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Le Maroc, à la fois émetteur et récepteur des migrants, est un acteur-clé dans la régulation de la migration de main-d’œuvre en Afrique
La consultation de Nairobi entend élargir cette dynamique de légifération à l’ensemble du continent. Elle rassemble des parlementaires nationaux et régionaux, des représentants syndicaux et patronaux, ainsi que des experts en droits humains et en migration.
À Nairobi, le Parlement panafricain a lancé une consultation inédite sur une loi type visant à encadrer la migration de main-d’œuvre sur le continent africain. Le Maroc, représenté par la conseillère parlementaire Hanaa Benkhair, y défend sa vision d’une migration régulée, respectueuse des droits fondamentaux et soutenue par une coopération continentale accrue. En tant que pays de transit devenu aussi terre d’installation, le Royaume plaide pour une gouvernance équitable et solidaire de la mobilité humaine.
Une loi type pour une migration mieux gouvernée
Du 16 au 18 juin à Nairobi, la capitale kényane accueille une Consultation continentale stratégique sur la migration de main-d’œuvre, initiée par le Parlement panafricain (PAP), en partenariat avec la Commission de l’Union africaine (UA) et l’Organisation internationale du travail (OIT). L’objectif : poser les jalons d’un cadre législatif harmonisé, garantissant la protection des travailleurs migrants et facilitant leur intégration dans les sociétés d’accueil.
La conseillère parlementaire Hanaa Benkhair représente le Maroc à cette rencontre. Elle a souligné que la participation du Royaume illustre son engagement envers les dynamiques continentales et son ambition de contribuer à une Afrique plus intégrée, équitable et prospère.
« Le Maroc soutient une gouvernance responsable et solidaire de la migration de main-d’œuvre, dans une logique de codéveloppement », a-t-elle précisé dans une déclaration à la MAP. Ce cadre juridique unifié ambitionne de renforcer les droits fondamentaux des travailleurs migrants et d’accompagner l’intégration économique africaine.
Du pays de transit à terre d’installation
Mais derrière cette réflexion, se profile la migration de plus en plus intensive intra-africaine et extra-Afrique donnant parfois lieu à des politiques différentes selon les pays, de tentatives d’intégration et des expulsions massives.
Depuis deux décennies, le Maroc fait face à une mutation de sa géographie migratoire. Longtemps considéré comme simple pays de transit vers l’Europe, le Royaume est devenu un pays d’installation pour de nombreux migrants africains, en quête de stabilité économique et sociale.
Face à cette nouvelle réalité, les autorités marocaines ont engagé des politiques proactives de régularisation et d’intégration. Deux grandes campagnes de régularisation, en 2014 et 2017, ont permis à des dizaines de milliers de migrants subsahariens d’accéder à un statut légal, leur ouvrant les droits à l’éducation, à la santé et à l’emploi.
Des programmes spécifiques ont été lancés dans les régions du Sud du pays, notamment à Laâyoune, Dakhla ou Guelmim, pour accompagner les migrants dans leur insertion socio-économique. Associations locales, collectivités territoriales et ONG internationales y travaillent main dans la main pour favoriser un modèle d’intégration basé sur la dignité et la réciprocité. Reste à savoir jusqu’où peut aller la capacité du Maroc, lui-même émetteur de migrants, à absorber les flux migratoires.
Vers une gouvernance concertée de la migration africaine
La consultation de Nairobi entend élargir cette dynamique à l’ensemble du continent. Elle rassemble des parlementaires nationaux et régionaux, des représentants syndicaux et patronaux, ainsi que des experts en droits humains et en migration.
Au menu des débats : les défis juridiques de la migration de travail, les normes internationales, la lutte contre l’exploitation, la reconnaissance des qualifications professionnelles, mais aussi les mécanismes d’harmonisation des politiques migratoires entre États.
Pour le Parlement panafricain, cette loi type constitue une étape cruciale vers l’unification législative sur les questions migratoires. Elle facilitera non seulement la mobilité professionnelle intra-africaine, mais contribuera aussi à structurer les flux migratoires dans un esprit de justice sociale et de bénéfices partagés.
Le Maroc en éclaireur du Sud
Avec ses réformes avancées, sa diplomatie active et ses actions sur le terrain, le Maroc s’impose en dépit des insuffisances, comme un modèle africain en matière de gestion humaine de la migration. À travers sa participation active au Parlement panafricain, il joue un rôle moteur dans la construction d’un cadre africain qui concilie droits humains et développement.
À l’heure où les migrations interafricaines s’intensifient, poussées par les dynamiques démographiques, économiques et climatiques, le Maroc plaide pour des solutions concertées, solidaires et résolument panafricaines. Car au-delà des textes, c’est l’avenir de millions de travailleurs africains en mobilité qui est en jeu.