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Cybersécurité : Rabat réunit experts et responsables autour des défis du numérique
Pendant trois jours, tables rondes et ateliers examinent les principales vulnérabilités du cyberespace. La protection des infrastructures d’importance vitale, les stratégies nationales, la sécurité du cloud et la lutte contre la cybercriminalité figurent parmi les sujets abordés. Une attention particulière est accordée à l’intelligence artificielle, envisagée à la fois comme un outil de défense et comme un facteur d’évolution des menaces.
La Semaine nationale de la cybersécurité s’est ouverte le 12 octobre à Rabat, à l’initiative de la Direction générale de la sécurité des systèmes d’information (DGSSI). Organisée jusqu’au 14 octobre, cette rencontre rassemble décideurs, professionnels et représentants de plusieurs pays autour de la protection des systèmes d’information, de la transformation numérique et des nouveaux risques liés à l’intelligence artificielle.
La confiance numérique au cœur des débats
Organisée en exécution des Hautes Instructions Royales par la DGSSI, relevant de l’Administration de la Défense nationale, « Morocco CyberSecurity Week » se tient sous le thème « La cybersécurité au service de la transformation numérique et du développement ». La séance inaugurale a été marquée par l’intervention d’Abdeltif Loudyi, ministre délégué auprès du Chef du gouvernement chargé de l’Administration de la Défense nationale, en présence de responsables marocains, de ministres africains et de personnalités internationales.
Le choix de ce thème souligne le lien entre développement des services numériques et confiance dans les systèmes qui les portent. Pour les organisateurs, la transformation numérique ne peut avancer durablement sans un environnement sécurisé, capable de protéger les données, les réseaux et les activités essentielles.
Pendant trois jours, tables rondes et ateliers examinent les principales vulnérabilités du cyberespace. La protection des infrastructures d’importance vitale, les stratégies nationales, la sécurité du cloud et la lutte contre la cybercriminalité figurent parmi les sujets abordés. Une attention particulière est accordée à l’intelligence artificielle, envisagée à la fois comme un outil de défense et comme un facteur d’évolution des menaces.
Les échanges doivent aussi permettre de confronter les expériences nationales et de mieux cerner les moyens de maintenir les services essentiels en cas d’incident informatique majeur.
Un volet africain et des exercices internationaux
La rencontre ne se limite pas aux échanges d’expertise. Des formations sont proposées aux professionnels marocains ainsi qu’à leurs homologues de pays arabes et africains. Un atelier est animé par l’Institut des Nations unies pour la recherche sur le désarmement (UNIDIR), tandis qu’un exercice de cybersécurité, conduit avec l’Union internationale des télécommunications (UIT), doit réunir des représentants d’une trentaine de pays.
La coopération africaine occupe une place spécifique dans le programme. Une journée entière est consacrée aux difficultés rencontrées sur le continent et aux réponses communes envisageables. Un atelier de cyberdiplomatie s’adresse aux ambassades africaines accréditées au Maroc, avec la participation de Smart Africa et de l’Agence marocaine de coopération internationale (AMCI).
Des réunions du Réseau africain des autorités nationales de cybersécurité (ANCA) sont également prévues en marge de la manifestation. Ces rendez-vous visent à renforcer le dialogue entre institutions et à favoriser la circulation des expériences, dans un domaine où les attaques peuvent franchir les frontières.
Parallèlement, un espace d’exposition permet aux entreprises marocaines et étrangères de présenter leurs solutions et leurs services, tout en explorant de nouvelles possibilités de partenariat.
Former, détecter et protéger
Dans son intervention, Abdeltif Loudyi a rappelé que les cyberattaques constituent désormais une réalité pour tous les pays et que l’intelligence artificielle peut en accentuer les effets. Face à cette évolution, il a plaidé pour une démarche fondée sur une stratégie nationale, un cadre juridique et normatif, la sensibilisation, la formation et des moyens renforcés de détection et de réaction.
Le ministre a évoqué les chantiers engagés par la DGSSI, notamment la généralisation des centres opérationnels de sécurité (SOC), le développement des audits et des contrôles, ainsi que la formation des responsables chargés de la sécurité des systèmes d’information.
Quatre priorités immédiates ont été mises en avant : développer les talents, soutenir les entreprises du secteur, mieux protéger les infrastructures d’importance vitale et intégrer les défis soulevés par l’intelligence artificielle.
Au-delà des dispositifs techniques, Abdeltif Loudyi a insisté sur la responsabilité conjointe des acteurs publics et privés. La résilience numérique repose, selon lui, sur une vigilance permanente et une coopération soutenue, au Maroc comme avec ses partenaires régionaux et internationaux.