Mahi Binebine explore les ressorts de l’humour et de la mémoire intime dans Nokta – Traité du foin savant et autres…

Mahi Binebine explore les ressorts de l’humour et de la mémoire intime dans  Nokta – Traité du foin savant et autres…

Ce recueil était né presque spontanément, "presque en s’amusant", à la faveur d’une pause entre deux projets romanesques. Il rassemble des anecdotes savoureuses et des histoires glanées au fil de près de trois décennies, dont certaines avaient été imaginées pour ses filles (Mahi Binebine)

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Connu pour ses romans explorant les drames humains et la complexité des destins individuels, l’écrivain et plasticien marocain Mahi Binebine dévoile une facette plus légère de son univers littéraire avec "Nokta – Traité du foin savant et autres… ", un recueil de 22 nouvelles placé sous le signe de l’humour et de la dérision, présenté mercredi soir au Centre culturel Noujoum Fès.

 Publié aux éditions Le Fennec, cet ouvrage marque une parenthèse dans le parcours de l’auteur, qui puise dans les anecdotes, les souvenirs et les histoires du quotidien pour composer des récits empreints de malice, sans renoncer à la profondeur du regard porté sur l’être humain.

 Accueillie dans cet espace dédié à l’épanouissement artistique et culturel, porté par la Fondation Ali Zaoua au cœur de la médina de Fès, la rencontre a donné lieu à un échange autour des ressorts de la création littéraire, du pouvoir libérateur de l’humour et du rôle de la littérature dans l’éveil des jeunes générations.

 Dans une déclaration à la MAP, Mahi Binebine a expliqué que ce recueil était né presque spontanément, "presque en s’amusant", à la faveur d’une pause entre deux projets romanesques. Il rassemble des anecdotes savoureuses et des histoires glanées au fil de près de trois décennies, dont certaines avaient été imaginées pour ses filles.

 Se réjouissant de cette étape fassie, avant de poursuivre sa tournée à Rabat puis à Casablanca, l’auteur a également souligné la dimension citoyenne de son engagement en faveur de la lecture.

 "Notre combat au quotidien, c’est de faire lire. Nous devons transmettre l’amour des livres au plus grand nombre, particulièrement aux jeunes, car la littérature est une expérience formidable qui ouvre des horizons infinis", a-t-il affirmé.

 Lors des échanges avec le public, l’écrivain est revenu sur le contraste entre cette nouvelle publication et une œuvre romanesque généralement marquée par des thématiques graves.

 "D’habitude, mes romans portent sur des réalités difficiles et graves. Mais fondamentalement, je suis quelqu’un de joyeux. J’ai voulu, autant que faire se peut, explorer la voie de l’humour", a-t-il confié.

 L’auteur a, par ailleurs, souligné les exigences propres à l’écriture de nouvelles, un genre qui impose une grande maîtrise de la narration et une économie de moyens. "Dans un roman, on dispose de souffle, d’espace, on chemine avec les personnages. Dans une nouvelle, il faut savoir nouer et dénouer une intrigue complète en trois ou quatre pages avec une concision absolue, sans rien perdre de l’intensité du récit", a-t-il expliqué.

 S’appuyant notamment sur la nouvelle "Les étoiles ne préviennent pas", Mahi Binebine a évoqué l’influence déterminante de son mentor, l’écrivain espagnol Agustín Gómez Arcos, rencontré à Paris dans les années 1980.

 Sous son impulsion bienveillante et exigeante, l’ancien professeur de mathématiques a appris à affiner son écriture et à puiser dans la mémoire intime et les récits familiaux une matière propice à la création littéraire.

 Cette démarche nourrit plusieurs de ses œuvres, notamment "Le Sommeil de l’esclave" et "Les Funérailles du lait", un roman empreint de tendresse consacré à la figure maternelle.

 S’adressant aux jeunes présents dans la salle, l’auteur les a invités à considérer leur histoire familiale et leurs souvenirs comme autant de sources d’inspiration.

 "Dans chaque famille, il existe des histoires fascinantes, des romans en sommeil qui ne demandent qu’à être écrits", a-t-il lancé, les encourageant à transformer leur imaginaire et leur patrimoine affectif en matière littéraire.

 La rencontre s’est achevée par une séance de dédicace, dans une atmosphère conviviale, prolongeant un échange placé sous le signe du partage, de la transmission et du plaisir de lire.