Elections mayorales à New York…Un remake du duel Cuomo-Mamdani se profile à l’horizon – Par Karim AOUIFIA

Elections mayorales à New York…Un remake du duel Cuomo-Mamdani se profile à l’horizon – Par Karim AOUIFIA

Le jeune novice de la scène politique new-yorkaise, Zohran Mamdani, qui s’autoproclame socialiste, a défrayé la chronique en juin dernier en remportant haut la main les primaires du parti démocrate.

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À New York, la bataille pour la mairie prend des allures de duel au sommet. À deux mois du scrutin, le jeune socialiste Zohran Mamdani, porté par une ascension fulgurante et des sondages favorables, affronte un Andrew Cuomo en quête de revanche politique. Entre manœuvres de coulisses, pressions fédérales et fractures internes au Parti démocrate, l’élection s’annonce, écrit Karim Aouifia, correspondant de MAP à New York, comme un remake inédit opposant un novice iconoclaste à un vétéran aguerri.

New York - Le landerneau politique à New York est en effervescence ces derniers jours. À moins de deux mois des élections devant décider de l’identité du nouveau maire de la métropole américaine pour les quatre prochaines années, les tractations se multiplient de part et d’autre pour maximiser les chances de remporter ce scrutin décisif.

Désormais, la course se joue entre quatre candidats - l’actuel maire, Eric Adams, ancien démocrate qui brigue un nouveau mandat sous étiquette indépendante, l’ancien gouverneur de l’Etat de New York, Andrew Cuomo, le républicain Curtis Sliwa et le jeune novice de la scène politique new-yorkaise, Zohran Mamdani. Ce dernier, qui s’autoproclame socialiste, a défrayé la chronique en juin dernier en remportant haut la main les primaires du parti démocrate. L’ascension fulgurante de ce jeune d’origine indienne a provoqué une onde de choc dans les rangs de l’establishment démocrate à New York, habitué à des leaders progressistes qui prônent la modération dans la gestion des dossiers les plus pressants pour les habitants de la Grosse Pomme.

Pour ces démocrates traditionnels et plusieurs figures new-yorkaises, notamment du monde des affaires, la percée de Mamdani et sa vision d’extrême gauche risquent d’ébranler le statu quo dans la métropole américaine où prévalent depuis toujours les valeurs du libéralisme et de la politique du libre marché. Sa victoire éclatante face à un politicien chevronné de la trempe d’Andrew Cuomo a contraint ce dernier à s’accrocher à sa "survie" politique en se maintenant à la course à la mairie, cette fois-ci sous bannière indépendante.

De la même manière, la montée en puissance de ce jeune élu de l’Assemblée de l’Etat de New York, confortée par les récents sondages qui le créditent d’une avance de plus de 12 points dans les intentions de vote sur les autres candidats au scrutin du 4 novembre, a fait des remous jusque dans la capitale fédérale Washington. Selon le New York Times, des voix au sein de l’administration fédérale auraient demandé à deux des candidats en lice pour le poste de maire, en l’occurrence Eric Adams et Curtis Sliwa, de se retirer de la course et de se rallier dernière l’ancien gouverneur qui se classe deuxième dans les intentions de vote. Des sources citées par New York Post croient savoir que les deux prétendants doivent prendre une décision à ce sujet dans les dix prochains jours.

Malgré cette pression, les deux candidats s’accrochent à leur chance et croient, chacun de sa perspective, qu’ils sont en mesure de vaincre Mamdani en novembre prochain. “Je suis dans cette course et je suis le seul à pouvoir battre Mamdani”, a lancé Eric Adams lors d’un meeting vendredi devant ses partisans. Cette même position a été exprimée par M. Sliwa, qui représente le parti républicain lors des prochaines élections mayorales. “Je suis le seul candidat, sur la lignée d’un grand parti, capable de vaincre Mamdani et je suis déterminé à mener ce combat jusqu’au jour du scrutin”, a-t-il affirmé. De l’avis des observateurs et politiciens, à l’instar de l’ex-gouverneur de New York, David Paterson, qui soutenait jusqu’ici l’actuel maire de la ville, Mamdani ne saurait être vaincu que dans le cadre d’un duel. Le retrait de ces candidats imprimerait un nouvel élan à la campagne d’Andrew Cuomo et lui permettrait de se mesurer au jeune socialiste.

Face à ces “manœuvres politiques”, des personnalités démocrates, comme la sénatrice Liz Krueger, ont appelé leurs homologues du parti à mettre de côté leurs divergences avec Mamdani et de lui apporter leur soutien dans la course à la mairie. Malgré ces appels, une réticence caractérise encore le leadership démocrate à New York. Des observateurs relèvent que de hauts responsables du Parti ne voient pas d’un bon œil la victoire d’un candidat d’extrême gauche en novembre. Pour eux, cette victoire risque d’aggraver la crise d’identité qui prévaut au sein de la formation bleue et de compromettre ses chances de reconquérir les deux chambres du Congrès face aux Républicains lors des élections de mi-mandat de 2026.

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