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Fiscalité africaine : un impératif de souveraineté face à la baisse des financements extérieurs
‘’La mobilisation des ressources intérieures constitue désormais l’un des enjeux les plus pressants pour les pays africains, dans un contexte marqué par la diminution de l’aide internationale et un endettement croissant’’ (Younes Idrissi Kaitouni)
Réunis à Rabat à l’occasion de la 6ᵉ master class des chefs des administrations fiscales africaines, les responsables de l’ATAF ont insisté sur l’urgence pour les pays du continent de mobiliser davantage leurs ressources intérieures. Une condition essentielle pour garantir leur souveraineté économique et réduire leur dépendance aux financements extérieurs.
Une souveraineté fiscale au cœur des priorités africaines
Le directeur général des impôts du Maroc, Younes Idrissi Kaitouni, a ouvert mardi à Rabat les travaux de la 6ᵉ master class organisée par le Forum africain des administrations fiscales (ATAF). Il a souligné que la mobilisation des ressources intérieures constitue désormais l’un des enjeux les plus pressants pour les pays africains, dans un contexte marqué par la diminution de l’aide internationale et un endettement croissant.
Pour M. Kaitouni, la fiscalité est bien plus qu’un simple outil technique : elle est le pilier sur lequel repose toute politique publique ambitieuse. Elle conditionne la souveraineté économique du continent, en lui permettant de financer ses priorités sans dépendre de bailleurs extérieurs. Il a aussi mis en avant l’engagement actif du Maroc au sein de l’ATAF, à travers l’organisation d’événements majeurs, la formation de cadres africains et le partage de bonnes pratiques.
Un partenariat stratégique avec l’ATAF
Le Maroc, hôte de la première édition de la master class en 2019, a renouvelé son soutien à l’ATAF, tant sur le plan logistique que technique. "Le Maroc donne, mais le Maroc reçoit aussi énormément", a affirmé M. Kaitouni, soulignant les apports en matière de renforcement de capacités, d’échange d’expériences et de prévention des erreurs.
Ce partenariat dynamique se traduit notamment par la mise à disposition d’experts marocains pour accompagner les États membres dans leurs réformes fiscales, en phase avec les besoins du continent et les exigences d’une gouvernance moderne.
Réformer et innover pour libérer le potentiel fiscal
Pour sa part, le vice-président de l’ATAF, Sam Shivute, a lancé un appel fort à l’engagement des dirigeants fiscaux africains. "Nous ne pouvons pas dépendre du financement extérieur. L’Afrique doit financer sa propre transformation", a-t-il martelé. Il a plaidé pour un leadership visionnaire, capable de porter des réformes ambitieuses, d’intégrer les technologies fiscales et d’exploiter les données comme leviers de décision stratégique.
Les discussions abordent des thèmes structurants tels que l’élargissement de l’assiette fiscale, la transparence et la gouvernance fiscale, des piliers essentiels pour construire une administration efficace, crédible et inspirante.
Vers une fiscalité africaine plus forte et plus solidaire
Inaugurée en 2019 à Rabat, la master class des chefs d’administrations fiscales est devenue une plateforme incontournable d’échanges de haut niveau. Cette 6ᵉ édition, qui se tient jusqu’au 24 juillet, permet aux participants de partager leurs réussites, leurs défis et d’identifier les soutiens à mobiliser à court, moyen et long terme.
Face à l’érosion des financements extérieurs, cette initiative souligne l’importance de bâtir des systèmes fiscaux robustes, adaptés aux réalités africaines, et capables de financer le développement du continent sur des bases souveraines et durables.