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Confiance des ménages : légère embellie malgré des inquiétudes persistantes
Si une large majorité (76%) des ménages continue de juger que leur niveau de vie s’est dégradé sur les 12 derniers mois, le solde d’opinion s’améliore, passant à -69,2 points, contre -76,5 points précédemment. Pour les 12 prochains mois, la tendance est également à l’atténuation du pessimisme
Au deuxième trimestre 2025, les ménages marocains montrent quelques signes de regain de confiance, selon les derniers chiffres du Haut-Commissariat au Plan. Mais di l’indice global frémit, les inquiétudes liées au chômage, aux prix et à la capacité d’épargne demeurent élevées. Tour d’horizon d’une amélioration prudente dans un contexte encore fragile.
Un indice de confiance en hausse
Le moral des ménages marocains se redresse. L’indice de confiance (ICM) atteint 54,6 points au deuxième trimestre 2025, contre 46,6 points le trimestre précédent. Cette progression traduit une amélioration par rapport à la même période en 2024, selon les résultats de l’enquête permanente de conjoncture menée par le Haut-Commissariat au Plan (HCP).
Si une large majorité (76%) des ménages continue de juger que leur niveau de vie s’est dégradé sur les 12 derniers mois, le solde d’opinion s’améliore, passant à -69,2 points, contre -76,5 points précédemment. Pour les 12 prochains mois, la tendance est également à l’atténuation du pessimisme : 44,9% anticipent une dégradation de leur niveau de vie, mais 9,7% misent sur une amélioration.
Le chômage reste au cœur des préoccupations
L’inquiétude face à l’évolution du marché de l’emploi demeure marquée. Plus de sept ménages sur dix (71,8%) estiment que le chômage continuera d’augmenter dans l’année à venir. Le solde d’opinion, bien qu’en amélioration légère, reste fortement négatif à -57,5 points.
Même constat concernant la consommation de biens durables : 72,7% des sondés considèrent que le moment n’est pas propice pour ce type d’achat. Cela se reflète dans un solde d’opinion à -62,8 points, traduisant une consommation freinée par l’incertitude.
Situation financière : entre stagnation et survie
Côté finances, la majorité des ménages (57,6%) déclarent que leurs revenus suffisent tout juste à couvrir leurs dépenses, tandis que 40,6% s’endettent ou puisent dans leur épargne pour joindre les deux bouts. Seuls 1,8% affirment pouvoir épargner une partie de leurs revenus.
Concernant l’évolution de leur situation financière passée, la moitié des ménages (50,1%) estiment qu’elle s’est détériorée. Quant à leurs perspectives pour les 12 mois à venir, seuls 15,1% s’attendent à une amélioration, contre 23,6% qui anticipent une dégradation. Résultat : le solde d’opinion de cet indicateur se limite à -8,5 points.
L’épargne, toujours hors de portée
La perception des ménages en matière d’épargne reste nettement pessimiste. Seuls 8,7% s’attendent à pouvoir épargner dans les mois à venir. Le solde d’opinion s’établit à -82,6 points, un niveau en baisse par rapport au trimestre précédent (-77,6 points) et à la même période en 2024 (-80,4 points). Ce décrochage témoigne d’un manque de marge financière dans les budgets familiaux.
La flambée des prix reste un autre motif de préoccupation : 94,2% des ménages déclarent que les prix des produits alimentaires ont augmenté sur l’année écoulée. Pour les mois à venir, 78,9% anticipent de nouvelles hausses, confirmant une pression inflationniste persistante. Toutefois, les soldes d’opinion sur cette question affichent une légère amélioration, traduisant peut-être une adaptation progressive des attentes.
Un climat d’attente plus que d’optimisme
En dépit des signaux encourageants sur l’indice global de confiance, la perception que les ménages ont de leur pouvoir d’achat et de leur capacité à épargner reste préoccupante. Le contraste entre l’optimisme modéré sur le niveau de vie et les jugements plus sévères sur la situation financière individuelle reflète une tension constante entre aspiration à une meilleure vie et dure réalité économique.