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Gaza : des enfants parmi les cendres, après une frappe israélienne sur une école-refuge, 69 assassinés ce jeudi
Prière des morts sur les victimes d'une frappe israélienne qui a touché l'école Mustafa Hafez, abritant des Palestiniens déplacés par la guerre, le 3 juillet 2025, dans le cadre du génocide quotidien d’Israël. (Photo Omar AL-QATTAA / AFP)
Une frappe israélienne sur l’école Mustafa Hafez, où s’abritaient des Palestiniens déplacés, a fait au moins 15 morts, dont des femmes et des enfants. Le bâtiment, devenu un refuge dans une ville en ruines, n’est plus aujourd’hui qu’un champ de décombres. Le drame relance l’émotion et l’indignation face à la poursuite des bombardements, dans un territoire déjà ravagé par près de 21 mois de guerre. Ce jeudi, on a dénombré 69 assassinats dans la bande de Gaza.
Un refuge devenu cimetière
Au petit matin, les silhouettes désemparées de jeunes enfants errent dans les décombres encore fumants de l’école Mustafa Hafez, située dans l’ouest de Gaza. Là où les familles pensaient avoir trouvé un abri, le feu et le sang ont balayé toute illusion de sécurité. Des vêtements déchirés pendent aux murs calcinés. Des taches de sang s’étendent sur le sol. Parmi les débris : chaises métalliques renversées, boîtes de conserve éventrées, restes d’un ventilateur fondu.
Le bâtiment scolaire, transformé comme tant d’autres en centre d’accueil pour personnes déplacées, a été violemment frappé par l’armée israélienne avant l’aube. Quinze morts, selon la Défense civile de Gaza, dont de nombreuses femmes et enfants. Une fois encore, le lieu qui devait protéger a scellé le destin de familles entières.
La parole du deuil et de la colère
À l’hôpital Al-Shifa, les cris de douleur se mêlent aux larmes. Oumm Yassin Abou Awda, mère et survivante, confie à demi-mot ce que tant de Gazaouis murmurent : « Ce n’est pas une vie. Soit ils nous lancent une bombe nucléaire et on en finit, soit la conscience des gens doit enfin se réveiller. » D’autres, comme cette femme qui a perdu ses deux filles, sa nièce, son mari et leurs six enfants, n’ont même plus la force de nommer leurs morts. « Il ne nous reste rien. Qu’ils nous anéantissent simplement pour qu’on puisse enfin se reposer. »
Depuis le début de la guerre génocidaire d’Israël le 7 octobre 2023, la quasi-totalité des habitants de Gaza ont été déplacés au moins une fois. Plus de deux millions de personnes vivent aujourd’hui dans des conditions humanitaires dramatiques. Les bombardements n’épargnent rien, pas même les écoles, ni les hôpitaux.
Frappes ciblées ou punition collective ?
Interrogée par l’AFP, l’armée israélienne a prétend sans vergogne avoir visé un « terroriste de premier plan du Hamas » dans l’école Mustafa Hafez. Cyniquement, elle ajoute avoir pris « de nombreuses mesures » pour minimiser les pertes civiles. Mais sur le terrain, les bilans humains contredisent ces précautions affichées. Mohammad al-Mughayyir, responsable de la Défense civile de Gaza, indique que parmi les 15 morts, la majorité sont des enfants et des femmes.
Ce jeudi-là, 69 personnes ont été tuées dans la bande de Gaza, selon les services de premiers secours, alors que l’armée israélienne intensifie ses opérations. Les images du lieu sont accablantes : une fresque encore visible montre un enfant souriant à côté d’un drapeau palestinien, ironie tragique dans ce paysage d’effondrement. Des enfants fouillent les décombres, en quête de survivants ou de souvenirs, pendant que les adultes s’asseyent en silence dans la cour détruite.