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JOJ de Dakar 2026 : le Maroc vise les médailles dans des Jeux historiques pour l’Afrique
Un porteur de flambeau transporte la flamme olympique de la Jeunesse aux côtés d'un artiste déguisé en lion lors du périple de 46 jours de la flamme à Dakar, le 14 septembre 2026. (Photo de Patrick Meinhardt / AFP)
Le Maroc participe avec 39 athlètes engagés dans 17 disciplines aux Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ), organisés du 31 octobre au 13 novembre 2026 au Sénégal. Cette quatrième édition, qui réunira quelque 2.700 sportifs de près de 150 pays, marque une première historique : jamais le continent africain n’avait accueilli une compétition olympique.
Une délégation marocaine ambitieuse
Les jeunes athlètes marocains sont arrivés jeudi soir à l’aéroport international Blaise Diagne, près de Dakar, avec l’ambition de défendre les couleurs nationales et de décrocher un maximum de médailles.
Dans des déclarations à la MAP, plusieurs membres de la délégation ont exprimé leur détermination à honorer leurs entraîneurs et à représenter dignement le Royaume, tout en reconnaissant le niveau élevé de la concurrence internationale.
Selon le Comité national olympique marocain (CNOM), le Maroc aligne 39 sportifs répartis dans 17 disciplines : athlétisme, beach-volley, boxe, breakdance, cyclisme sur route, escrime, futsal, gymnastique artistique, judo, lutte de plage, natation, skateboard, sports équestres, taekwondo, triathlon, voile et wushu-taolu.
Le futsal constitue la discipline la plus représentée, avec dix joueurs, devant l’athlétisme, qui compte cinq engagés, et la lutte de plage, avec quatre représentants.
Le beach-volley, la boxe, le breakdance, la gymnastique artistique, la natation et la voile alignent chacun deux athlètes. Les huit autres disciplines comptent un représentant marocain chacune.
Une première olympique sur le continent africain
Placés sous le slogan « L’Afrique accueille, Dakar célèbre », les JOJ 2026 constituent le premier événement olympique organisé sur le sol africain.
Pendant quatorze jours, 2 655 athlètes attendus, représentant 204 comités nationaux olympiques, ainsi que d’une équipe de réfugié, selon les données officielles du CIO, âgés de 17 ans au plus participeront aux compétitions de 25 sports, réparties sur huit sites.
Les épreuves se dérouleront dans trois villes : Dakar, la capitale sénégalaise, Diamniadio, située à une trentaine de kilomètres, et Saly, station balnéaire distante d’environ 80 kilomètres.
Le pays organisateur présentera 136 athlètes. Pour le Comité international olympique (CIO), cette édition représente « une étape importante pour le continent » et une occasion de mettre en valeur la richesse culturelle du Sénégal ainsi que la place croissante de l’Afrique dans le mouvement olympique.
L’événement a été précédé d’un relais de la flamme olympique sur 3.600 kilomètres, à travers les quatorze régions sénégalaises.
Lors de son accueil à Dakar, le 12 septembre, le président Bassirou Diomaye Faye a souligné la portée continentale de cette manifestation, déclarant que c’était « toute la jeunesse africaine qui (vous) regarde avec confiance et avec fierté ».
Un rendez-vous sportif dans un contexte économique difficile
L’organisation de ces Jeux intervient toutefois dans une période délicate pour le Sénégal, confronté à un lourd endettement et à une crise économique et sociale.
Malgré l’effervescence qui gagne progressivement Dakar, la compétition peine à mobiliser une partie importante de la population, davantage préoccupée par les difficultés économiques quotidiennes.
Les autorités sénégalaises ont engagé ces derniers mois d’importants travaux dans les trois villes hôtes. Elles présentent ces investissements comme un héritage durable, destiné notamment à améliorer les infrastructures, développer les compétences et favoriser la formation des jeunes.
Au-delà des compétitions, les JOJ constituent ainsi pour le Sénégal un enjeu d’organisation, d’image internationale et de développement à long terme.
Le retour des athlètes russes sous leurs couleurs
Cette édition marque également le retour d’athlètes russes dans une compétition olympique avec leur drapeau et leur hymne, après la levée, en juillet, de la suspension du Comité olympique russe par le CIO.
Treize sportifs russes sont annoncés dans plusieurs disciplines, dont le cyclisme, le judo, la natation, le taekwondo et l’escrime.
Ce retour reste toutefois soumis aux décisions des fédérations internationales. World Athletics maintient ainsi son interdiction, contrairement aux fédérations de natation et de judo, qui autorisent les athlètes russes à concourir sous leurs couleurs nationales.
Autre nouveauté, les JOJ de Dakar accueilleront pour la première fois une équipe olympique de réfugiés composée de sportifs établis en Afrique. Cette participation élargit la représentation des jeunes athlètes au-delà des délégations nationales traditionnelles.
Les droits humains également au centre de l’attention
À l’approche de l’ouverture, l’organisation Human Rights Watch (HRW) a appelé les autorités sénégalaises à mettre fin à la répression visant les personnes LGBT+, après l’adoption, en mars, d’une législation doublant les peines prévues pour les relations homosexuelles.
L’ONG rappelle que la Charte olympique prohibe les discriminations et engage les pays organisateurs à respecter les droits humains.
Entre ambitions sportives, défis économiques et enjeux sociaux, les Jeux de Dakar constituent donc un rendez-vous majeur pour le Sénégal et le continent africain.
Pour les 39 jeunes Marocains engagés, l’objectif immédiat reste la compétition : se mesurer aux meilleurs espoirs internationaux, acquérir une expérience olympique et tenter de ramener des médailles au Royaume.