Le gouvernement face aux revendications sociales des jeunes : entre écoute, réformes et nouvelles orientations

Le gouvernement face aux revendications sociales des jeunes : entre écoute, réformes et nouvelles orientations

De G à D : Le ministre de l’Inclusion économique, Younes Sekkouri, Le ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement et porte-parole du gouvernement, Mustapha Baitas et Abdeljebbar Rachidi, Secrétaire d’État chargé de l’Insertion sociale lors d’(Photo MAPun point de presse tenu à l’issue du Conseil de gouvernement du 21 octobre 2025 à Rabat

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Dans un contexte marqué par des mobilisations sociales dans plusieurs villes du Royaume, l’Exécutif multiplie les signaux d’ouverture et d’apaisement. Les membres du gouvernement, chacun dans son domaine, réaffirment leur volonté de dialoguer avec la jeunesse, d’accélérer les réformes sociales et de consolider les fondations institutionnelles. Santé, éducation, emploi, mais aussi urbanisme.

Un engagement affiché en faveur du dialogue et de l’écoute

Le ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement et porte-parole du gouvernement, Mustapha Baitas, a tenu à indiquer que l’Exécutif n’est pas resté sourd aux appels exprimés par la jeunesse. « Dès le début, le gouvernement a interagi de manière responsable avec les revendications sociales », a-t-il affirmé lors de son point de presse hebdomadaire. Baitas a insisté sur la nécessité d’un dialogue équilibré, qui suppose deux parties prêtes à s’engager dans une discussion constructive.

Il a notamment déclaré que le gouvernement avait mis en place une série de réformes dans les secteurs les plus sensibles. La santé publique, longtemps marquée par des carences structurelles, a bénéficié d’une hausse substantielle de son budget, passé de 20 à près de 32 milliards de dirhams. De même, l’éducation a vu son enveloppe atteindre plus de 80 milliards de dirhams, contre 50 milliards auparavant. Selon le ministre, ces chiffres ne sont pas qu’une donnée comptable : ils traduisent une prise de conscience réelle du retard accumulé et une volonté de replacer l’école et l’hôpital publics au cœur de l’offre nationale de services.

Au-delà des chiffres, Baitas a insisté sur la méthode : s’appuyer sur des données objectives, des évaluations transparentes et des dispositifs juridiques solides. L’enjeu est d’apporter des réponses concrètes, à la hauteur des attentes sociales, tout en inscrivant les réformes dans une dynamique durable.

Sekkouri : structurer les revendications pour bâtir un dialogue productif

Le ministre de l’Inclusion économique, Younes Sekkouri, a, pour sa part, insisté sur la nécessité de dépasser les slogans pour structurer un vrai débat. Selon lui, les protestations observées dans plusieurs villes ces derniers jours doivent être comprises comme une interpellation légitime d’une jeunesse qui aspire à davantage de justice sociale et d’opportunités.

« Nous devons passer du stade de l’expression spontanée à celui de la construction collective », a déclaré le ministre, regrettant les violences qui ont émaillé certains rassemblements et entraîné la mort de trois personnes. Pour Sekkouri, il est impératif de dresser une liste de revendications claires, discutables et hiérarchisées, afin de permettre au gouvernement d’y répondre par des politiques publiques adaptées.

Il a également souligné que plusieurs programmes en faveur des jeunes, déjà élaborés, attendent encore leur mise en œuvre. L’Exécutif se dit prêt à accélérer leur lancement, dans un esprit de transparence et de responsabilité. Dans son analyse, la majorité des jeunes qui sont descendus dans la rue l’ont fait de manière pacifique, rejetant explicitement toute forme de dérapage. Ce constat doit, selon lui, encourager le gouvernement à poursuivre l’ouverture d’espaces de dialogue permanents.

Abdeljebbar Rachidi : faire vivre le débat dans les institutions

Pour Abdeljebbar Rachidi, Secrétaire d’État chargé de l’Insertion sociale, l’enjeu est de traduire les revendications exprimées sur la place publique et dans l’espace numérique en débats institutionnalisés. À ses yeux, le Parlement, les partis politiques et même les conseils régionaux doivent devenir des lieux où s’élaborent des solutions collectives et durables.

Il a rappelé que la réforme des systèmes de santé et d’éducation bénéficie d’un large consensus national. Mais il a également reconnu que ces transformations prennent du temps et nécessitent un suivi rigoureux. Parmi les mesures en cours, il a cité le renforcement des inspections hospitalières et la consolidation des dispositifs de contrôle au niveau territorial, gages de crédibilité et d’efficacité.

Rachidi a insisté sur le fait que le gouvernement ne se limite pas à écouter : il entend établir un calendrier clair et honorer ses engagements. La jeunesse, a-t-il dit, doit trouver dans les institutions un espace où ses revendications ne se heurtent pas au silence, mais suscitent un débat et des décisions..

Des réformes institutionnelles pour renforcer la confiance

Le Conseil de gouvernement a également adopté plusieurs textes législatifs et réglementaires. Un projet de décret a redéfini les attributions et l’organisation du ministère de la Santé et de la Protection sociale, en abrogeant le cadre en vigueur depuis 1994. Son objectif selon le gouvernement : moderniser l’administration, l’adapter aux nouveaux défis sanitaires et sociaux, et lui donner les moyens de ses ambitions.

Dans le même esprit, un projet de loi a été adopté pour réformer le cadre juridique des lotissements, groupes d’habitations et morcellements. Cette réforme, présentée par la ministre de l’Aménagement du territoire et de la Politique de la ville, Fatima Ezzahra El Mansouri, vise à corriger les lacunes constatées dans la loi de 1990 et à offrir des solutions plus adaptées aux réalités urbaines et foncières. Elle répond aussi à des difficultés pratiques qui entravaient jusque-là la régulation du secteur.

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