Incendies de forêts : baisse spectaculaire de 86 % des surfaces touchées en 2024, selon l’ANEF

Incendies de forêts : baisse spectaculaire de 86 % des surfaces touchées en 2024, selon l’ANEF

Des canadairs en action lors des incendies de 2022

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Grâce à une stratégie de prévention renforcée, des conditions climatiques favorables et une mobilisation multisectorielle, le Royaume a connu en 2024, selon l’Agence Nationale de Eaux et Forêts (ANEF), une réduction sans précédent des surfaces forestières détruites par les incendies. À l'approche de l'été 2025, les autorités affûtent leur dispositif avec une enveloppe de 160 millions de dirhams pour consolider les acquis.

Un recul historique des incendies

C’est un chiffre qui témoigne d’un tournant dans la gestion des feux de forêts au Maroc : 874 hectares de surfaces forestières brûlées ont été recensés en 2024, contre 6.426 hectares en 2023, soit une baisse spectaculaire de 86 %. Ce recul s’élève même à 82 % comparé à la moyenne des dix dernières années, selon le bilan présenté par l’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF) lors de la réunion annuelle du Comité directeur national chargé de la prévention et de la lutte contre les incendies.

Le nombre total d’incendies s’élève à 382 pour l’année, une baisse également notable, même si la vigilance reste de mise sur l’ensemble du territoire. L’analyse montre que 45 % des zones incendiées concernent des herbes secondaires et des plantes saisonnières, limitant ainsi l’impact sur les massifs forestiers permanents.

Tanger-Tétouan en tête, Fès-Meknès plus affectée

La répartition géographique des incendies révèle des écarts significatifs entre les régions. La région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima a enregistré 123 foyers d’incendie, soit le plus grand nombre au niveau national, pour 346 hectares brûlés (32 % du total). Fès-Meknès arrive en tête des régions les plus touchées en termes de superficie avec 357 hectares détruits, représentant 41 % du total national.

Ces chiffres montrent que le risque n’est pas uniformément réparti sur le territoire, et que certaines zones restent particulièrement exposées en raison de leur densité végétale ou de leur activité humaine.

Prévention, réactivité et éducation : les clés du succès

L’année 2024 est qualifiée de "remarquable" par le directeur général de l’ANEF, Abderrahim Houmy, qui salue l’approche intégrée et participative mise en œuvre avec le soutien du ministère de l’Intérieur, de la Protection civile, des Forces Armées Royales et d’autres partenaires institutionnels. À cela s’ajoutent des conditions climatiques estivales plus clémentes, qui ont limité la propagation des feux entre juin et août.

Outre les dispositifs d’intervention rapide, l'ANEF a investi dans la sensibilisation du grand public. Près de 27.000 élèves et visiteurs ont été sensibilisés à travers des campagnes menées dans 240 écoles et 100 forêts urbaines à l’occasion de la Journée nationale de lutte contre les incendies de forêts (21 mai). Un effort pédagogique jugé essentiel pour impliquer la société civile dans cette lutte collective.

Une enveloppe de 160 millions DH pour 2025

Pour anticiper la saison 2025, l’ANEF déploiera un budget de 160 millions de dirhams pour renforcer le dispositif de prévention et d’intervention. Le plan inclut :

Le déploiement de patrouilles de surveillance et de systèmes d’alerte précoce, l’entretien et l’ouverture de pistes forestières et de pare-feux, la création de points d’eau dans les zones critiques, le reboisement ciblé dans les zones vulnérables, l’achat de véhicules d’intervention rapide et la modernisation des équipements.

Ces moyens visent à consolider les résultats obtenus en 2024 et à faire face aux effets du changement climatique qui rendent les saisons à venir plus imprévisibles.

Appel à la vigilance citoyenne

Les autorités ont rappelé l’importance du rôle des citoyens dans la prévention des départs de feu. Les campeurs, randonneurs, apiculteurs et bergers sont appelés à éviter toute utilisation du feu en zone forestière, surtout durant l’été. En cas de fumée, de flammes ou de comportements suspects, la consigne est claire : prévenir immédiatement les autorités compétentes.

À l’ère de l’urbanisation croissante, de la pression touristique et des aléas climatiques, le Maroc semble avoir trouvé un équilibre entre technologie, coordination institutionnelle et sensibilisation citoyenne. Mais le combat contre les incendies de forêts est loin d’être terminé. L’enjeu est de préserver durablement l’un des plus précieux patrimoines naturels du Royaume.

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