Deuxième jour de Mawazine 2025, l’hymne des âmes du monde

Deuxième jour de Mawazine 2025, l’hymne des âmes du monde

La Diva de l’afropop Yemi Alade fait vibrer la scène Bouregreg

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Sous le ciel étoilé de Rabat, le Festival Mawazine – Rythmes du Monde devient le lieu où toutes les musiques s’élancent, où toutes les émotions se répondent. Du reggaeton-pop latino de Becky G à la douce nostalgie de Ziad Bourji, en passant par le souffle spirituel de Cheikh Lô, la 20e édition du festival tisse des passerelles invisibles entre les continents, célébrant la diversité des sons, des hommes et des âmes.

Becky G, reine du reggaeton-pop latino

C’est un dimanche soir où l’air frissonne de promesses musicales. Sur la scène de l’OLM Souissi, Becky G apparaît en lumière, vêtue de blanc, ornée de liserés dorés, comme une prêtresse du reggaeton moderne. Le public exulte, prêt à s’abandonner à la cadence de celle qu’on surnomme justement la *queen du pop latino*.

Dès le premier morceau, "Mala Santa", elle entraîne la foule, la plongeant dans un tourbillon où la cumbia des Caraïbes côtoie l’énergie des rues américaines. "Fulanito", "Mamiii", "Tajin" ou "Que Haces" s’enchaînent, portés par la ligne de basse des musiciens coiffés de chapeaux traditionnels et le jeu incandescent des congas rouges.

À l’heure où "Por El Contrario" s’élève, le Chellah devient un lieu suspendu où la terre vibre du chant de l’artiste, où la nuit s’anime de maracas et de flammes invisibles. Puis vient "Bésame Mucho" qui appelle le saxophone à l’heure du crépuscule, tandis que "Colombia" devient l’hymne ultime d’une terre où la musique est racine, mémoire, célébration. Becky G triomphe ainsi, confirmant qu’elle est plus qu’une star : elle est la voix du métissage moderne, où s’entrelacent la tradition mexicaine, la cumbia, le reggaeton, le pop américain.

 Ziad Bourji, l’âme du Levant

Au Théâtre National Mohammed V, la nuit s’incline, douce, profonde, accueillant Ziad Bourji. Le chanteur libanais, figure majeure de la scène arabe, apparaît tel un conteur sensible, où la parole devient poème, où la mélodie devient prière.

Dès les premières mesures, "El Youm Youmi", "Ana Wayak", "Mesh Tayek", "Chou Helou", "Heliani" envoûtent un public suspendu à chaque note, à chaque regard de l’artiste. Ziad Bourji ne chante pas, il tisse des fils invisibles entre la scène et la salle, entre le passé et le présent. Le silence devient écrin, où l’ovation devient marée.

Au fil du concert, l’artiste s’incline pour dire à la foule sa gratitude, son émotion. Et lorsqu’il entonne "Nassam Alayna El Hawa" de Fairouz, "Chayef El Bahr" ou "Ya Baladi" de Dalida, tout devient intemporel. Le Théâtre devient un lieu de mémoire collective où s’entremêlent nostalgie, espoir, tendresse. Le moment ultime apparaît lorsqu’il saisit le drapeau marocain, le porte à bout de bras, bouleversant l’assistance où des youyous jaillissent du silence.

Cheikh Lô, la vibration du Bouregreg

Plus bas, sur la scène du Bouregreg, Cheikh Lô installe un cercle où le temps devient spiritualité. Avec son regard profond, héritage de la confrérie des Baye Fall, le musicien sénégalais livre un concert où le jazz épouse le mbalax, où la mémoire du peuple mandingue vibre à l’air du soir.

Face à la kasbah des Oudayas, le public devient chœur, repris par la cadence de "Né la Thiass". Puis vient le solo de tambour, moment où l’artiste devient griot, où la terre du Maroc épouse celle du Sénégal. Cheikh Lô s’incline, remercie le peuple marocain, parle de la terre africaine où tout est partage, où tout devient possible.

Plus tard, en marge du concert, Cheikh Lô confiera son émerveillement pour la culture marocaine. "J’ai découvert ici le Gnaoua, un rythme à part, où la guitare devient parole et le tambour devient prière". Et déjà l’artiste envisage des collaborations futures, où les cordes du guembri épouseront le mbalax du Sénégal.

Sur la même seène ma chanteuse nigériane Yemi Alade a envoûté la scène Bouregreg du festival Mawazine par une performance vibrante où l’afropop s’est mariée à la danse et à la générosité. De "Tumbum" à "Africa", elle a enchaîné les tubes, accompagnée de deux danseuses et d’un public conquis. Avec plus de deux heures de spectacle, elle a transformé la nuit en célébration festive, confirmant son aura de diva africaine.

 Mawazine, la scène du monde

Becky G, Ziad Bourji, Cheikh Lô… Trois artistes, trois visions du monde, unis par la scène de Mawazine, où la diversité devient langage, où la musique devient lien. Depuis 2001, ce festival majeur invite à Rabat des millions de spectateurs à célébrer la richesse du patrimoine universel. Et en 2025, plus que jamais, il est le lieu où l’humanité danse, s’aime, s’élève.

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