecins.

Il a souligné le rôle du Conseil dans l’encadrement de cette innovation médicale, afin de garantir le respect des bonnes pratiques, de l’éthique professionnelle et la protection à la fois du prescripteur et du patient. Il a également mis en avant l’apport des sociétés savantes, affirmant que la science doit rester la référence centrale dans le développement de l’usage thérapeutique du cannabis.

Un cadre réglementaire strict et des perspectives industrielles

Organisé par l’UM6SS et le Centre Mohammed VI de la Recherche et de l’Innovation, en partenariat avec l’ANRAC, le CNOM et la Société marocaine des sciences médicales, le colloque vise à sensibiliser et former les professionnels de santé, chercheurs et acteurs du secteur pharmaceutique aux enjeux médicaux, scientifiques et réglementaires liés à l’utilisation thérapeutique du CBD.

Cette initiative intervient dans un contexte marqué par une avancée majeure du Maroc dans la réglementation du cannabis à usage médical. Elle ouvre la voie à une intégration encadrée des applications thérapeutiques du CBD et du THC. Dans ce cadre légal strict, l’industrie pharmaceutique marocaine est désormais en mesure de produire des médicaments à base de cannabis destinés à répondre à des besoins thérapeutiques précis et prescrits par des médecins. Par ailleurs, le CBD, dépourvu d’effet psychoactif, peut être utilisé dans des compléments alimentaires, sous réserve du respect de normes strictes en matière de concentration et d’absence ou quasi-absence de THC, conformément à la législation définie par l’ANRAC.

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