La Déclaration de Rabat appelle à renforcer le leadership des jeunes femmes pour une paix durable

La Déclaration de Rabat appelle à renforcer le leadership des jeunes femmes pour une paix durable

Organisé le 23 octobre 2026 à Rabat, à l’initiative de la Fondation de la communication féminine internationale, en partenariat avec la Fondation Friedrich Naumann pour la liberté, ce colloque a permis de confronter les points de vue et de partager les expériences sur le renouvellement du leadership féminin,

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Réunis à Rabat le 23 octobre 2026, des représentants institutionnels, diplomatiques et associatifs ont appelé à renforcer la place des femmes et des jeunes femmes dans la prévention des conflits, la médiation et les décisions publiques. Le projet de Déclaration de Rabat définit six axes pour traduire cet engagement en actions concrètes.

Les participantes et participants au colloque international organisé sous le thème « De la relève générationnelle à un leadership influent : investir dans la jeunesse pour une paix durable » ont appelé à renforcer le rôle des femmes et des jeunes femmes dans la prise de décision, la médiation et la prévention des conflits. Ils ont plaidé pour le passage de la reconnaissance des droits à leur mise en œuvre, et d’une simple participation à une influence réelle sur les politiques et les initiatives destinées à construire une paix durable.

Organisé le 23 octobre 2026 à Rabat, à l’initiative de la Fondation de la communication féminine internationale, en partenariat avec la Fondation Friedrich Naumann pour la liberté, ce colloque a permis de confronter les points de vue et de partager les expériences sur le renouvellement du leadership féminin, le renforcement de la coopération intergénérationnelle et l’élargissement des possibilités d’engagement des jeunes femmes dans la médiation, la diplomatie préventive et la consolidation de la paix.

Il a réuni des représentants des institutions nationales, du corps diplomatique, de l’Union africaine, d’organisations internationales, d’institutions de défense des droits humains, de réseaux de médiatrices, de la société civile, des milieux universitaires et des médias, ainsi que des actrices et acteurs des jeunes générations.

Une initiative inscrite dans les orientations nationales

Les conclusions du colloque s’inscrivent dans le prolongement des Hautes Orientations de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, appelant à accorder une attention particulière aux questions de la jeunesse, considérée comme une force essentielle du développement, de la modernisation et du renforcement de la cohésion sociale.

Dans ce cadre, les participantes et participants ont rappelé les orientations royales contenues dans le discours prononcé à l’occasion de l’ouverture de la première session de la première année législative de la douzième législature, le 9 octobre 2026, qui ont souligné la nécessité de placer les questions de la jeunesse au premier rang des politiques publiques.

Cette initiative s’inscrit également dans la dynamique nationale de promotion des droits des femmes, de renforcement de leur participation à la vie publique et de mise en œuvre des engagements liés à l’agenda « Femmes, paix et sécurité », notamment dans le cadre du plan d’action national correspondant.

Le colloque a par ailleurs salué le rôle du Réseau des femmes médiatrices dans le renforcement des compétences féminines en matière de médiation, le développement des mécanismes de mise en réseau et d’échange d’expériences, ainsi que la promotion d’une culture du dialogue, de la négociation et du règlement pacifique des conflits. Les participantes et participants ont également souligné l’importance de la dynamique portée par les réseaux FemWise-Maroc et FemWise-Africa pour élargir les possibilités de coopération et d’apprentissage mutuel, et accroître la présence des médiatrices marocaines et africaines dans les initiatives de prévention des conflits et de construction de la paix.

Six axes stratégiques pour transformer la participation en influence

Les principales orientations du projet de « Déclaration de Rabat » s’articulent autour de six axes stratégiques complémentaires, destinés à renforcer et renouveler le leadership féminin et à élargir la contribution des femmes et des jeunes femmes à la construction d’une paix durable.

Premièrement : préserver les acquis et construire un leadership partagé entre les générations. Il s’agit de valoriser les avancées juridiques et institutionnelles réalisées en matière de droits des femmes, de favoriser la complémentarité entre l’expérience des générations précédentes et les énergies des nouvelles générations, et de mettre en place des dispositifs de mentorat, d’orientation et de transmission des savoir-faire.

Deuxièmement : renforcer le rôle des femmes dans la prévention des conflits, la médiation et la construction de la paix. Cet objectif passe par l’élargissement des possibilités de participation des femmes et des jeunes femmes à la médiation préventive et au règlement pacifique des différends, le développement de leurs compétences en négociation et en analyse des conflits, ainsi que par une meilleure mise à profit de l’expertise des réseaux de femmes médiatrices aux niveaux national et africain.

Troisièmement : passer de la participation à l’influence et à la prise de décision. Cela suppose de lever les obstacles qui limitent l’accès des jeunes femmes aux postes de responsabilité et aux instances de gouvernance, de renforcer leurs capacités de plaidoyer et de communication stratégique et de garantir que leurs avis et propositions soient effectivement pris en compte dans l’élaboration des politiques publiques et des initiatives de consolidation de la paix.

Quatrièmement : faire de l’équité territoriale et de l’inclusion des exigences transversales. Une attention particulière doit être accordée aux jeunes femmes vivant en milieu rural ou dans les régions reculées, aux femmes et aux filles en situation de handicap, aux migrantes et aux réfugiées, ainsi qu’aux populations touchées par les crises et les changements climatiques. L’objectif est de garantir l’égalité des chances et un accès équitable aux programmes de formation, d’autonomisation et de leadership.

Cinquièmement : consolider la coopération nationale, africaine et internationale. Cet axe vise à renforcer les partenariats entre les institutions publiques, les organisations féminines, les réseaux de médiatrices, les universités, les organisations de jeunesse et la société civile, tout en intensifiant les échanges d’expertises et d’expériences.

Sixièmement : adopter la Feuille de route de Rabat. Il s’agit de définir, dans une démarche participative, un processus de traduction des recommandations en initiatives concrètes et réalisables : mentorat intergénérationnel, formation pratique des jeunes médiatrices, accompagnement dans les domaines du leadership et du plaidoyer, mais aussi définition des responsabilités, des ressources, des échéances et des indicateurs de suivi et d’évaluation. L’enjeu est de faire passer les engagements annoncés à des résultats tangibles et durables.

Des références nationales, africaines et internationales

La « Déclaration de Rabat » s’appuie également sur les référentiels nationaux et internationaux pertinents, au premier rang desquels la Constitution de 2011, les agendas « Femmes, paix et sécurité » et « Jeunesse, paix et sécurité », notamment les résolutions 1325 et 2250 du Conseil de sécurité des Nations unies. Elle se réfère aussi à l’Agenda 2063 de l’Union africaine et aux Objectifs de développement durable à l’horizon 2030. Ces références renforcent l’articulation entre l’égalité entre les femmes et les hommes, la participation des jeunes, la prévention des conflits et l’instauration d’une paix inclusive et durable.