La situation épidémiologique est ''inquiétante'', mais n’explique pas la précipitation dans la fermeture de plusieurs villes

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La route de Tichka, lundi matin

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Rabat – Après coup et après l’annonce de la fermeture d’accès et de sortie de plusieurs villes dans le court délai de 8 heures, le ministre de la Santé, Khalid Aït Taled est sorti pour indiquer que « la situation épidémiologique liée à la pandémie de Covid-19 devient "inquiétante", compte tenu de l'augmentation des contaminations, des cas graves et des décès dus à la maladie ». 

Sans être un épidémiologiste émérite ou grand clerc, il fallait s’attendre à ce que le relâchement suite au déconfinement produise une hausse de la contamination et, en conséquence, des cas graves. Surtout, sinon on l’aurait su, la discipline n’est pas le bien commun le mieux partagé par les Marocains. Sans oublier que l’inobservance des mesures barrières n’est pas l’exclusivité du Maroc et on a assisté un peu partout, sans parler des Etats Unis ou du Brésil, cas particuliers, à un relâchement dans les comportements. Qu’il s’agisse de la France, de l’Espagne ou même de la Chine où l’autoritarisme est d’une rigueur sans merci, l’apparition de nouveaux clusters et la crainte d’un sérieux rebond de la pandémie sont devenues une préoccupation sérieuse.

On est donc dans le prévisible, et la décision sans préavis réaliste de fermer plusieurs villes dénote une certaine improvisation dont les incidences portent préjudice aux efforts consentis par le Maroc et les Marocains aussi bien qu’à l’aura et à l’autorité de l’Etat dont on voit des exemples désolants sur les réseaux sociaux.

Sans doute il était devenu nécessaire de mettre le holà et un terme au relâchement irresponsable. Il n’en demeure pas moins que depuis les premiers jours du déconfinement, on a constaté une hausse constante des cas de contamination jusqu’aux records des trois derniers et jours. Et s’il est vrai, comme le dit le ministre de la Santé, "le bilan des cas de contamination recensés en l'espace d'une semaine dépasse ce qui a été enregistré en quatre mois au Maroc", ce n’est pas un délai supplémentaire de 24 ou 36 heures pour permettre aux gens de prendre leurs dispositions afin de rejoindrer leurs ports d’attache, qui aurait aggravé irrémédiablement la situation. 

Pour rappel l'interdiction, annoncé aux alentours de 16 h dimanche 26 juillet, est entrée en vigueur le même jour à minuit. La rumeur selon laquelle une prolongation de 48 heures du délai a été accordée est dénuée de tout fondement. 

La décision conjointe, Intérieur –Santé, fermant plusieurs villes, concerne Tanger, Tétouan, Fès, Meknès, Casablanca, Berrechid, Settat et Marrakech.