Europol alerte sur la menace quantique qui plane sur les cryptomonnaies

Europol alerte sur la menace quantique qui plane sur les cryptomonnaies

Le principal point de vulnérabilité concerne les clés cryptographiques utilisées pour contrôler les portefeuilles numériques et autoriser les transactions.

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Europol appelle les pouvoirs publics, les entreprises et l’industrie des cryptomonnaies à préparer dès maintenant leurs systèmes au développement du calcul quantique. Si l’arrivée d’ordinateurs capables de contourner les mécanismes actuels de chiffrement reste difficile à dater, l’agence européenne estime que la transition vers des technologies résistantes au quantique nécessite une anticipation immédiate.

Les clés des portefeuilles en première ligne

Dans deux rapports publiés mercredi à La Haye, l’Agence de l’Union européenne pour la coopération des services répressifs met en garde contre les conséquences potentielles du calcul quantique sur la sécurité des actifs numériques et des données sensibles.

Le principal point de vulnérabilité concerne les clés cryptographiques utilisées pour contrôler les portefeuilles numériques et autoriser les transactions. Avec une puissance de calcul suffisante, un ordinateur quantique pourrait théoriquement exploiter une clé publique exposée pour retrouver la clé privée correspondante. Une telle capacité ouvrirait la voie à des transferts frauduleux de fonds.

Les fonctions de hachage cryptographique, utilisées notamment pour préserver l’intégrité des chaînes de blocs, apparaissent en revanche relativement plus résistantes à ce type d’attaque.

Europol préconise donc une transition progressive vers la cryptographie résistante au quantique, accompagnée d’un renforcement de la sécurité des portefeuilles et de la gestion des clés. Une évolution qui devra associer développeurs de blockchains, fournisseurs de portefeuilles, autorités publiques et utilisateurs.

Collecter aujourd’hui pour déchiffrer demain

Le second rapport s’intéresse à une menace baptisée « Harvest Now, Decrypt Later », littéralement « collecter maintenant, déchiffrer plus tard ». Le principe consiste à intercepter et conserver aujourd’hui des données chiffrées dans l’espoir de pouvoir les décrypter demain grâce à des technologies plus performantes.

Cette menace concerne particulièrement les informations qui doivent rester confidentielles pendant de longues périodes : communications gouvernementales, propriété intellectuelle, données médicales ou encore fichiers des services répressifs.

Europol précise qu’aucune preuve claire ne démontre actuellement une exploitation systématique de cette méthode à grande échelle. L’ampleur des conséquences potentielles suffit toutefois, selon l’agence, à justifier des mesures immédiates.

Anticiper avant l’arrivée du quantique

Europol recommande aux organisations de recenser les systèmes utilisant la cryptographie, d’identifier les informations nécessitant une protection durable et d’abandonner les protocoles devenus obsolètes.

L’agence appelle également à renforcer la gestion des clés et à tester dès maintenant des solutions de cryptographie post-quantique. L’enjeu est d’éviter qu’une révolution technologique encore incertaine dans son calendrier ne prenne de vitesse les dispositifs de sécurité actuels.