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Économie marocaine 2026 : la reprise s’installe, portée par la demande intérieure et l’investissement, selon le HCP
La croissance économique nationale devrait atteindre 5% en 2026, après 4,7% en 2025. Cette progression serait soutenue par la reprise du secteur agricole et la consolidation des activités non agricoles.
Selon le Budget économique prévisionnel 2026 du Haut-Commissariat au Plan, l’économie marocaine devrait entrer dans une phase de consolidation marquée par une croissance attendue de 5%, une demande intérieure toujours motrice et un effort d’investissement soutenu. Si les équilibres macroéconomiques s’améliorent progressivement, les défis du commerce extérieur et de la soutenabilité budgétaire demeurent au cœur des priorités publiques.
La demande intérieure, pilier central de la croissance
La demande intérieure devrait enregistrer une progression de 5,7% en 2026, après une hausse exceptionnelle de 8% en 2025. Elle continuerait ainsi de jouer un rôle structurant dans la dynamique économique nationale, avec une contribution estimée à 6,3 points de croissance du PIB en 2026. Cette performance confirme la place centrale de la consommation et de l’investissement dans le modèle de croissance marocain.
La consommation finale des ménages progresserait de 4,1% en 2026, après 4,4% en 2025. Cette évolution serait soutenue par plusieurs facteurs combinés : les effets des revalorisations salariales, l’amélioration attendue des revenus agricoles sous l’hypothèse d’une campagne supérieure à la moyenne, ainsi que l’atténuation progressive des pressions inflationnistes. Le maintien des aides sociales directes contribuerait également à soutenir le pouvoir d’achat et à stabiliser la demande.
Du côté des administrations publiques, la consommation finale progresserait de 5,7% en 2026, traduisant la poursuite des efforts de l’État en matière de services publics et de politiques sociales. Globalement, la consommation nationale devrait croître d’environ 4,5%, apportant près de 3,5 points à la croissance économique.
L’investissement, moteur structurel de transformation
L’investissement brut devrait rester un levier déterminant de la croissance en 2026. Après une hausse spectaculaire de 16,3% en 2025, il progresserait encore de 8,7% en 2026, contribuant à hauteur de près de 4,9 points à la croissance du PIB.
Cette dynamique est largement portée par les grands chantiers d’infrastructures engagés dans le cadre des préparatifs des manifestations internationales à venir, notamment la Coupe du Monde, par la mise en œuvre de la nouvelle Charte de l’investissement et par le maintien de l’effort d’investissement des établissements et entreprises publics. Les projets structurants dans les domaines du transport, de l’énergie, de l’eau et de la logistique continuent d’alimenter la demande en équipements et en travaux publics, tout en renforçant le potentiel productif à moyen terme.
Épargne nationale et financement de l’économie
L’épargne nationale devrait poursuivre son amélioration pour atteindre 30,3% du PIB en 2026, après 29,6% en 2025. Cette évolution reflète la consolidation de l’épargne intérieure, attendue à 23,3% du PIB en 2026, portée par la croissance du PIB nominal et la progression modérée de la consommation nationale en valeur.
Toutefois, le taux d’investissement brut, estimé à 32,2% du PIB en 2026, continuerait de peser sur le besoin de financement de l’économie. Celui-ci devrait néanmoins s’alléger légèrement, passant de 2,4% du PIB en 2025 à 1,9% en 2026. Cette trajectoire traduit un rééquilibrage progressif entre l’effort d’investissement et les capacités de financement internes.
Commerce extérieur : entre résilience et vulnérabilités
Le déficit commercial devrait rester élevé en 2026, atteignant 21,1% du PIB, contre 19,1% en 2024. Ce niveau reflète la vigueur de la demande intérieure et la dépendance persistante aux importations, notamment alimentaires, énergétiques et industrielles.
Les exportations de biens devraient connaître un redressement en 2026, avec une croissance estimée à 6,7%, après un ralentissement en 2025. Les secteurs des phosphates, de l’agriculture et de l’agroalimentaire devraient continuer à afficher une performance favorable, tandis que l’automobile et le textile resteraient confrontés aux effets de la transition énergétique et à la faiblesse de la demande européenne.
Les exportations de services devraient bénéficier de la dynamique touristique. Le Maroc, désormais classé 13e destination mondiale en termes de croissance selon ONU-Tourisme, et premier en Afrique et au Moyen-Orient, consolide son attractivité. Les recettes liées au transport et aux voyages devraient ainsi continuer de progresser, soutenant la balance des services.
En parallèle, les importations devraient croître de 8,4% en 2026. Les importations alimentaires devraient se modérer avec l’amélioration attendue de la production agricole, tandis que les importations de demi-produits et de biens d’équipement resteraient dynamiques sous l’effet des investissements en infrastructures. Les importations énergétiques devraient quant à elles maintenir une évolution soutenue.
Finances publiques : vers un assainissement progressif
Le déficit budgétaire devrait s’établir autour de 3,2% du PIB en 2026, en amélioration par rapport à 3,6% en 2025. Cette évolution, même légère, s’inscrit dans la trajectoire d’assainissement des finances publiques engagée ces dernières années.
Les recettes ordinaires devraient représenter près de 23,8% du PIB en 2026. Les recettes fiscales progresseraient à près de 20% du PIB, portées par l’achèvement de la réforme fiscale structurelle et par les nouvelles mesures prévues dans la Loi de Finances 2026. Les impôts directs, notamment l’impôt sur les sociétés et l’impôt sur le revenu, devraient continuer d’augmenter, tandis que les impôts indirects atteindraient environ 8,5% du PIB.
Les recettes non fiscales, soutenues par les versements des établissements et entreprises publics et par les mécanismes de financement innovants, représenteraient environ 3,5% du PIB. Ces instruments, dont les volumes ont fortement progressé depuis 2019, constituent désormais un levier important de mobilisation des ressources publiques.
Les dépenses globales resteraient élevées, autour de 27,3% du PIB. Cette évolution est tirée par la hausse des dépenses ordinaires et par l’effort d’investissement public, notamment dans les infrastructures de transport, la sécurité hydrique et les projets liés à l’organisation de grands événements internationaux.
Une croissance économique tirée par l’agriculture et les services
La croissance économique nationale devrait atteindre 5% en 2026, après 4,7% en 2025. Cette progression serait soutenue par la reprise du secteur agricole et la consolidation des activités non agricoles.
Le secteur primaire devrait afficher une progression de 10% en 2026, avec une valeur ajoutée agricole en hausse de 10,4%, sous l’hypothèse d’une production céréalière supérieure à la moyenne. Les précipitations enregistrées à partir de fin novembre 2025 ont permis de rattraper le déficit pluviométrique du début de campagne, améliorant les perspectives agricoles et la reconstitution des réserves hydriques.
L’élevage devrait également se redresser, porté par la décision royale relative à l’Aïd Al-Adha, l’amélioration du couvert végétal et le programme national de reconstitution du cheptel. La pêche devrait connaître un léger redressement après une année 2025 marquée par un recul des débarquements.
Industrie, BTP et services : des moteurs complémentaires
Les activités non agricoles devraient progresser de 4,3% en 2026. Le secteur secondaire continuerait de bénéficier de la dynamique industrielle et de la bonne tenue du BTP, avec une croissance attendue de 4,2%. Les chantiers d’infrastructures et les projets stratégiques renforcent l’effet d’entraînement sur l’ensemble de la chaîne productive.
Le secteur tertiaire confirmerait sa résilience, avec une croissance de 4,3% en 2026. Le commerce et la réparation profiteraient de la vigueur de la demande intérieure, tandis que l’hébergement et la restauration poursuivraient leur redressement grâce à la dynamique touristique. Les transports et la logistique devraient bénéficier de l’intensification des flux ferroviaires, aériens et maritimes, ainsi que de l’expansion des capacités portuaires et aéroportuaires.
Les services non marchands continueraient d’afficher une croissance soutenue, portée notamment par l’évolution de la masse salariale et l’effort public dans les secteurs sociaux.
Inflation maîtrisée et stabilité macroéconomique
En valeur, la croissance du PIB devrait atteindre 6,3% en 2026, avec une inflation estimée à 1,3%. Cette relative stabilité des prix constitue un facteur favorable au maintien du pouvoir d’achat et à la confiance des ménages et des investisseurs.
Dans l’ensemble, les projections du HCP dessinent un scénario de consolidation économique fondé sur un équilibre entre relance de la demande intérieure, investissement productif et amélioration progressive des équilibres macroéconomiques. Le défi reste désormais de transformer cette dynamique conjoncturelle en croissance durable, inclusive et créatrice d’emplois.