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Chefchaouen : le brasier de Derdara maîtrisé après trois jours de lutte acharnée
Les pompiers luttent contre un incendie de forêt dans la province rurale de Chefchaouen, dans le nord du Maroc, le 13 août 2025. (Photo par Abdel Majid BZIOUAT / AFP)
Après trois jours d’un combat intense contre les flammes, les équipes d’intervention ont réussi à circonscrire le vaste incendie qui a ravagé la forêt de Derdara, près de Chefchaouen. Plus de 500 hectares ont été détruits, des centaines d’habitants touchés, mais aucun décès n’a été signalé. L’effort conjoint des secours terrestres et aériens, dans des conditions météorologiques extrêmes, a permis d’éviter le pire.
Trois jours de mobilisation face à un incendie hors norme
L’alerte est tombée mardi, lorsqu’un incendie s’est déclaré dans la forêt de Derdara, zone boisée prisée des randonneurs et proche de la ville touristique de Chefchaouen. Dès les premières heures, les autorités provinciales et locales, les Forces armées royales, la Gendarmerie royale, la Protection civile, les Eaux et forêts et les Forces auxiliaires ont été mobilisées. Sur le terrain, près de 450 intervenants ont lutté aux côtés de huit avions, dont quatre Canadair et quatre Turbo Thrush.
Les vents violents, dépassant les 40 km/h, la faible humidité et les températures élevées ont rapidement transformé le feu en un brasier difficile à contenir. Les foyers se sont propagés dans plusieurs directions, menaçant habitations, stations-service et villages perchés. Malgré ces conditions, trois des quatre principaux foyers ont été maîtrisés dès mercredi soir, avant que le feu ne soit entièrement circonscrit jeudi.
Des habitants durement éprouvés
Sur place, les dégâts sont considérables : oliveraies calcinées, troupeaux décimés, cultures détruites. Mohammed Darraz, jeune agriculteur de 32 ans, raconte avoir perdu une partie des biens d’un voisin hospitalisé et 30 moutons brûlés vifs. Ahmed Benali, 45 ans, constate avec désarroi qu’il ne lui reste plus aucune culture pour subvenir à ses besoins. Les habitants, souvent armés de simples seaux d’eau, ont tenté de freiner la progression des flammes aux côtés des secours.
La priorité des autorités a été la protection des vies humaines et des biens. Aucun décès n’a été rapporté, mais plusieurs blessés légers et des pertes économiques importantes sont à déplorer. Le directeur général de l’ANEF, Abderrahim Houmy, souligne qu’il s’agit du plus grand incendie de l’année, avec une propagation exceptionnelle due au terrain accidenté et au vent chaud et sec du chergui.
Prévenir pour éviter de nouveaux drames
Le nord du Maroc traverse une période à haut risque, marqué par une sécheresse persistante depuis 2018 et une vague de chaleur extrême. Les autorités exhortent habitants et visiteurs à redoubler de prudence, rappelant que la moindre négligence peut déclencher un incendie catastrophique. Une enquête est en cours pour déterminer l’origine du sinistre.
Ce drame s’inscrit dans un contexte méditerranéen préoccupant : du Portugal à la Grèce, en passant par l’Italie et l’Espagne, de nombreux pays luttent contre des feux attisés par la canicule. Selon l’observatoire européen Copernicus, le risque d’incendie est « extrême à très extrême » sur tout le bassin méditerranéen en cette mi-août, avec un danger particulièrement aigu dans le nord du Maroc.
À Derdara, la fumée s’estompe peu à peu, mais les stigmates du feu resteront longtemps visibles. Pour les habitants, il faudra désormais reconstruire… tout en restant vigilants face à un risque qui, lui, ne disparaît pas.