Diplomatie de l’eau : le Maroc et le Sénégal renforcent leur partenariat stratégique à Dakar

Diplomatie de l’eau : le Maroc et le Sénégal renforcent leur partenariat stratégique à Dakar

Photo archives - Le ministre marocain de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, a multiplié les rencontres et le ministre sénégalais de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye

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En marge des préparatifs de la Conférence des Nations Unies sur l’Eau de 2026, le ministre marocain de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, a multiplié les rencontres à Dakar pour consolider la coopération hydrique entre le Maroc et le Sénégal. Entre coordination internationale, vision africaine de l’eau et appui à l’Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal, Rabat et Dakar affichent une volonté commune d’accélérer les solutions durables face aux défis climatiques et hydriques.

Une coordination bilatérale au cœur des enjeux globaux

Lors de son entretien avec le ministre sénégalais de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, Nizar Baraka a mis l’accent sur la nécessité de renforcer la coopération maroco-sénégalaise dans un contexte marqué par la pression croissante sur les ressources en eau. Les deux responsables ont échangé sur les priorités liées aux agendas bilatéral, continental et international, en particulier la préparation de la Conférence des Nations Unies sur l’Eau prévue en décembre 2026 aux Émirats arabes unis. Ils ont également abordé l’élaboration du plan d’action pour la mise en œuvre de la Vision africaine de l’eau à l’horizon 2063, qui doit être adoptée lors du prochain sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba.

Dessalement, transfert et gouvernance de l’eau

Les discussions ont porté sur plusieurs axes techniques et stratégiques, notamment le dessalement de l’eau de mer, le transfert interbassins, la planification à long terme et les mécanismes de gouvernance du secteur hydrique. Ces thématiques reflètent les priorités communes des deux pays face aux effets du changement climatique, à la variabilité hydrologique et à la croissance démographique. Le Maroc, fort de son expérience dans les grands projets de dessalement et d’infrastructures hydrauliques, a exprimé sa disposition à partager son savoir-faire avec le Sénégal, tandis que ce dernier a souligné l’importance de solutions adaptées aux réalités locales et régionales.

Un soutien renouvelé à l’OMVS

Dans le cadre de sa visite à Dakar, Nizar Baraka s’est également rendu au siège du Haut-Commissariat de l’Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal. Lors de son entretien avec le Haut-Commissaire Mohamed Abdel Vetah, le ministre marocain a réaffirmé l’engagement du Royaume en faveur des initiatives africaines de gestion intégrée des ressources hydriques. Il a rappelé que le Grand Prix Mondial Hassan II de l’Eau, attribué à l’OMVS lors du 9e Forum mondial de l’eau en 2022, constitue une reconnaissance internationale des efforts menés par cette organisation régionale.

Vers un partenariat technique renforcé

Les deux parties ont convenu d’intensifier la coopération technique à travers le partage d’expériences et de bonnes pratiques. Les domaines ciblés incluent les contrats de fleuves, le suivi de la qualité de l’eau, la lutte contre la pollution, la planification stratégique et le renforcement des capacités institutionnelles. Une visite d’échange au profit des responsables de l’OMVS est également prévue afin d’approfondir les discussions et d’identifier des projets concrets.

Créée en 1972, l’OMVS regroupe le Mali, la Mauritanie, le Sénégal et la Guinée et gère un bassin fluvial de près de 289.000 km2. Son action illustre les défis et les opportunités liés à la gestion partagée de l’eau en Afrique de l’Ouest, un enjeu devenu central dans les stratégies de développement durable du continent.

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