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Expulsés d’Algérie : une mémoire à vif, 50 ans après, le refus de l’oubli
Il y a 50 ans, l’Alger expulsait massivement, ans appel et sans préavis, des familles marocains d’Algérie
À l’approche du 50e anniversaire de l’expulsion massive de familles marocaines d’Algérie, le Collectif international de soutien (CiMEA75) intensifie ses actions de sensibilisation et de plaidoyer. Entre caravanes citoyennes en Europe, colloques et campagnes d’archivage, les victimes refusent l’oubli et réclament reconnaissance, réparation et justice.
Une tragédie ignorée dans l’histoire régionale
Non à l’oubli ! c’est le mot d’ordre qu’a donné le Collectif international CiMEA75 pour la cinquantième année de triste évènement. Le 8 décembre 1975, dans un contexte politique tendu entre Rabat et Alger, des milliers de familles marocaines établies légalement en Algérie depuis des décennies ont été brutalement expulsées, sans préavis ni recours. Cinquante ans plus tard, cette blessure humaine et politique reste sans réponse officielle de la part des autorités algériennes. Le Collectif international CiMEA75, fondé en 2021, fait de cette commémoration une opportunité de rappeler la mémoire et d'exiger justice.
Une caravane pour porter la mémoire en Europe
Réuni le 14 juillet à Rabat, le bureau exécutif du Collectif a validé l’organisation d’une caravane citoyenne à travers l’Europe. Objectif : sensibiliser l’opinion publique et les institutions européennes aux violations subies par les Marocains expulsés d’Algérie. Trois étapes symboliques sont prévues : Genève, avec le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU ; Bruxelles, capitale de l’Union européenne ; et Strasbourg, siège du Conseil de l’Europe.
Cette tournée est menée en partenariat avec des organismes de défense des droits, notamment l’Organisation marocaine des droits de l’Homme (OMDH), et s’accompagne d’un colloque à Bruxelles, réunissant experts, juristes, universitaires et acteurs de la société civile.
Une mémoire à préserver et à partager
Le Collectif entend également renforcer la documentation de cette tragédie, en poursuivant son programme d’archivage et de collecte de témoignages. Une étude scientifique, soutenue par le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME), sera dévoilée à cette occasion. Elle vise à éclairer les causes, les conditions et les conséquences de cette expulsion, dans une perspective de mémoire partagée et de transmission.
En parallèle, des actions de sensibilisation sont prévues au Maroc, avec le soutien d’associations, de chercheurs et d’universitaires engagés dans la défense des droits humains.
Justice, reconnaissance et réparation
Lors de sa réunion, le bureau exécutif du CiMEA75 a insisté sur la nécessité d’un acte politique fort : que l’Algérie reconnaisse les faits, présente des excuses officielles et engage un processus de réparation pour les préjudices subis, tant au niveau individuel que collectif. À défaut, a souligné le Collectif, cette tragédie court le risque d’être effacée de l’histoire, ce que les familles concernées refusent.
Un combat pour la dignité et le droit
Face au silence persistant des autorités algériennes, le Collectif prévoit de déployer une stratégie de communication plus musclée, en s’appuyant sur des professionnels expérimentés et sur des alliances avec la société civile et le monde académique. L’objectif : donner à cette cause la visibilité qu’elle mérite, dans les médias, les forums internationaux, mais aussi dans les milieux de recherche.
Une ONG mobilisée sur tous les fronts
Créée en février 2021, CiMEA75 se positionne comme une ONG internationale déterminée à rappeler à l’État algérien ses responsabilités. Elle œuvre pour la reconnaissance des violations commises en 1975, le respect de la mémoire des victimes, et la mise en place de mécanismes de réparation. À travers ses initiatives, le Collectif entend maintenir vivante une mémoire douloureuse, mais aussi construire un récit de dignité et de résistance, pour que nul ne soit contraint d’oublier ce qu’il a enduré.