Casablanca, Volubilis, Essaouira : exposition et scènes vivantes

Casablanca, Volubilis, Essaouira : exposition et scènes vivantes

Du 3 au 6 juillet, la 24e édition du Festival international de Volubilis des Musiques Traditionnelles du Monde fait vibrer les sites historiques de Volubilis, Moulay Driss Zerhoun et Meknès

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Du théâtre universitaire à la musique traditionnelle, en passant par l’abstraction picturale contemporaine, le Maroc vit, en ce mois de juillet 2025, au rythme d’un foisonnement culturel rare. Casablanca, Meknès, Volubilis, Essaouira… Autant de villes, de voix et de formes artistiques qui incarnent une même volonté : célébrer la diversité, convoquer les mémoires et inscrire la création au cœur du dialogue interculturel. À travers le théâtre comme diplomatie, la musique comme transmission et la peinture comme métissage visuel, l’art marocain affirme son ancrage et sa réinvention continue.

Casablanca : le théâtre universitaire comme levier diplomatique

Du 10 au 15 juillet, Casablanca accueille la 37e édition du Festival international de théâtre universitaire, sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Organisé par la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines Ben M’Sik (Université Hassan II), l’événement se place sous le thème évocateur : « Théâtre et diplomatie artistique et culturelle ».

Ce festival, lancé en 1988, est bien plus qu’un concours de talents : c’est une agora artistique, un espace de formation, d’échange et d’ouverture. Pour Leila Meziane, doyenne et présidente du festival, il s’agit d’un véritable instrument de soft power, au service du dialogue des peuples.

Le directeur artistique Hicham Zine El Abidine a annoncé une programmation riche et éclectique : pièces venues d’Italie, d’Allemagne, de Tunisie, mais aussi de diverses universités marocaines. S’y ajoutent des ateliers de formation animés par des experts du monde entier, explorant le théâtre d’image, le masque, le corps de l’acteur ou encore les langages scéniques hybrides.

Le festival rendra également hommage à deux figures emblématiques du théâtre marocain, dont Abdelmajid Fnich, pour sa contribution au rayonnement de la scène nationale. À travers ces hommages et cette effervescence, Casablanca s’affirme comme capitale du théâtre universitaire et laboratoire vivant du dialogue interculturel.

Volubilis et Meknès : les traditions musicales au service de la mémoire vivante

Du 3 au 6 juillet, la 24e édition du Festival international de Volubilis des Musiques Traditionnelles du Monde fait vibrer les sites historiques de Volubilis, Moulay Driss Zerhoun et Meknès. Organisé par le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, l’événement célèbre la diversité du patrimoine musical mondial, en réunissant cinquante artistes venus du Maroc, d’Espagne, du Sénégal, de Côte d’Ivoire et d’ailleurs.

La programmation artistique mêle grandes troupes marocaines (notamment les Maâlems Aïssaoua), groupes africains, andalous et traditions populaires dans une scénographie qui met en valeur les sites archéologiques et les places emblématiques de Meknès.

Au-delà du plaisir musical, le festival vise à valoriser les patrimoines immatériels et à attirer l’attention sur les atouts culturels et touristiques de la région. Des hommages seront rendus à des figures du spectacle marocain comme Mohamed Derham, Mohamed Saïd El Meftahi ou Aziza El Meknassia, saluant leur rôle dans la transmission des arts populaires.

Le festival illustre une philosophie chère au Maroc : protéger la mémoire tout en l’ouvrant aux vents du monde.

Essaouira : l’abstraction libre de Redouan Khedid

Jusqu’au 10 juillet, la galerie Borj Bab Marrakech à Essaouira accueille l’exposition « Freely Abstract » de Redouan Khedid, peintre et anthropologue. Dans un jeu de formes, de couleurs et de symboles empruntés au patrimoine marocain — tatouages, henné, géométrie artisanale —, l’artiste propose une réconciliation entre abstraction contemporaine et mémoire collective.

« Freely Abstract », explique Khedid, est un appel à la liberté créative, mais aussi une tentative de tisser un langage visuel reliant l’ancestral au contemporain. L’exposition interroge la place des gestes rituels et des symboles populaires dans l’art d’aujourd’hui, en croisant esthétique savante et pratiques populaires.

Chercheur, Khedid conçoit la peinture comme un territoire de transmission anthropologique et émotionnelle. Essaouira, ville d’art et de brassages, semble être le cadre naturel de cette œuvre qui respire l’hospitalité des formes et la mémoire des signes.

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