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Gaza: les pourparlers en vue d'un cessez-le-feu vont "prendre du temps", dit le Qatar, 5 soldats israéliens tués
Un Palestinien porte son enfant blessé lors d'une frappe israélienne sur un camp de personnes déplacées près de Khan Yunis, alors qu'il arrive à l'hôpital Nasser, dans le sud de la bande de Gaza, le 8 juillet 2025. (Photo de l'AFP)
Alors que les négociations indirectes entre Israël et le Hamas se poursuivent à Doha sous médiation qatarie, les espoirs d’un cessez-le-feu à Gaza restent fragiles. Le Qatar prévient que les discussions prendront du temps, malgré l’optimisme affiché par le président américain Donald Trump. Sur le terrain, la guerre continue de faire des ravages : 29 Palestiniens ont été tués mardi dans des frappes israéliennes, et l’armée israélienne a perdu cinq soldats à Beit Hanoun. Si un projet d’accord incluant une trêve de 60 jours est en discussion, les divergences persistent sur le retrait israélien, l’aide humanitaire et les garanties de cessez-le-feu.
Le Qatar a affirmé mardi que les pourparlers en cours en vue d'un accord de trêve à Gaza entre Israël et le Hamas allaient "prendre du temps", après l'optimisme exprimé lundi soir par le président américain, Donald Trump, quant à une possible percée.
La Défense civile gazaouie a elle fait état de la mort de 29 personnes depuis le début de la journée dans plusieurs frappes israéliennes à travers le territoire dévasté et en proie à une catastrophe humanitaire
L'armée israélienne a annoncé la mort de cinq soldats dans des combats à Beit Hanoun, ville du nord de la bande de Gaza.
Au troisième jour de négociations indirectes entre Israël et le Hamas à Doha, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Qatar, pays médiateur, a indiqué que les négociateurs chargés de la médiation parlaient "séparément" avec les deux délégations "pour établir un cadre pour les discussions". "Je peux dire qu'on a besoin de temps pour ça", a-t-il souligné.
Recevant lundi soir à la Maison Blanche le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, M. Trump a écarté tout "blocage", affirmant "que les choses se passaient très bien". Il s'est dit convaincu que le mouvement palestinien était prêt à accepter un accord. "Ils veulent ce cessez-le-feu", a-t-il dit.
Son émissaire, Steve Witkoff, doit se rendre dans la semaine à Doha, selon la Maison Blanche.
"Plus de temps"
Les pourparlers "portent toujours sur les mécanismes de mise en œuvre" d'un accord "en particulier les clauses relatives au retrait (israélien, NDLR) et à l'aide humanitaire" pour le territoire affamé et assiégé, a affirmé une source palestinienne proche des discussions.
Selon des sources palestiniennes, ils se fondent sur une proposition américaine comprenant une trêve de 60 jours, pendant laquelle le Hamas relâcherait dix otages encore en vie et remettrait des captifs morts, en échange de la libération de Palestiniens détenus par Israël.
Sur 251 personnes détenues lors du 7-Octobre, 49 sont toujours retenues à Gaza, dont 27 déclarées mortes par l'armée israélienne.
Deux trêves en novembre 2023 et début 2025, ont permis le retour des autres otages en échange de la libération de prisonniers palestiniens.
Lundi soir, M. Netanyahu a affirmé que Israël conserverait "toujours" le contrôle de la sécurité à Gaza.
Selon des sources palestiniennes, le Hamas demande le retrait israélien du territoire, des garanties sur la poursuite du cessez-le-feu et sur une reprise en main de l'aide humanitaire par l'ONU et des organisations internationales reconnues.
"La réponse du Hamas a été fondamentalement négative, mais les écarts sont minimes", a affirmé un haut responsable israélien à des journalistes accompagnant M. Netanyahu. "Nous espérions que cela (la percée) prendrait quelques jours, mais cela pourrait prendre plus de temps", a-t-il ajouté.
"L'accord actuel couvre 80-90%" des demandes israéliennes, a affirmé un autre responsable.
"Les bombardements continuent"
De Washington, M. Netanyahu a déploré une "matinée difficile", après l'annonce de la mort des cinq soldats. Selon des médias israéliens, ils ont été pris dans un accrochage après l'explosion de deux engins explosifs contre une force d'infanterie.
L'armée israélienne reconnait 450 soldats tués à Gaza depuis le début de l'offensive au sol le 27 octobre 2023.
A Gaza, neuf personnes ont notamment été tuées mardi dans une frappe de drone sur le camp de déplacés de Sanabel, près de Khan Younès (sud), et au moins trois enfants et deux femmes tués dans d'autres bombardements.
"J'ai vu des gens transporter des martyrs. On ne sait pas d'où vient la mort, les bombardements continuent", témoigne à Sanabel Chaimaa Al-Shaer, une mère de famille de 30 ans.
A Khan Younès, des images de l'AFP montrent des Gazaouis récupérant des corps ensanglantés dans une tente en lambeaux.
Le génocide israélien a fait 57.523 Palestiniens tués, majoritairement des civils, ont été tués dans la bande de Gaza dans la campagne militaire de représailles israéliennes, selon des données du ministère de la Santé du Hamas pour Gaza, jugées fiables par l'ONU. (Quid avec AFP)