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La Culture en Brèves : Des histoires à ciel ouvert, des festivals, théâtre, carnaval et mémoire en mouvement
Rabat : La mémoire d'eau partagée au 22e Festival international "Maroc des contes" (Photo MAP)
Du Jardin d’Essais de Rabat aux ruelles de Tiznit, en passant par les pierres millénaires de Chellah et la scène vibrante de Berkane, l’été culturel marocain bat son plein. Festivals, contes, spectacles et carnavals tracent les contours d’une nation qui puise dans ses racines pour réinventer ses formes d’expression. Sous le signe de la mémoire, de l’eau, du patrimoine et du rêve collectif, ces manifestations incarnent la vitalité artistique du Royaume et son dialogue avec le monde.
Des contes qui font jaillir la source de l’imaginaire
Le 22e Festival international « Maroc des contes » s’est ouvert à Rabat dans l’écrin du Jardin d’Essais Botaniques. Sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, cette édition s’articule autour de la légende d’Isli et Tislit, dans un thème poétique : « Ton histoire est une eau, raconte-la, elle t’abreuvera ». L’eau, mémoire fluide et inépuisable, irrigue ainsi une semaine d’histoires, de chants et de dialogues venus des quatre coins du monde, avec la République du Panama comme invitée d’honneur.
La cérémonie d’ouverture a été marquée par un hommage à l’ambassadrice du Panama, Isbeth L. Queil Murcia, et aux porteurs d’eau marocains, les « Guerrab », véritables figures symboliques du patrimoine oral. La directrice du festival, Najima Tay Tay, a salué une édition à la croisée des cultures Sud-Sud, soulignant que le conte reste un acte de résistance poétique, de transmission, et de réenchantement du monde. Le festival se poursuit jusqu’au 13 juillet avec spectacles, ateliers, rencontres académiques et célébrations artistiques.
Théâtre, carnaval et mémoire en mouvement
À Tiznit, du 12 au 15 juillet, le théâtre descend dans la rue. Le carnaval international organisé par l’Association Tawassol pour la culture et l’art transforme la ville en scène à ciel ouvert. Maroc, Canada, France, Espagne… les troupes invitées tissent des fils entre improvisation, musique, danse et théâtre de rue. Des ateliers pour enfants, une table ronde sur « Théâtre et patrimoine », la présentation du livre *Les Mèches de Lumière* de Kamal Idrissi, ainsi que des hommages à des figures locales ponctuent cet événement vibrant et populaire.
À Rabat, c’est un autre type d’immersion qui attendait les spectateurs au site de Chellah. Le spectacle « Nostalgia, les émotions d’antan », sous le Haut Patronage royal, a transporté les visiteurs à travers les époques. Amazighs, Romains, Mérinides… l’Histoire s’y raconte par la voix de 300 artistes et techniciens réunis sous la direction du metteur en scène Amine Nassour. Le ministre de la Culture, Mohamed Mehdi Bensaid, a insisté sur la volonté d’étendre ce programme à d’autres sites du Royaume, valorisant ainsi à la fois le patrimoine et les métiers du spectacle vivant. L’actrice Zineb Ennajem évoque une « théâtralisation de la mémoire » mêlant chants, danses et récits incarnés.
Berkane : les arts populaires comme matrice de transmission
Du 17 au 19 juillet, la ville de Berkane accueillera le Festival des arts populaires de l’Oriental. Organisé en partenariat avec les autorités locales, cet événement inscrit sous le Haut Patronage de SM le Roi ambitionne de valoriser le patrimoine immatériel marocain. Trente troupes locales, nationales et africaines seront au rendez-vous, affirmant le rôle du Maroc comme trait d’union culturel au sein du continent.
Le programme prévoit également un colloque scientifique, des animations destinées à la jeunesse, ainsi que des hommages rendus à des figures engagées dans la transmission du patrimoine. Le ministère de la Culture voit dans ces festivals une réponse concrète à sa stratégie : faire de la culture un levier de développement régional et un creuset de cohésion sociale.
À travers ces rendez-vous, le Maroc confirme une fois encore que l’art, sous toutes ses formes, est le socle d’un récit commun toujours en mouvement. Il irrigue, comme l’eau des contes, les racines profondes d’une identité ouverte, plurielle et en constante régénération.