Commerce extérieur : le déficit s’alourdit malgré le dynamisme des phosphates

Commerce extérieur : le déficit s’alourdit malgré le dynamisme des phosphates

Les résultats confirment les fragilités structurelles du commerce extérieur marocain, marqué par une dépendance persistante aux importations de biens d’équipement et de produits alimentaires.

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Rabat – Le déficit commercial du Maroc a atteint près de 195 milliards de dirhams (MMDH) à fin juillet, en hausse de 15,9% par rapport à la même période de 2024, selon l’Office des changes. Cette aggravation résulte d’une progression plus rapide des importations que des exportations, dans un contexte marqué par la bonne tenue de certains secteurs stratégiques comme les phosphates, mais aussi par le recul d’industries phares telles que l’automobile et le textile.

Des importations toujours soutenues

Les importations de biens se sont établies à 469,7 MMDH, en hausse de 8,8% en un an. Cette augmentation est liée à la flambée des produits bruts (+28,8%), des produits finis d’équipement (+14,5%), des produits finis de consommation (+13,7%), des demi-produits (+6,8%) et des produits alimentaires (+2,7%). Seule la facture énergétique a reculé, enregistrant une baisse de 6,1% pour s’établir à 62,8 MMDH, allégeant légèrement la pression sur la balance commerciale.

Les exportations progressent mais à un rythme plus lent

Les exportations marocaines ont atteint 274,8 MMDH, en hausse de 4,2%. Le secteur des phosphates et dérivés tire largement cette croissance, avec des ventes de 55,18 MMDH, en hausse de 20,9%. Les segments des phosphates bruts (+56,2%), des engrais naturels et chimiques (+19,3%) et de l’acide phosphorique (+12,1%) affichent tous une dynamique robuste.

Le secteur aéronautique continue également sa progression (+8,9%, à 16,72 MMDH), notamment grâce aux performances des systèmes de câblage électrique (EWIS) et de l’assemblage. L’agriculture et l’agro-alimentaire suivent la tendance avec +3,4%, totalisant près de 54 MMDH.

En revanche, plusieurs filières accusent le coup : les exportations de l’automobile reculent de 1,8%, celles du textile et cuir de 3,3%, de l’électronique et électricité de 6,5% et des autres extractions minières de 6,8%.

Une balance des services excédentaire

Malgré le déficit des biens, la balance des services continue de dégager un excédent confortable, en hausse de 10,8% à plus de 82 MMDH. Les exportations de services ont progressé de 8,8%, tandis que les importations ont augmenté de 7%. Ce dynamisme contribue à limiter l’impact du déficit commercial global, même si le taux de couverture recule de 2,6 points pour s’établir à 58,5%.

Un déficit structurel accentué

Ces résultats confirment les fragilités structurelles du commerce extérieur marocain, marqué par une dépendance persistante aux importations de biens d’équipement et de produits alimentaires. Si la vigueur du secteur des phosphates compense partiellement ces déséquilibres, la baisse des performances industrielles dans l’automobile, le textile et l’électronique interpelle sur la compétitivité à l’international.

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