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Le Maroc, au bout du suspense face à Haïti, passe aux choses sérieuses
Soufiane Rahimi (n° 9), du Maroc, célèbre le troisième but de son équipe lors du match du groupe C de la Coupe du monde de la FIFA 2026 opposant le Maroc à Haïti, disputé au stade d'Atlanta le 24 juin 2026 à Atlanta, en Géorgie. (Photo Kevin C. Cox/Getty Images/AFP)
Quid avec MAP et AFP
Menés à deux reprises par une équipe haïtienne libérée de toute pression, les Lions de l’Atlas ont trouvé les ressources pour s’imposer 4-2 à Atlanta et décrocher leur qualification pour les seizièmes de finale de la Coupe du monde 2026. Une victoire qui sans rassurer entièrement sur la profondeur de l’effectif marocain, a montré la montée en puissance de plusieurs cadres et la capacité du groupe de Mohamed Ouahbi à répondre présent dans les moments les plus délicats.

Le Marocain Gessime Yassine (n° 16) célèbre avec son coéquipier Achraf Hakimi (n° 2) après avoir inscrit le quatrième but libérateur lors du match du groupe C de la Coupe du monde de la FIFA 2026 opposant le Maroc à Haïti, disputé au stade d'Atlanta le 24 juin 2026 à Atlanta, en Géorgie.( Photo Kevin C. Cox/Getty Images/AFP
Un scénario à suspense jusqu’au bout
Le Maroc savait qu'un point lui suffisait presque pour poursuivre son aventure, mais Haïti, déjà éliminée, avait décidé de jouer sans calcul, pour l’histoire. Dès les premières minutes, les Grenadiers ont surpris les Lions de l’Atlas en ouvrant le score grâce à une action conclue par Lenny Joseph, le ballon étant finalement dévié dans ses propres filets par Yassine Bounou.
Loin de se désunir, les hommes de Mohamed Ouahbi ont accentué leur domination. Leur pressing haut, leur maîtrise technique et leur circulation rapide du ballon ont progressivement étouffé leurs adversaires. Pourtant, malgré une possession largement favorable et de nombreuses occasions, les Marocains ont longtemps buté sur Johny Placide, auteur d'une prestation remarquable pour son dernier match sous les couleurs haïtiennes.
Le tournant est finalement intervenu dans les dernières minutes d'une première période spectaculaire. Achraf Hakimi a d'abord remis les deux équipes à égalité avant que Wilson Isidor ne redonne aussitôt l'avantage aux Haïtiens d'une superbe frappe. Dans le temps additionnel, Ismaël Saibari a répondu immédiatement en inscrivant le but du 2-2, relançant totalement les Lions avant la pause, permettant aux Lions de rentrer en vestiaires rassurés sur leurs capacités.
Hakimi, capitaine exemplaire

Les Lions de l’Atlas saluent leurs supporters après la victoire 4-2 de leur équipe lors du match du groupe C de la Coupe du monde de la FIFA 2026 opposant le Maroc à Haïti, disputé le 24 juin 2026 à l'Atlanta Stadium, à Atlanta, en Géorgie. ( Phoro Kevin C. Cox/Getty Images/AFP)
Dans ce rendez-vous décisif, Achraf Hakimi a une nouvelle fois assumé son statut de leader. Très actif sur son couloir droit, le capitaine marocain a égalisé au meilleur moment avant de délivrer une passe décisive pour Saibari quelques instants plus tard.
Son influence s'est étendue bien au-delà des statistiques. Toujours disponible dans les transitions offensives, solide défensivement et constamment impliqué dans la construction du jeu, le latéral du Paris Saint-Germain a porté son équipe lorsque celle-ci traversait ses moments les plus délicats.
La FIFA l'a logiquement désigné homme du match, récompensant une prestation complète qui confirme sa place parmi les meilleurs joueurs de cette Coupe du monde. En zone mixte, Hakimi s'est montré prudent malgré la qualification, rappelant que Haïti représentait un adversaire difficile, sans pression et déterminé à créer l'exploit.
Saibari poursuit sa série historique
Déjà buteur contre le Brésil puis face à l'Écosse, Ismaël Saibari a une nouvelle fois trouvé le chemin des filets. Avec trois buts en trois rencontres, le milieu offensif confirme son excellente forme et entre dans l'histoire en devenant le premier joueur africain à marquer lors des trois matches de la phase de groupes d'une Coupe du monde.
Très disponible entre les lignes, dangereux dans ses projections et précis dans ses déplacements, le joueur du PSV Eindhoven s'impose comme l'une des grandes révélations du tournoi. Son efficacité offre au Maroc une arme offensive supplémentaire à l'approche des matches à élimination directe.
Sa montée en puissance illustre parfaitement l'évolution de cette sélection marocaine, capable de s'appuyer sur plusieurs joueurs décisifs sans dépendre d'une seule individualité.
Les remplaçants changent le destin du match
Si Hakimi et Saibari ont relancé le Maroc, ce sont les changements opérés par Mohamed Ouahbi qui ont définitivement fait basculer la rencontre.
Entré en jeu en seconde période, Soufiane Rahimi a rapidement fait parler son sens du but en donnant pour la première fois l'avantage aux Lions de l'Atlas à la 78e minute. Quelques minutes plus tard, Yassine Gessime a scellé le succès marocain en inscrivant le quatrième but libérateur.
À seulement vingt ans, l'attaquant de Strasbourg devient ainsi le plus jeune buteur marocain de l'histoire de la Coupe du monde, effaçant des tablettes le précédent record détenu par Youssef En-Nesyri.
Cette capacité du banc à influencer le résultat constitue l'un des principaux enseignements de cette rencontre. Les entrants ont apporté fraîcheur, intensité et efficacité au moment où Haïti commençait à accuser le coup physiquement.
Ouahbi mise sur la force du collectif
À l'issue de la rencontre, Mohamed Ouahbi a refusé de personnaliser le succès marocain. Le sélectionneur a préféré mettre en avant la qualité de son groupe et la complémentarité entre ses joueurs.
Selon lui, cette équipe ne distingue pas titulaires et remplaçants. Chaque élément est préparé à répondre présent lorsque les circonstances l'exigent, comme l'ont démontré Rahimi et Gessime.
Le technicien marocain estime que la principale richesse des Lions réside dans leur unité. L'objectif demeure inchangé : respecter tous les adversaires tout en abordant chaque rencontre avec l'ambition de la gagner.
Cette philosophie semble porter ses fruits. Après un nul prometteur contre le Brésil, une victoire maîtrisée face à l'Écosse puis ce succès renversant contre Haïti, le Maroc termine deuxième du groupe C avec sept points, à égalité avec la Seleção, devancée uniquement à la différence de buts.
Des statistiques qui confirment la domination
Au-delà du scénario spectaculaire, les chiffres témoignent de la maîtrise marocaine. Les Lions ont monopolisé le ballon avec près de 69 % de possession, tenté vingt-deux frappes contre dix à leurs adversaires, dont onze cadrées, tout en affichant une précision de passes de 88 %.
Ces statistiques traduisent une domination constante malgré les deux retards au score. Elles montrent également la maturité d'une équipe capable de conserver son plan de jeu sans céder à la précipitation.
La presse marocaine a largement salué cette performance, soulignant à la fois la qualité du jeu produit, la solidité mentale du groupe et la profondeur de l'effectif. Plusieurs médias rappellent également que le Maroc atteint pour la troisième fois de son histoire la phase à élimination directe d'une Coupe du monde, après les éditions de 1986 et 2022.
Cap sur Monterrey
La qualification ouvre désormais un nouveau chapitre. Le Maroc disputera son seizième de finale le 29 juin à Monterrey, au Mexique, face au premier du groupe F, dont l'identité reste à déterminer entre les Pays-Bas, le Japon et la Suède.
Quel que soit l'adversaire, les Lions de l'Atlas abordent ce rendez-vous avec de solides arguments. Leur animation offensive se montre de plus en plus efficace, leur banc apporte de véritables solutions et plusieurs individualités, à commencer par Hakimi, Saibari ou Bounou, évoluent à un très haut niveau.
Surtout, cette victoire contre Haïti rappelle une qualité essentielle des grandes équipes : savoir gagner même lorsque tout ne se déroule pas comme prévu. Menés à deux reprises, les Marocains n'ont jamais paniqué. Ils ont fait preuve de caractère, de patience et d'une remarquable force collective pour transformer un match piège en nouvelle démonstration de leurs ambitions dans ce Mondial 2026.