Actu
Flamenco à Rabat et Malhoun à Salé pour automne animé
Présentée à l’Institut Cervantès de Rabat jusqu’au 31 janvier 2027, l’exposition de Meriem Naciri rassemble des photographies en noir et blanc et en couleurs prises au fil de plus d’une décennie de spectacles de flamenco.
Entre les rythmes andalous du flamenco et la poésie chantée du Malhoun, l’automne culturel s’annonce particulièrement animé entre Rabat et Salé. La capitale accueille la 5e édition du Congrès mondial du flamenco, avec spectacles, cinéma, photographie et ateliers jusqu’au 30 octobre, tandis que Salé célébrera, du 29 octobre au 1er novembre, la 12e édition des Journées nationales N’zaha du Malhoun, placée sous le signe de l’identité marocaine.
Le flamenco ouvre sa saison à Rabat
Le Congrès mondial du flamenco a donné mardi le coup d’envoi de sa cinquième édition à Rabat avec l’exposition photographique « El duende flamenco », signée par la photographe marocaine Meriem Naciri. Organisé par l’Ambassade d’Espagne au Maroc et l’Institut Cervantès, l’événement déploiera jusqu’au 30 octobre quatorze spectacles dans huit villes du Royaume, ainsi que des projections cinématographiques, une exposition et des ateliers.
Cette édition élargit également sa géographie avec l’intégration de Nador parmi les villes d’accueil.
Présentée à l’Institut Cervantès de Rabat jusqu’au 31 janvier 2027, l’exposition de Meriem Naciri rassemble des photographies en noir et blanc et en couleurs prises au fil de plus d’une décennie de spectacles de flamenco.
La photographe explique que sa passion pour cet art est née après un spectacle auquel elle avait assisté au Théâtre National Mohammed V. Depuis, elle s’attache à saisir le mouvement, l’émotion et la fugacité de l’instant, dans un travail qui rejoint ses autres explorations photographiques de la Tbourida, du théâtre, de la danse contemporaine ou de la musique.
Un dialogue culturel maroco-espagnol
Pour Anastasio Sanchez Zamorano, directeur de l’Institut Cervantès de Rabat, le Congrès inaugure également la saison culturelle de l’institution, qui comprendra notamment un festival de jazz, des lectures, des projections et un salon du livre. Il souligne la place croissante des arts espagnols auprès du public marocain et leur rôle de trait d’union entre les deux pays.
Le programme du Congrès comprend quatre spectacles au Théâtre National Mohammed V. Lourdes Pastor ouvre le bal avec « A la luz del 27 – De Lorca a Clara Campoamor », avant « Aurora » d’Irene Morales le 14 octobre, « Rayuela » de Marco Flores le 21 octobre et « Variación a tempo » de Sara Jiménez le 28 octobre.
Selon Olvido Salazar-Alonso Revuelta, responsable des activités culturelles de l’Institut Cervantès de Rabat, le programme met cette année l’accent sur les nouvelles formes du flamenco et sur les talents émergents, notamment féminins.
Trois projections figurent également à l’affiche, parmi lesquelles le documentaire « La Singla » de Paloma Zapata, consacré au parcours d’une danseuse de flamenco, ainsi que « Fandango » et un film dédié au danseur espagnol Farruquito.
Le Malhoun prend le relais à Salé
À quelques kilomètres de Rabat, Salé se prépare de son côté à célébrer un autre patrimoine musical. La 12e édition des Journées nationales « N’zaha du Malhoun » se tiendra du 29 octobre au 1er novembre sous le thème « L’art du Malhoun : une expression de l’identité marocaine ».
Organisée par l’Association Driss Ben Mamoun pour la création et la recherche dans l’art du Malhoun, en partenariat avec le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication et la Commune de Salé, la manifestation rendra hommage au chercheur Abdellah Ben Arafa.
Son ambition est d’élargir le cercle des amateurs de Malhoun, d’en valoriser les dimensions poétiques et artistiques et d’encourager la création chez ses praticiens.
Des traditions vivantes sur les rives du Bouregreg
Les rendez-vous investiront plusieurs espaces publics de Salé, avec la participation de troupes patrimoniales de la ville. Rencontres intellectuelles, soirées musicales, spectacles consacrés au patrimoine populaire, dédicaces d’ouvrages et ateliers de formation en écriture poétique, chant et pratique instrumentale rythmeront les quatre journées.
Comme lors des précédentes éditions, la manifestation s’achèvera par une promenade en barques traditionnelles sur le Bouregreg, mêlant paysage, mémoire et musique.
À travers ces deux rendez-vous, Rabat et Salé mettent ainsi en regard deux traditions inscrites dans des histoires différentes mais portées par une même volonté de transmission, de création et de dialogue entre les cultures.