Jerada mobilisée pour une gestion durable et participative des eaux souterraines

Jerada mobilisée pour une gestion durable et participative des eaux souterraines

A Jerada la nappe phréatique d’Aïn Beni Mathar, ressource souterraine essentielle, souffre d’une exploitation croissante et d’un renouvellement de plus en plus lent

1
Partager :

Face à la raréfaction des ressources hydriques dans l’est du Maroc, une rencontre tenue à Jerada a mis l’accent sur l’urgence d’une gestion participative des nappes phréatiques. À l’initiative de l’Agence du bassin hydraulique de la Moulouya, cette journée de concertation autour de la nappe d’Aïn Beni Mathar a réuni responsables, élus, agriculteurs et acteurs locaux autour d’un même objectif : garantir la durabilité de l’eau pour les générations futures.

L’eau, une ressource vitale menacée

Mardi 16 juillet à Jerada, les regards étaient tournés vers la nappe phréatique d’Aïn Beni Mathar. Cette ressource souterraine essentielle souffre d’une exploitation croissante et d’un renouvellement de plus en plus lent, sous l’effet conjugué du changement climatique, de la sécheresse prolongée et d’une gestion parfois anarchique.

Chakib Belkaid, gouverneur de la province, a ouvert les travaux en rappelant les Hautes Orientations Royales appelant à la préservation du patrimoine hydrique. Il a insisté sur l’importance d’une approche intégrée et anticipative, fondée sur la concertation, la planification rigoureuse et la mobilisation de nouvelles sources, comme les eaux usées traitées.

Face à un recul préoccupant du niveau des nappes phréatiques, il a plaidé pour une meilleure coordination des politiques locales et pour l’opérationnalisation effective de la police de l’eau afin d’enrayer les prélèvements excessifs.

Un contrat pour protéger la nappe d’Aïn Beni Mathar

Narjiss Lamarti, directrice de l’Agence du bassin hydraulique de la Moulouya, a dressé un état des lieux alarmant. La nappe d’Aïn Beni Mathar, à l’image de nombreuses autres au Maroc, subit les effets directs du changement climatique et de l’inefficience de certaines pratiques agricoles.

Le contrat de nappe proposé vise à protéger cette ressource contre l’épuisement, réduire le déficit hydrique et encourager une exploitation raisonnée. Parmi les mesures prévues : l’instauration de règles d’exploitation strictes, la promotion de cultures économes en eau, le renforcement du cadre juridique et le développement de mécanismes de contrôle plus performants.

Cette approche veut impliquer tous les usagers de la ressource – collectivités, agriculteurs, institutions et société civile – afin de faire de la gestion de l’eau un véritable chantier collectif et pérenne.

Pour une agriculture sobre et résiliente

 Abderrahman Anflous, directeur provincial de l’agriculture, a souligné la nécessité de changer de paradigme dans les pratiques agricoles. Selon lui, la rationalisation de la consommation d’eau n’est plus un luxe, mais une nécessité absolue pour l’avenir du secteur.

Il a appelé à privilégier des cultures adaptées à la sécheresse, comme le cactus, et à promouvoir des techniques innovantes telles que l’hydroponie, qui permettent de réduire significativement les volumes d’eau utilisés pour produire du fourrage.

La rencontre, organisée en partenariat avec la préfecture de Jerada, a rassemblé des élus, des responsables judiciaires, des agriculteurs et des acteurs de la société civile. Elle a été marquée par des présentations sur les défis de l’approvisionnement en eau potable, les techniques d’irrigation moderne, et des témoignages d’agriculteurs ayant adopté le goutte-à-goutte avec succès.

Inscrite dans le cadre du Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation 2020-2027, cette initiative vise à instaurer un modèle de gestion durable et participatif des eaux souterraines. En impliquant directement les utilisateurs dans le suivi de l’exploitation de la nappe, le projet ambitionne de préserver un capital vital pour la région de Jerada, tout en promouvant un usage économe, équitable et responsable.

lire aussi