Laâyoune plateforme d’une Charte Atlantique africaine

Laâyoune plateforme d’une Charte Atlantique africaine

"Du Sahel à l’Atlantique : Laâyoune-Sakia El Hamra comme plateforme d’intégration territoriale et continentale".

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Réunis à Laâyoune à l’occasion du premier colloque international africain, chercheurs, universitaires et acteurs institutionnels ont plaidé pour la mise en place d’une charte Atlantique africaine de coopération et de complémentarité d’ici 2026. Une initiative ambitieuse portée par une vision stratégique de développement régional, continental et transatlantique.

Laâyoune, plateforme d’intégration du Sahel à l’Atlantique

À l’occasion de la célébration du 26e anniversaire de la Fête du Trône, le premier colloque international africain s’est tenu à Laâyoune sous le thème : "Du Sahel à l’Atlantique : Laâyoune-Sakia El Hamra comme plateforme d’intégration territoriale et continentale". Au terme des deux jours de débats, les participants ont appelé à l’élaboration d’une charte Atlantique africaine de coopération à l’horizon 2026, qui servirait de cadre structurant pour une coordination économique, logistique et administrative entre les pays riverains de l’Atlantique.

Inscrite dans une dynamique d’ouverture vers le continent africain et les rives atlantiques, cette charte entend favoriser une convergence des politiques publiques, à travers des mécanismes partagés et une législation unifiée dans les domaines douaniers, administratifs, logistiques et numériques.

Vers une harmonisation des politiques et des infrastructures

Les intervenants ont insisté sur la nécessité d’unifier les dispositifs douaniers et de moderniser les échanges de marchandises par la dématérialisation des services transfrontaliers. Objectif : optimiser le transport au sein de l’espace afro-atlantique et fluidifier les flux commerciaux. Dans ce sens, la région de Laâyoune-Sakia El Hamra a été présentée comme un pôle stratégique capable d’abriter une plateforme de réflexion, de planification et d’action pour l’intégration régionale et continentale.

Les panélistes ont également soutenu l’idée de créer un *Observatoire Atlantique* basé à Laâyoune. Cet organisme serait chargé du suivi des projets, de l’évaluation des impacts géo-économiques et de l’analyse des indicateurs de développement liés à la stratégie afro-atlantique. Un outil clé pour accompagner la mise en œuvre de l’Initiative Royale destinée à faciliter l’accès des pays sahéliens à l’océan Atlantique.

Mobiliser l’investissement pour transformer la région

Pour accompagner cette dynamique, les intervenants ont plaidé pour une mobilisation renforcée des ressources financières, en s’appuyant sur des partenariats public-privé. Ils ont proposé la création de fonds d’investissement communs destinés à soutenir des projets d’infrastructures régionales, notamment dans le transport, les énergies renouvelables et l’économie bleue. Une attention particulière a été accordée aux zones franches et aux plateformes logistiques, appelées à relier efficacement les territoires sahéliens à la façade atlantique.

La promotion de l’investissement privé dans les grands projets structurants est apparue comme une condition indispensable à la réussite de cette ambition intégratrice. Les participants ont mis l’accent sur le rôle des partenariats régionaux et internationaux dans la structuration de corridors économiques reliant l’intérieur du continent aux ports atlantiques.

Capital humain, formation et recherche : des leviers d’intégration

Au-delà de l’économie, le colloque a souligné l’importance de valoriser le capital humain africain dans cette dynamique intégrée. Les panélistes ont proposé la création d’une Académie commune de formation Afro-Atlantique, dédiée à des domaines clés comme la sécurité maritime, le commerce, les technologies numériques, les énergies et la logistique.

Ils ont également appelé à renforcer les échanges académiques et scientifiques entre les universités marocaines et africaines, à travers des programmes conjoints de recherche, des formations diplômantes et des initiatives de coopération universitaire. Cette démarche vise à former des compétences capables d’accompagner les mutations en cours et de piloter les transitions structurelles à l’échelle régionale.

Une ouverture sur l’Amérique latine et le partenariat Sud-Sud

Fidèle à la vision marocaine d’un partenariat Sud-Sud solidaire, le colloque a mis l’accent sur l’importance de tisser des liens avec les pays d’Amérique latine. Une ouverture vers l’espace transatlantique sud qui permettrait de créer des synergies économiques, culturelles et scientifiques, en s’appuyant sur des complémentarités stratégiques.

Dans cette optique, les intervenants ont encouragé une diplomatie économique proactive, capable de renforcer les alliances régionales et de structurer un nouvel axe afro-atlantique autour des principes de co-développement, d’équité et d’intérêt mutuel.

Un colloque à forte portée académique et territoriale

Organisé par la Chambre de commerce, d’industrie et de services de Laâyoune-Sakia El Hamra, en partenariat avec la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de Marrakech et le Laboratoire interdisciplinaire de recherche et d’étude en Management et Droit de l’entreprise, ce colloque a rassemblé un large panel d’universitaires, de doctorants et de chercheurs issus du Maroc et d’Afrique.

Les sessions plénières ont couvert des thématiques variées : gouvernance territoriale, intégration régionale, logistique, marketing, performance organisationnelle, transition numérique et résilience écologique. L’objectif était de croiser les regards pour faire émerger des pistes concrètes d’intégration et d’innovation au profit de la région de Laâyoune et, au-delà, de l’ensemble du continent africain.

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