La culture d’une région l’autre : Mémoire, identité, arts plastiques, cinéma, Éducation…

La culture d’une région l’autre : Mémoire, identité, arts plastiques, cinéma, Éducation…

L’artiste Ghany Belmaachi dévoilera du 23 septembre au 25 octobre son exposition « Now, Then and In Between » à la So Art Gallery. Cette série explore le temps, la mémoire et l’identité à travers des toiles

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Rabat réunit l’Afrique autour de l’apprentissage permanent

Rabat est devenue, le temps d’une semaine, le carrefour africain de la réflexion sur l’apprentissage tout au long de la vie. Du 16 au 18 septembre, responsables gouvernementaux, experts de l’UNESCO et délégués de plusieurs pays africains se sont donné rendez-vous pour préparer le sixième Rapport mondial sur l’apprentissage et l’éducation des adultes (GRALE 6), attendu en 2026. Cet atelier régional, organisé sous le thème « Apprentissage tout au long de la vie et droit à l’éducation », s’inscrit dans la continuité de la dynamique internationale initiée par la Conférence CONFINTEA VII, tenue à Marrakech en 2022 sous le Haut Patronage de SM le Roi Mohammed VI.

Un espace de réflexion pour renforcer les capacités africaines

L’atelier, fruit de la collaboration entre l’Institut de l’UNESCO pour l’apprentissage tout au long de la vie (UIL), la Fondation africaine pour l’apprentissage tout au long de la vie et le Royaume du Maroc, vise à outiller les pays africains pour mieux collecter et analyser les données sur l’éducation des adultes. Il s’agit de doter les décideurs d’outils leur permettant d’élaborer des politiques plus inclusives et efficaces.

Aziz Kaichouh, président de la Fondation africaine pour l’apprentissage tout au long de la vie, a rappelé que « l’apprentissage tout au long de la vie n’est pas une option mais un impératif ». Il a insisté sur la nécessité de proposer des opportunités flexibles d’éducation aux adultes, afin d’améliorer leur employabilité, leur inclusion sociale et leur épanouissement personnel. L’apprentissage continu, a-t-il ajouté, constitue une réponse aux bouleversements technologiques et économiques qui transforment le monde du travail.

L’éducation des adultes, pilier de la résilience sociale

La directrice de l’UIL, Isabell Kempf, a souligné que le GRALE 6 sera l’aboutissement d’un effort collectif impliquant les États membres de l’UNESCO, et qu’il repose sur une coopération fondée sur la solidarité. Le rapport GRALE, publié tous les trois ans depuis 2009, offre un panorama mondial de l’apprentissage des adultes et évalue la mise en œuvre des engagements internationaux. Il combine données statistiques, études de cas et recommandations pour orienter les politiques publiques.

Pour le Maroc, cet atelier prolonge l’élan donné par CONFINTEA VII, qui avait abouti à la création de la Fondation africaine pour l’apprentissage tout au long de la vie. Mme Alaoui, représentante du ministère de l’Éducation nationale, a mis en avant le rôle du Maroc comme catalyseur de la coopération Sud-Sud en matière d’éducation et de formation continue.

Mémoire, identité et créativité : la culture comme fil conducteur

En parallèle de cette réflexion sur l’éducation, la scène culturelle marocaine s’anime. À Casablanca, l’artiste Ghany Belmaachi dévoilera du 23 septembre au 25 octobre son exposition « Now, Then and In Between » à la So Art Gallery. Cette série explore le temps, la mémoire et l’identité à travers des toiles mêlant figuration et abstraction. Belmaachi capture des instants suspendus, où le passé et l’avenir se croisent, invitant le spectateur à une méditation sur la persistance du souvenir.

Ses œuvres, marquées par des superpositions de couches et des jeux de transparence, interrogent la mémoire individuelle et collective. Les silhouettes en métamorphose et les contrastes de lumière évoquent la fragilité des instants et la continuité des émotions humaines.

Cinéma et sport : un dialogue à Ifrane

La culture sera également à l’honneur à Ifrane et Azrou, où se tient du 17 au 21 septembre la 26e édition du Festival Cèdre Universel du court métrage. Cette année, le festival met en avant « Le sport dans le cinéma : Plongée dans la mémoire ». Des colloques et rencontres réunissent chercheurs, cinéastes et critiques pour explorer les représentations sportives dans le 7e art.

Des ateliers sur l’écriture de scénario, la réalisation et des master classes complètent ce programme, qui voit concourir 28 films venus du monde entier. Un documentaire consacré à la mémoire sportive marocaine sera projeté en ouverture, confirmant la vocation de ce festival comme lieu de mémoire et d’échange.

Ouezzane et Chefchaouen : le cinéma comme outil de transmission

À Ouezzane, le Festival des Journées du Cinéma a décerné son Grand Prix au film « Mora Youchkad » de Khalid Zairi, salué pour son harmonie narrative et son intensité émotionnelle. La manifestation a également récompensé Meryem Zaïmi, Oumaïma Barid et Hamid Zoughi pour leurs performances. En parallèle des projections, des colloques ont exploré l’histoire du cinéma marocain et de nouvelles publications ont été présentées, affirmant l’importance de la critique et de la transmission du savoir cinématographique.

Chefchaouen, quant à elle, s’est proclamée « capitale du cinéma vert » à l’issue de la 14e édition de son Festival international des films d’environnement. Le documentaire britannique « Wilding, Retour à la nature sauvage » y a remporté le Grand Prix, tandis que plusieurs productions marocaines et internationales ont été distinguées pour leur engagement écologique. L’événement ambitionne de faire du cinéma environnemental un levier de sensibilisation et d’éducation pour le développement durable.

Patrimoine et développement : l’appel d’Azemmour

Enfin, Azemmour a accueilli une conférence sur la préservation de la mémoire et du patrimoine architectural de la ville. Chercheurs, acteurs associatifs et autorités locales ont appelé à mettre en place des projets intégrés de réhabilitation, en impliquant la société civile et en valorisant les spécificités locales pour renforcer la régionalisation avancée.

Cette rencontre a débouché sur la signature d’un partenariat entre l’Association Doukkala et la Ligue de la société civile d’Azemmour, posant les bases d’une coopération en faveur d’un développement équilibré et durable.

Une convergence entre éducation, culture et mémoire

Ces événements, bien que distincts, dessinent une même ligne de force : la nécessité d’investir dans l’éducation, la culture et la mémoire collective pour renforcer la cohésion sociale et l’identité nationale. Qu’il s’agisse d’outiller les adultes pour s’adapter aux mutations économiques, de créer des espaces artistiques pour interroger notre rapport au temps, ou de projeter sur les écrans les récits qui nourrissent la conscience collective, le Maroc s’affirme comme un laboratoire vivant où se conjuguent apprentissage, créativité et préservation du patrimoine. Rabat, Casablanca, Ifrane, Ouezzane, Chefchaouen et Azemmour sont pour cette moitié du mois de septembre les maillons d’une même chaîne : celle qui relie le passé, le présent et l’avenir dans un mouvement continu d’émancipation.

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