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À Rabat, Abderrahmane Rahoule fait dialoguer les générations de l’art marocain
Une rencontre entre des générations d’artistes, réunissant des œuvres qui témoignent de démarches, de sensibilités et de langages plastiques différents
Rabat accueille, jusqu’au 27 mars 2027, l’exposition « Du Groupe de Casablanca aux nouvelles générations », consacrée à l’artiste Abderrahmane Rahoule. Inaugurée jeudi 8 octobre, cette manifestation réunit les œuvres de huit artistes de différentes générations autour d’un même fil conducteur : la transmission artistique, le dialogue des sensibilités et la continuité de la création plastique marocaine.
Un hommage à un parcours artistique de plusieurs décennies
Organisée par la Banque Populaire de Rabat-Kénitra, l’exposition rend hommage à Abderrahmane Rahoule, figure de la scène artistique nationale dont le parcours s’étend sur plusieurs décennies de création et d’engagement dans l’enseignement des arts plastiques.
L’événement propose une rencontre entre des générations d’artistes, en réunissant des œuvres qui témoignent de démarches, de sensibilités et de langages plastiques différents. L’ambition est de montrer comment la création contemporaine se nourrit des expériences qui l’ont précédée, tout en affirmant ses propres orientations.
Le titre de l’exposition, « Du Groupe de Casablanca aux nouvelles générations », inscrit cette démarche dans une perspective historique. Il évoque la continuité d’une modernité artistique marocaine attachée à ses références culturelles et ouverte aux renouvellements esthétiques.
Au-delà de l’hommage rendu à un artiste, la manifestation entend ainsi mettre en valeur les liens qui unissent les créateurs, leurs parcours et les expériences artistiques transmises au fil des années.
Abderrahmane Rahoule, de la création à la transmission
Lors du vernissage, Abderrahmane Rahoule s’est réjoui de la tenue de cette exposition, qu’il considère comme une contribution à la promotion des arts plastiques marocains.
L’artiste a insisté sur la nécessité de multiplier les espaces d’exposition pour mieux faire connaître la création nationale et rapprocher les artistes du public. Selon lui, la vitalité de la scène artistique dépend aussi des possibilités offertes aux créateurs de présenter leurs œuvres et de rencontrer les amateurs d’art.
Ancien directeur de l’École supérieure des beaux-arts de Casablanca, Rahoule a également souligné la dimension pédagogique et humaine de cette initiative.
Entouré de plusieurs de ses anciens élèves, il a exprimé sa satisfaction de voir aboutir un projet auquel il accorde une importance particulière. Son ambition est d’accompagner les jeunes diplômés, de soutenir leurs premières expériences professionnelles et de leur offrir une visibilité susceptible de faciliter leur insertion dans le paysage artistique national.
Cette démarche prolonge son engagement dans l’enseignement et place la relation entre le maître et ses élèves au centre de l’exposition.
La transmission ne s’y limite donc pas à l’apprentissage de techniques ou de savoir-faire. Elle prend également la forme d’un encouragement à développer une expression personnelle et à trouver sa place dans la création contemporaine.
Des univers plastiques entre mémoire et émotion
Parmi les artistes réunis, Nabil Bahya présente trois toiles issues de sa série récente « Réconciliation ».
Pour lui, l’exposition constitue une occasion privilégiée d’échanger directement avec le public et de confronter les regards sur les œuvres présentées.
Sa série s’inscrit dans une recherche esthétique gestuelle et personnelle, où la démarche plastique traduit une exploration intime.
La jeune artiste Zineb Bennani Smires développe, de son côté, un univers nourri par l’enfance, les émotions et la mémoire affective.
Son travail cherche à retrouver, dans l’innocence des premières années, une forme de liberté intérieure. Cette recherche prend notamment corps dans des paysages marocains chargés de symboles, qui puisent dans ses origines et son imaginaire.
À travers une interprétation poétique et personnelle de ces paysages, l’artiste entend faire apparaître la richesse du patrimoine culturel marocain tout en lui donnant une résonance intime.
Ces démarches témoignent de la diversité des expressions réunies dans l’exposition. Si les artistes empruntent des voies différentes, leurs œuvres participent à un dialogue dans lequel l’expérience individuelle rencontre des références culturelles partagées.
Une modernité artistique inscrite dans la continuité
Pour la commissaire de l’exposition, Tania Chorfi, cette manifestation revêt une dimension particulière, qu’elle qualifie d’« historique ».
Elle réunit en effet Abderrahmane Rahoule et plusieurs jeunes artistes qu’il a accompagnés au cours de leur formation, donnant une traduction concrète à la transmission entre générations.
Le parcours proposé repose sur une double approche. D’une part, une rétrospective consacrée à l’œuvre polymorphe de Rahoule permet de revenir sur différentes facettes de sa création. D’autre part, une carte blanche est offerte à la nouvelle génération pour rendre hommage à l’artiste tout en affirmant ses propres recherches.
Cette articulation entre rétrospective et création contemporaine permet de rapprocher différentes étapes de l’histoire des arts plastiques marocains, sans effacer les singularités de chaque parcours.
Selon Tania Chorfi, l’exposition s’inscrit dans la continuité d’une modernité artistique profondément ancrée dans le patrimoine national.
Ouverte jusqu’au 27 mars 2027, l’exposition offre au public l’occasion de découvrir une partie du parcours d’Abderrahmane Rahoule, mais aussi les expressions d’une nouvelle génération qui poursuit, à sa manière, le renouvellement de l’art marocain.