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Concentration bancaire et retraites dans le rapport annuel sur la stabilité financière
Malgré une conjoncture économique exigeante, le secteur bancaire maintient des fondamentaux solides, tant en termes de rentabilité que de liquidité et d’adéquation des fonds propres (Rapport)
Le rapport annuel sur la stabilité financière, publié par Bank Al-Maghrib, l’ACAPS et l’AMMC, met en lumière deux volets clés de l’économie nationale : la concentration du secteur bancaire et les déséquilibres persistants des régimes de retraite.
Trois banques en position dominante
Le paysage bancaire marocain reste marqué par une forte concentration. Trois groupes bancaires (par ordre de classements d'Attijariwafa Bank (AWB), Banque Centrale Populaire (BCP) et BMCE Bank Of Africa (BOA NDLR), à capital privé et majoritairement marocain, conservent leur position dominante avec 60,7% du total des actifs agrégés, 61,6% des crédits nets et 62,7% des dépôts collectés. Des parts de marché stables par rapport à 2023, confirmant leur rôle central dans le système financier.
Ces établissements disposent d’un réseau dense, avec 2.955 agences sur le territoire national et une présence internationale structurée autour de 51 filiales et 22 succursales.
En 2024, les actifs agrégés du secteur bancaire ont atteint 2.145 milliards de dirhams, en hausse de 8,3% contre 4,2% en 2023. Cette progression est principalement portée par le rebond des activités de marché et, dans une moindre mesure, par la croissance du crédit. Rapporté au PIB, l’actif bancaire reste stable à 134%.
La finance participative poursuit également son développement, avec une hausse de 19% des emplois des banques et fenêtres participatives, atteignant 39 milliards de dirhams en 2024, après une progression de 21% l’année précédente.
Malgré une conjoncture économique exigeante, le secteur bancaire maintient des fondamentaux solides, tant en termes de rentabilité que de liquidité et d’adéquation des fonds propres, souligne le rapport.
Retraites : des déséquilibres persistants
Si le secteur bancaire montre une stabilité relative, les régimes de retraite de base peinent à retrouver l’équilibre. Le rapport relève que, malgré l’amélioration temporaire de certains indicateurs financiers en 2024, ces régimes restent fragiles. Cette embellie conjoncturelle est liée à l’application de la première tranche des augmentations salariales issues du dialogue social du 29 avril 2024.
Dans le secteur public, la revalorisation des salaires a permis d’accroître les cotisations, réduisant partiellement les déficits des régimes CMR-RPC et RCAR-RG. Toutefois, la viabilité à long terme demeure préoccupante, aucune amélioration structurelle notable n’ayant été constatée.
Du côté de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), la branche long terme conserve un solde global positif, soutenu par une dynamique démographique encore favorable. Cependant, la sous-tarification des droits, associée à un assouplissement des conditions d’accès à la pension ou de restitution des cotisations, menace l’équilibre futur du régime.
### Une réforme jugée incontournable
Face à ces constats, le rapport insiste sur la nécessité d’une réforme en profondeur du système de retraite. Il préconise l’instauration d’une tarification équilibrée, afin de réduire les engagements non couverts et de garantir la soutenabilité financière des régimes à long terme.
Les orientations stratégiques de cette réforme systémique, rappelle le document, ont déjà été arrêtées dans le cadre de l’accord du dialogue social. Elles visent à renforcer la résilience des régimes, à améliorer la couverture et à préserver les droits acquis tout en assurant leur financement durable.
Dans un contexte économique et social en mutation, ces deux piliers – secteur bancaire et système de retraite – restent au cœur des enjeux de stabilité financière et de protection sociale du Royaume.