Khouribga célèbre 25 ans de cinéma africain : Joel Karekezi présidera un jury d’exception

Khouribga célèbre 25 ans de cinéma africain : Joel Karekezi présidera un jury d’exception

La 25è édition anniversaire adopte pour thème « Du griot à l’algorithme, le cinéma évolue », pour questionner l’impact des technologies émergentes, notamment l’intelligence artificielle, sur la création cinématographique

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Le Festival international du cinéma africain de Khouribga (FICAK) revient du 21 au 28 juin 2025 pour sa 25ᵉ édition, avec à sa tête le réalisateur rwandais Joel Karekezi. Evénement majeur du 7ᵉ art africain, il s’annonce riche en réflexions, en découvertes et en hommages, à l’heure où le cinéma croise les chemins de l’intelligence artificielle.

Un jury panafricain pour des ‘’noces d’argent’’

Le cinéaste rwandais Joel Karekezi, connu pour ses œuvres engagées sur la mémoire et la réconciliation, aura la lourde tâche de présider le jury officiel de la compétition des longs métrages. Il sera entouré de figures reconnues du monde du cinéma africain, dont le réalisateur marocain Mohamed Ahde Bensouda, l’actrice et journaliste malienne Some Fatoumata Coulibaly, la directrice du Festival de Bangui Sylviane Gboulou Mbapondo (République Centrafricaine), et le cinéaste sénégalais Clarence Thoms Delgando.

Cette composition traduit, selon les organisateurs, la volonté du FICAK de défendre un cinéma africain pluriel, engagé et ouvert aux nouvelles esthétiques.

Courts métrages, critiques et ciné-clubs : des jurys spécialisés

La compétition des courts métrages sera, quant à elle, présidée par le journaliste et critique de cinéma marocain Bilal Mermid. Il sera accompagné par l’acteur tchadien Youssouf Djaoro, visage incontournable du cinéma sahélien, et par Diara Moulidy, directrice du Festival international des femmes au Mali.

Le prix des festivals africains réunira François Akouabou Adianaga du FESPACO, Sylvie Nwet (Festival Yara, Cameroun) et Diaw Djibril (Festival Image du Fleuve, Mauritanie), tandis que le prix des ciné-clubs sera confié à Saber BenR’houma (Tunisie), avec Rachid Zaki (Maroc) et Daniel Atachali (Togo).

Côté critique, le jury sera dirigé par Bayili Nebilibie Abraham (Burkina Faso), accompagné de Pierre Patrick Touko (Cameroun) et Yasmine Bouchraf (Maroc).

Une programmation pour une Afrique plurielle

Pas moins de 15 longs métrages issus de 12 pays et 15 courts métrages représentant 13 pays sont en compétition pour cette 25ᵉ édition. Au programme : diversité des voix, profondeur des récits, regards croisés sur les enjeux du continent et valorisation de nouvelles écritures.

Six prix majeurs seront décernés pour les longs métrages :

Grand Prix Ousmane Sembene

Prix du jury Nour Eddine Saïl

Prix de la mise en scène Idrissa Ouédraogo

Prix du scénario Samir Farid

Prix du premier rôle féminin Amina Rachid

Prix du premier rôle masculin Mohamed Bastaoui

Chaque distinction porte ainsi le nom d’une figure emblématique du cinéma africain, en guise d’hommage aux bâtisseurs d’une mémoire filmée collective.

Du griot à l’algorithme : penser le cinéma de demain

Cette édition anniversaire adopte pour thème « Du griot à l’algorithme, le cinéma évolue », une manière de questionner l’impact des technologies émergentes, notamment l’intelligence artificielle, sur la création cinématographique.

Une conférence spéciale sera organisée autour de cette thématique, afin de décrypter les mutations que vit le 7ᵉ art face à l’essor du numérique. Entre tradition narrative et innovation technologique, le FICAK entend explorer les tensions, les promesses et les défis du cinéma africain contemporain.

La Mauritanie à l’honneur : regards croisés et liens culturels

Pays invité de cette édition, la Mauritanie sera mise à l’honneur à travers une série de projections spéciales, de rencontres et d’échanges. Cette invitation consacre l’importance du Maghreb saharien dans le tissu cinématographique africain et permet de renforcer les liens culturels régionaux.

Créé en 1977, le FICAK est aujourd’hui le **troisième plus ancien festival africain** consacré au cinéma sur le continent. Il s’impose comme un espace de dialogue entre les cinématographies du Sud, une plateforme de reconnaissance pour les talents émergents et un creuset de réflexion sur les dynamiques esthétiques et politiques du film africain.

En 25 éditions, Khouribga est devenue bien plus qu’une ville minière : elle est désormais un symbole de la passion cinéphile africaine, au cœur du Maroc.

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