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Le Juin culturel du Maroc
La ville de Fès accueille, du 3 au 8 juin, une exposition-installation intitulée « Courtyard San’a » (La Cour du San’a), à la galerie Dar Bacha Tazi. Porté par Culture Vultures, une initiative marocaine créée en 2009 et installée à Séfrou, le projet s’inscrit dans le prolongement du programme « La Cour du San’a », consacré à la valorisation du patrimoine immatériel et des métiers artisanaux
Expositions consacrées aux métiers d’art et initiatives universitaires à Fès, rendez-vous musicaux et programmation pluridisciplinaire à Tanger, l’hispanisme marocain à Meknès, ces manifestations mettent à l’honneur la création contemporaine, la valorisation du patrimoine et le dialogue entre les cultures.

Au Théâtre Riad Sultan à Tanger, la riche programmation de ce mois s’achèvera le 27 juin avec le vernissage de l’installation « Maisons de papier », œuvre explorant les thèmes de la mémoire, de l’appartenance et de la fragilité
À Fès, les savoir-faire artisanaux investissent les espaces culturels
La ville de Fès accueille, du 3 au 8 juin, une exposition-installation intitulée « Courtyard San’a » (La Cour du San’a), à la galerie Dar Bacha Tazi. Ce projet est le fruit d’un partenariat entre l’Institut français de Fès, l’association Fès Saïss et le Festival de Fès des musiques sacrées du monde.
Pensée comme un espace de rencontre entre artisans, créateurs et visiteurs, cette initiative rassemble des professionnels des métiers d’art autour d’un parcours immersif consacré aux savoir-faire traditionnels de la région. L’objectif est de mettre en lumière des pratiques artisanales profondément enracinées dans l’histoire culturelle de Fès, tout en créant des occasions de transmission entre générations.
Porté par Culture Vultures, une initiative marocaine créée en 2009 et installée à Séfrou, le projet s’inscrit dans le prolongement du programme « La Cour du San’a », consacré à la valorisation du patrimoine immatériel et des métiers artisanaux. L’exposition se distingue par son approche participative, mêlant installations, récits, démonstrations et rencontres.
Au-delà de la simple présentation d’objets ou de créations, « Courtyard San’a » entend raconter les parcours humains qui se cachent derrière chaque geste artisanal. Les visiteurs sont invités à découvrir les techniques, les histoires et les traditions qui nourrissent ces métiers, à travers des contenus présentés en direct mais également sous forme d’enregistrements audiovisuels.
Cette démarche témoigne d’un intérêt croissant pour les formes de médiation culturelle capables de rapprocher le public des artisans et de rendre visibles des patrimoines souvent transmis de manière informelle au sein des familles ou des ateliers.
Les jeunes talents au cœur de la vie culturelle fassie
La jeunesse occupe également une place centrale dans l’actualité culturelle de la capitale spirituelle. L’Université Euromed de Fès (UEMF) a récemment organisé la sixième édition de son concours artistique « UEMF’s Got Talent », devenu au fil des années un rendez-vous attendu de la vie estudiantine.
Cette manifestation a réuni de nombreux participants issus de différentes filières universitaires, venus présenter leurs talents devant un public particulièrement mobilisé. Durant la soirée, les prestations se sont succédé dans des registres variés : chant, danse, arts de la scène, performances créatives ou encore démonstrations artistiques originales.
Au-delà de la compétition, l’événement constitue un espace d’expression permettant aux étudiants de révéler des aptitudes souvent développées en dehors du cadre académique. Il contribue également à renforcer les liens au sein de la communauté universitaire en favorisant la rencontre entre étudiants de différentes nationalités et disciplines.
Selon l’université, cette sixième édition s’est distinguée par la qualité des performances et la diversité des univers artistiques présentés. L’initiative s’inscrit dans une politique plus large visant à promouvoir l’épanouissement personnel des étudiants et à intégrer pleinement la dimension culturelle dans la vie du campus.
Toujours à Fès, l’Institut français prépare déjà la célébration de la Fête de la musique, prévue le 21 juin. À cette occasion, l’établissement ouvrira sa scène aux jeunes artistes émergents de la ville.
Organisé en partenariat avec le Centre Kan Ya Makan Rdda, l’événement se déroulera en plein air sur l’esplanade de l’Institut français. Cette formule de scène ouverte permettra à de nouveaux talents de se produire devant le public et de partager leur univers musical dans un cadre convivial.
La manifestation entend favoriser les échanges entre artistes et spectateurs tout en offrant une visibilité à une nouvelle génération de musiciens. Elle s’inscrit dans la tradition de la Fête de la musique, qui privilégie la découverte, le partage et l’accès libre à la création artistique.
Meknès célèbre l’hispanisme marocain
La coopération culturelle entre le Maroc et l’Espagne sera également à l’honneur à l’automne prochain. La Faculté des lettres et des sciences humaines de Meknès accueillera, le 20 octobre, la deuxième édition de la Tribune des hispanistes marocains.
Cette rencontre est organisée conjointement par l’Ambassade d’Espagne au Maroc et l’Institut Cervantes. Elle vise à promouvoir l’étude de la langue espagnole ainsi que la recherche consacrée aux relations historiques et culturelles entre les deux pays.
L’invité principal de cette édition sera le chercheur, essayiste et traducteur marocain Ahmed El-Gamoun. Originaire de Khénifra, cet universitaire s’est imposé comme l’une des références de l’hispanisme marocain grâce à ses travaux sur la littérature espagnole, l’héritage andalou et les échanges culturels entre le Maroc et l’Espagne.
Son parcours académique est marqué par de nombreuses publications ainsi qu’une participation active à plusieurs revues scientifiques nationales et internationales. Son intervention permettra d’aborder les évolutions contemporaines des études hispaniques et les enjeux liés à la diffusion de la culture espagnole au Maroc.
Les organisateurs souhaitent faire de cette tribune un espace de réflexion et de dialogue entre chercheurs, enseignants et étudiants. L’événement contribue également à valoriser le rôle des hispanistes marocains dans le renforcement des passerelles intellectuelles et culturelles entre les deux rives de la Méditerranée.
Dans un contexte où les échanges universitaires et scientifiques occupent une place croissante dans les relations internationales, cette initiative confirme l’importance de la recherche et de l’enseignement des langues comme vecteurs de rapprochement entre les sociétés.
Tanger mise sur une programmation ouverte aux arts et aux débats de société
Dans le nord du Royaume, le Théâtre Riad Sultan de Tanger dévoile pour sa part une programmation particulièrement dense tout au long du mois de juin. L’établissement poursuit ainsi son ambition de faire de son espace un lieu de création, de réflexion et de dialogue culturel.
Les activités débuteront le 5 juin avec la projection du documentaire « Sous le Soleil », réalisé dans le cadre d’une collaboration entre Greenpeace, Roots et Brainhug Creative. Le film suit des jeunes venus de plus d’une centaine de pays réunis au Liban en 2023 pour débattre de justice climatique et imaginer des réponses aux défis environnementaux contemporains.
Le lendemain, le public sera invité à une soirée consacrée à la musique gnawa avec l’artiste Hind Ennaira. Ce concert proposera une rencontre entre patrimoine musical marocain et influences contemporaines.
Le théâtre accueillera ensuite, le 12 juin, le spectacle « Mamoun joue les sketchs de Raymond Devos », une création qui revisite l’univers singulier du célèbre humoriste français Raymond Devos. Cette représentation mettra à l’honneur l’humour fondé sur les jeux de langage, l’absurde et la poésie verbale.
La dimension intellectuelle ne sera pas absente de la programmation. Le 13 juin, une rencontre-débat intitulée « Le patrimoine d’une nation en question : enjeux et urgences » réunira chercheurs, spécialistes et acteurs culturels autour des problématiques liées à la préservation du patrimoine et à sa transmission.
Le dialogue des cultures constituera également l’un des fils conducteurs du programme avec le concert « De Tanger à La Havane : Latin Jazz et l’Orchestre andalou de Tanger », prévu le 20 juin. Cette création musicale fera dialoguer les traditions andalouses avec les rythmes latino-américains dans un esprit de rencontre entre les univers sonores.
Le théâtre consacrera par ailleurs plusieurs rendez-vous à l’engagement social à travers son partenariat avec l’association « 100 % Mamans ». Le 26 juin, une rencontre présentera le travail de cette organisation auprès des mères en situation de vulnérabilité. Une représentation théâtrale portée par les enfants accompagnés par l’association viendra compléter cette journée.
La programmation s’achèvera le 27 juin avec le vernissage de l’installation « Maisons de papier », œuvre explorant les thèmes de la mémoire, de l’appartenance et de la fragilité. Le même soir, l’artiste espagnole Marta Lunares présentera la performance flamenco « Mon corps, ma maison », réalisée avec la participation de femmes issues de l’association partenaire.
Parallèlement à ces événements, le Théâtre Riad Sultan poursuit son activité de formation grâce à plusieurs ateliers consacrés au théâtre, à la danse contemporaine et aux arts du cirque. Destinés aux enfants, adolescents et adultes, ces programmes visent à développer la créativité, l’expression personnelle et le travail collectif.
À travers cette programmation plurielle, l’établissement confirme sa place dans le paysage culturel tangérois en associant création artistique, sensibilisation citoyenne, transmission des savoirs et ouverture aux cultures du monde.