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Économie marocaine : une bonne croissance solide malgré un contexte international incertain
Selon la dernière note de conjoncture du HCP, l’économie marocaine a enregistré au deuxième trimestre 2025 sa meilleure performance depuis la phase de rattrapage post-Covid.
Le Haut-Commissariat au Plan (HCP) anticipe une année 2025 globalement positive pour l’économie marocaine. Après une progression remarquable de 5,5 % au deuxième trimestre, la croissance se serait établie à 4,3 % au troisième trimestre avant de s’orienter vers 4,7 % au dernier trimestre. Ces performances traduisent la résilience de l’économie nationale, portée par la vigueur de la demande intérieure, la relance de l’investissement et la diversification des moteurs sectoriels, malgré un environnement international plus contraint.
Une reprise consolidée et des moteurs économiques mieux synchronisés
Selon la dernière note de conjoncture du HCP, l’économie marocaine a enregistré au deuxième trimestre 2025 sa meilleure performance depuis la phase de rattrapage post-Covid. Avec une croissance de 5,5 %, le pays confirme sa sortie durable du cycle de ralentissement entamé en 2022, et retrouve un niveau d’activité supérieur à celui d’avant la crise sanitaire.
Cette reprise s’appuie sur la vitalité de plusieurs secteurs stratégiques : les industries manufacturières et extractives, la construction et les services d’hébergement ont à eux seuls contribué à près de 40 % de la croissance globale. Le redressement des exportations (+8,5 %) et la dynamique de la demande intérieure (+9,2 %) ont joué un rôle moteur, soutenus par une amélioration notable du moral des ménages.
La consommation des foyers a progressé de 5,1 %, traduisant une confiance retrouvée dans la stabilité des prix et des revenus. Parallèlement, l’investissement, amorcé dès 2023, s’est consolidé grâce à un environnement financier plus favorable : baisse du coût du crédit, allégement des prix des biens d’équipement et poursuite des programmes publics d’infrastructure.
Toutefois, cette expansion s’est accompagnée d’un besoin accru de financement. Les dépenses publiques, notamment salariales (+10,8 %), ont augmenté plus vite que les recettes, amplifiant le déficit de financement à -3,2 % du PIB trimestriel.
Une croissance en modération au troisième trimestre
Après ce pic de performance, l’économie nationale aurait enregistré un ralentissement technique au troisième trimestre, avec un taux de croissance de 4,3 %. Selon le HCP, cette décélération s’explique avant tout par un contexte international moins porteur, marqué par le ralentissement du commerce mondial et la prudence des marchés européens.
Les exportations marocaines, bien que solides, ont vu leur rythme de croissance fléchir, tandis que les importations, toujours dynamiques (+13,8 %), ont accentué le déficit commercial. Le commerce extérieur aurait ainsi contribué négativement à la croissance (-3,7 points), alors que la demande intérieure a continué de jouer un rôle d’amortisseur, soutenant le PIB à hauteur de 8 points.
L’investissement s’est maintenu à un niveau élevé (+14,2 %), porté par la poursuite des chantiers d’infrastructure et la reprise du bâtiment, tandis que la consommation des ménages (+4,1 %) a bénéficié des mesures budgétaires proactives : hausse des salaires publics, allégement de la fiscalité et maîtrise des tensions inflationnistes.
Le secteur de la construction a poursuivi son redressement, contribuant à compenser le ralentissement des industries exportatrices. Les services, malgré une légère perte de vitesse, demeurent le principal soutien de la croissance, illustrant la transition structurelle de l’économie marocaine vers un modèle fondé sur la valeur ajoutée et les services marchands.
Des perspectives stables et une confiance renforcée pour fin 2025
Pour le quatrième trimestre 2025, le HCP prévoit une légère accélération du rythme de croissance, estimée à 4,7 %. Cette embellie serait alimentée par une amélioration des perspectives de la demande étrangère, en particulier en Europe, où la détente progressive des taux d’intérêt pourrait stimuler la consommation et l’investissement.
Les moteurs internes, eux, demeureraient solides. La consommation des ménages poursuivrait sa progression (+4,4 %), soutenue par la revalorisation des salaires et les gains issus de la réforme de l’impôt sur le revenu. L’investissement devrait croître de 12,6 %, tiré à la fois par le dynamisme des entreprises privées et par la montée en puissance des investissements publics, notamment dans les infrastructures et les énergies renouvelables.
Par branche d’activité, les services continueraient de dominer le paysage économique (+4,7 %), portés par le commerce, les services non marchands et les activités à destination des particuliers. L’industrie, en légère reprise, bénéficierait de la relance de l’automobile, de l’électrique et des industries minières, tandis que la construction confirmerait sa remontée, soutenant à elle seule 0,4 point de croissance.
Ce cycle de croissance, entamé depuis plus de six trimestres, illustre une dynamique durable et mieux équilibrée, où les secteurs non agricoles représentent désormais le principal moteur de l’économie marocaine.
Le HCP souligne que cette performance repose sur trois leviers : la maîtrise des équilibres macroéconomiques, la montée en puissance des investissements structurants et la résilience du marché intérieur. Néanmoins, des défis persistent : la soutenabilité du financement public, la productivité du travail et l’adaptation aux nouvelles réalités du commerce international.
Avec un taux de croissance moyen proche de 5 % sur l’année, le Maroc consolide sa trajectoire post-crise et renforce son positionnement comme économie émergente stable et attractive dans un contexte mondial incertain. L’enjeu, désormais, est de transformer cette croissance soutenue en progrès social durable, à travers une meilleure inclusion territoriale et une valorisation du capital humain, piliers d’un développement à long terme.