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La Culture en Brèves: Aïta, théâtre universitaire et création libre de Qods Joundoul
La pièce marocaine "Jidar - La lumière se réfléchit plus profondément", mise en scène par Yassine Ahjam, est en lice au Festival international du théâtre libre d’Amman. Cette œuvre, écrite et jouée par Qods Joundoul (Photo), est une plongée poétique dans les méandres de l’identité, du manque et de la quête de soi.
De Casablanca à El Jadida, d’Amman à Mediouna, l’été 2025 s’annonce hautement artistique pour le Maroc. Le Festival de l’Aïta Marsaouia, le FITUC de Casablanca et la participation marocaine au Festival du théâtre libre en Jordanie offrent un kaléidoscope vivant des expressions populaires et scéniques du Royaume. Entre mémoire patrimoniale, diplomatie culturelle et quête introspective, les arts marocains affirment leur singularité, entre fierté et modernité.
Hommage à la mémoire vivante : L’Aïta Marsaouia en lumière
Du 18 juillet au 2 août, la 2e édition du Festival de l’Aïta Marsaouia s’installe à El Jadida, Mediouna et Casablanca sous le signe de la "fidélité à la mémoire, ouverture sur l’avenir". Initiée par le ministère de la Culture et la région Casablanca-Settat, cette manifestation s’attache à revaloriser l’Aïta, ce chant populaire ancestral, en croisant transmission, création et rayonnement.
Au programme : six soirées grand public, une master class inaugurale au Théâtre Afifi d’El Jadida, des concours de talents, des hommages et une conférence sur l’inscription de l’Aïta au patrimoine culturel immatériel mondial.
Le festival démarre avec une master class et un concert de jeunes talents baptisé "L’étoile de l’Aïta". Le lauréat se produira aux côtés de figures emblématiques comme Bouchaib Doukali ou Bouchaib Jdidi.
À Mediouna, les voix de Simo Kiza, Khalid El Bouazzaoui et Hamid Sarghini feront vibrer la place publique, suivies d’une deuxième soirée avec Siham El Mesfioua et Kamal Harimou. Casablanca accueillera, dans l’espace "Toro", les prestations des groupes Makhlif et Mazagan, de la star Hajib, ainsi que l’attendue prestation de Walid Rahmani et Abdelaziz Stati.
FITUC 2025 : le théâtre comme langage universel
Le Festival international de théâtre universitaire de Casablanca (FITUC) a cloturé sa 37e édition avec éclat. Organisé du 11 au 15 juillet sous le Haut Patronage Royal, il a réuni des troupes d’Italie, d’Allemagne, d’Arménie, de Tunisie et du Maroc autour du thème "Théâtre et diplomatie artistique et culturelle".
La pièce italienne "Histoires magnifiques pour le reste de la vie", mise en scène par Claudio Di Maglio, a remporté le Grand Prix et celui de la mise en scène. Le palmarès a salué les interprétations féminines de Freja Sande (Allemagne) et Wissal Ben Marzouk (Tunisie), et les interprétations masculines d’Ahmed Alaoui (Mohammedia) et Yassine Zarrouk (Settat).
Les pièces "Les Rêves de Juhajuha" et "La chanson de la panique" (Italie) ont partagé le prix du meilleur ensemble. Le prix de la scénographie est allé à "Filles de Californie" (Allemagne), et le prix spécial du jury à "À toi, mon enseignante" (Tunisie).
Le Président de l’Université Hassan II de Casablanca, Houssine Azeddoug, a salué l’engagement des jeunes artistes. La doyenne Leila Ameziane a mis en valeur le rôle du théâtre dans le dialogue interculturel. Mohamed Arhlimou, directeur du festival, s’est félicité de la maturité atteinte par le FITUC et de sa contribution à une scène universitaire engagée et exigeante.
Des ateliers sur l’art du masque, la transformation scénique ou le théâtre d’image ont également été organisés, confirmant le FITUC comme un haut lieu de formation et de partage.
"Jidar" à Amman : une introspection poétique
Parallèlement, la pièce marocaine "Jidar - La lumière se réfléchit plus profondément", mise en scène par Yassine Ahjam, est en lice au Festival international du théâtre libre d’Amman. Cette œuvre, écrite et jouée par Qods Joundoul, est une plongée poétique dans les méandres de l’identité, du manque et de la quête de soi.
Sur scène, trois personnages déambulent entre peur, espoir, silence et désir de communication. Le mur (« jidar ») qui les sépare devient symbole de tensions internes et sociales. La scénographie de Yassine Ezzaoui utilise lumières sombres et teintes symboliques pour créer un espace onirique et introspectif.
Portée par Amine Boudrika et Reda Benaïm aux côtés de Joundoul, la pièce concourt pour les principaux prix du festival jordanien, où se croisent cette année des créations venues de Syrie, Jordanie, Tunisie, Koweït, Oman et Italie.
Le Festival comprend également des ateliers de formation pour la jeunesse et rend hommage à des figures majeures du théâtre arabe. La présence marocaine y incarne une vision artistique exigeante et introspective, déployant une esthétique de la mémoire et du questionnement identitaire.