Retour de la diphtérie au Maroc, les explications du Pr. Majdouline Obtel

Retour de la diphtérie au Maroc, les explications du Pr. Majdouline Obtel

Les premiers signes apparaissent généralement deux à cinq jours après la contamination. La maladie se manifeste souvent par une angine accompagnée de fièvre, de douleurs à la gorge et de difficultés à avaler. L’apparition de fausses membranes blanchâtres, puis grisâtres, au fond de la gorge constitue un signe caractéristique. Un gonflement important du cou, une voix rauque ou des difficultés respiratoires doivent également alerter.

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Propos recueillis par Maha Rachid - MAP

Alors qu’une épidémie de la diphtérie n’est pas à exclure, la vigilance sanitaire et la vaccination restent essentielles pour prévenir la propagation de la diphtérie, une maladie infectieuse potentiellement mortelle, notamment après la détection de certains cas au Maroc.   Dans un entretien accordé à la MAP, Pr. Majdouline Obtel, médecin spécialiste en épidémiologie clinique, professeure de l’enseignement supérieur à la Faculté de médecine et de pharmacie de Rabat et directrice par intérim du GST Academy du Groupement sanitaire territorial de Rabat-Salé-Kénitra (GST-RSK), revient sur les signes d’alerte, les moyens de prévention et les mesures prises pour limiter la transmission.

  Qu’est-ce que la diphtérie et quels sont les signes qui doivent alerter ?

 La diphtérie est une infection bactérienne contagieuse qui touche principalement la gorge et le nez, mais peut également affecter la peau. Sa gravité tient à la toxine produite par la bactérie, qui peut endommager le cœur, les nerfs et les reins. En l’absence de traitement adapté, elle peut être mortelle.

 La maladie se transmet essentiellement par les gouttelettes respiratoires émises lorsqu’une personne infectée tousse, éternue ou parle, mais aussi par contact avec des lésions cutanées infectées.

 Les premiers signes apparaissent généralement deux à cinq jours après la contamination. La maladie se manifeste souvent par une angine accompagnée de fièvre, de douleurs à la gorge et de difficultés à avaler. L’apparition de fausses membranes blanchâtres, puis grisâtres, au fond de la gorge constitue un signe caractéristique. Un gonflement important du cou, une voix rauque ou des difficultés respiratoires doivent également alerter.

 Devant une angine inhabituelle accompagnée de ces signes, notamment en présence d’une gêne respiratoire, il faut consulter sans attendre. La rapidité du diagnostic et de la prise en charge est essentielle pour prévenir les complications et limiter la transmission.

  Comment se protéger contre la diphtérie et que faire en cas de vaccination incomplète ?

 La vaccination demeure le moyen le plus efficace de prévenir la diphtérie et ses formes graves. Au Maroc, le Programme national d’immunisation prévoit trois premières doses à deux, trois et quatre mois, suivies de rappels à 18 mois et à cinq ans.

 La protection se construit progressivement et doit être entretenue par les rappels recommandés. Les adolescents et les adultes doivent également vérifier que leur vaccination est à jour.

 Lorsqu’un calendrier vaccinal a été interrompu, il n’est généralement pas nécessaire de tout recommencer. Les doses manquantes sont administrées selon le schéma de rattrapage adapté à l’âge et aux antécédents vaccinaux de la personne.

 Les parents sont donc invités à vérifier le carnet de vaccination de leurs enfants et à se rapprocher du centre de santé le plus proche en cas de doute. Les vaccins prévus dans le cadre du Programme national d’immunisation sont gratuits dans les structures publiques.

 Au quotidien, le lavage régulier des mains, le respect des règles d’hygiène respiratoire et l’aération des espaces collectifs contribuent également à limiter les risques de transmission. En cas de symptômes évocateurs, il faut consulter rapidement et éviter les contacts rapprochés dans l’attente d’un avis médical.

  Que se passe-t-il lorsqu’un cas de diphtérie est suspecté et quelles mesures sont préconisées pour éviter la propagation de la maladie ?

 La prise en charge doit commencer dès la suspicion d’un cas, sans attendre nécessairement la confirmation du diagnostic. La personne malade est orientée vers une structure hospitalière où des prélèvements sont réalisés afin de confirmer l’infection. Un traitement antibiotique doit être instauré rapidement et l’administration d’une antitoxine peut être nécessaire, selon l’état du patient et les indications médicales.

 Une surveillance médicale est également importante, car la toxine produite par la bactérie peut entraîner des complications touchant notamment le cœur et le système nerveux. Un suivi est donc nécessaire pour détecter d’éventuelles complications.

 En parallèle, les équipes sanitaires procèdent à l’identification des personnes ayant été en contact avec le malade, notamment les membres de sa famille, ses camarades de classe, ses collègues et les professionnels de santé concernés. Selon leur niveau d’exposition et leur statut vaccinal, ces personnes peuvent bénéficier d’un traitement antibiotique préventif, d’une mise à jour de leur vaccination et d’un suivi médical.

 Ces mesures peuvent être accompagnées d’opérations de vaccination ciblées et d’actions de sensibilisation. La coopération des familles et des personnes concernées est essentielle pour respecter les recommandations sanitaires et limiter le risque de transmission.

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