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Festival Noujoum Gnaoua : Casablanca au rythme de l’âme gnaouie
« La forte affluence confirme que Noujoum Gnaoua est bien plus qu’un festival musical. C’est un espace de dialogue et de transmission, une vitrine qui participe à la promotion de l’art gnaoui sur la scène internationale » (Directrice du faestival)
La 13ᵉ édition du Festival Noujoum Gnaoua s’est achevée samedi soir sur la Place des Nations-Unies à Casablanca, après trois soirées intenses où les plus grands maîtres de cet art ancestral ont fait vibrer la métropole. Entre ferveur populaire et transmission intergénérationnelle, l’événement a confirmé son rôle de plateforme culturelle majeure pour le rayonnement du patrimoine gnaoui.
Une clôture tout en diversité musicale
Samedi soir, la place des Nations-Unies a de nouveau été envahie par une foule dense et passionnée pour la soirée de clôture du Festival Noujoum Gnaoua. Le programme a offert une palette variée de styles et d’ambiances, réunissant sur scène Maâlem Taha Dhoussa, Maâlem Amine Daoudi, la Troupe Issemgan Anouar et Maâlem Anas Lekhssassi.
Ce dernier s’est dit particulièrement ému de sa participation : « C’est un honneur de me produire à Casablanca devant un public aussi nombreux et enthousiaste. Ce festival est un lieu où se croisent les générations, où les cultures se rencontrent et où l’art gnaoui trouve un souffle nouveau ». Lekhssassi a souligné l’importance de cet événement pour la transmission de ce patrimoine aux jeunes, un enjeu qu’il considère vital pour la pérennité de l’héritage gnaoui.
Pour Chaimaâ Laâouina, directrice du festival, le succès est indéniable : « La forte affluence confirme que Noujoum Gnaoua est bien plus qu’un festival musical. C’est un espace de dialogue et de transmission, une vitrine qui participe à la promotion de l’art gnaoui sur la scène internationale ». Elle a tenu à saluer le soutien des partenaires institutionnels et associatifs, parmi eux la Commune de Casablanca, le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, ainsi que la région Casablanca-Settat.
La magie d’une deuxième soirée mémorable
La veille, le festival avait atteint un sommet artistique et émotionnel. Quatre grandes figures ont enchaîné des prestations qui ont marqué les esprits : Maâlema Halima El Gourd, Maâlem Moncef Bouboul, Maâlem Ismail Rahil et Maâlem Hamid El Kasri.
Halima El Gourd, héritière de la tradition marsaouie, a ouvert la soirée avec des morceaux issus de son répertoire authentique tels que Brmaiyo, Fangoro et Darouzan. Elle a exprimé sa joie de partager la scène et son souhait de voir les jeunes s’investir davantage dans la transmission de cet art. Elle a également rendu hommage à son père, feu Mohamed Aouina, qui fut le premier à l’initier à cet univers musical.
Moncef Bouboul a ensuite pris le relais, livrant une prestation énergique qui a littéralement soulevé la foule. La spiritualité est ensuite revenue au cœur de la scène avec Ismail Rahil, dont l’univers a plongé le public dans une atmosphère mystique. Mais l’apogée fut atteinte avec Hamid El Kasri, maître incontesté du guembri, qui a électrisé Casablanca avec ses morceaux emblématiques : Lailaha illa Allah, Moulay Ahmed, Yobadi et Lmima.
Sur demande insistante du public, il a conclu par Hamdouchia, repris en chœur par la foule dans une ambiance de communion totale. Dans sa déclaration, Kasri a exprimé sa joie de participer pour la première fois à Noujoum Gnaoua à Casablanca : « Cette ville fait partie intégrante de mon identité. Je suis venu avec bonheur, porté par l’amour du public casablancais. » Il a aussi appelé à renforcer la diffusion internationale de cet art, rappelant que la musique gnaouie, inscrite au patrimoine immatériel de l’UNESCO, bénéficie déjà d’une reconnaissance universelle.
Un festival de transmission et de rayonnement
Au-delà des concerts, Noujoum Gnaoua se veut un espace de vie et de culture. Cette 13ᵉ édition a proposé un atelier créatif destiné aux enfants, contribuant à initier les plus jeunes aux sonorités et aux instruments de cet art. Une exposition a également mis en lumière les coopératives artisanales de Casablanca, confirmant la vocation sociale du festival et son ancrage dans le tissu local.
Gratuit et ouvert à tous, l’événement a attiré des milliers de spectateurs venus de Casablanca et d’ailleurs. Pour ses organisateurs, l’objectif est clair : faire de ce festival une célébration inclusive, où maîtres confirmés, jeunes prodiges et passionnés se rencontrent et dialoguent.
Placée sous le signe de la transmission et du rayonnement du patrimoine immatériel, cette 13ᵉ édition aura confirmé la vitalité et la modernité de l’art gnaoui. Porté par la ferveur populaire et par l’engagement des artistes, le festival a réaffirmé Casablanca comme l’un des grands foyers de cette tradition musicale marocaine universelle.
Entre authenticité et modernité, communion et transmission, la 13ᵉ édition du Festival Noujoum Gnaoua a offert à Casablanca trois soirées inoubliables. De Halima El Gourd à Hamid El Kasri, en passant par les jeunes talents comme Anas Lekhssassi, c’est tout un patrimoine vivant qui a vibré au rythme des qraqeb et du guembri. L’événement a prouvé une fois de plus que l’art gnaoui est une passerelle entre générations, un vecteur d’identité et un message d’ouverture au monde.