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Le Maroc au premier siège de l’Assemblée générale de l’ONU, cela veut dire quoi
Dag Hammarskjöld (à gauche), diplomate suédois, élu en 1953 nouveau secrétaire général de l’ONU, Nobel de la Paix, en compagnie de son prédécesseur Trygve Lie, homme d’État et diplomate norvégien, premier Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies de 1946 à 1952
Réuni en séance plénière à New York, une séance plénière des Nations unies a désigné le Maroc pour occuper le premier siège lors de sa 81e session qui s’ouvrira en septembre prochain. Ce tirage au sort annuel, à forte portée symbolique, est intervenu au cours d’une réunion marquée également par l’élection du ministre bangladais des Affaires étrangères, Khalilur Rahman, à la présidence de l’instance.
« Premier siège » : une tradition protocolaire de l’ONU
Le Royaume du Maroc occupera la première place dans l’hémicycle de l’Assemblée générale des Nations unies lors de la 81e session prévue en septembre. La désignation a été effectuée mardi à New York à l’issue du tirage au sort annuel conduit par le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, conformément aux usages de l’organisation.
Cette procédure, appliquée depuis près de huit décennies, détermine l’ordre protocolaire des délégations au sein de la salle de l’Assemblée générale. Le pays tiré au sort prend place au premier pupitre de la rangée alphabétique en anglais, tandis que l’ensemble des autres États membres est ensuite disposé selon l’ordre alphabétique à partir de ce pays.
Concrètement, avec le Maroc en tête de liste, les délégations seront appelées selon une séquence débutant par Morocco, puis Mauritania, Mexico, Micronesia et les autres États membres, avant de revenir aux pays précédant le Maroc dans l’alphabet.
Une pratique héritée des débuts de l’Organisation
Cette tradition remonte à 1947. Elle avait été proposée par le premier secrétaire général des Nations unies, Trygve Lie, afin d’éviter que certains États bénéficient systématiquement d’une visibilité accrue en raison de leur position alphabétique.
Le premier siège ne confère aucun privilège institutionnel particulier. Il n’accorde ni droit supplémentaire, ni influence accrue dans les délibérations, chaque État membre disposant d’une voix égale au sein de l’Assemblée générale.
Sa portée demeure essentiellement symbolique et protocolaire. Les délégations occupant les premières places bénéficient toutefois d’une visibilité plus importante lors des débats, des séances officielles et des retransmissions audiovisuelles des travaux onusiens.
Le tirage au sort constitue ainsi un mécanisme d’équité destiné à garantir une rotation régulière des positions les plus exposées dans l’enceinte de l’organisation.
L’Assemblée générale, cœur politique du multilatéralisme
Rassemblant les 193 États membres des Nations unies, l’Assemblée générale demeure l’un des principaux espaces de dialogue multilatéral au monde. Elle examine l’ensemble des questions relevant de la Charte des Nations unies, qu’il s’agisse de paix et de sécurité, de développement, de droits humains ou encore de coopération internationale.
Chaque État y dispose d’un vote, quelle que soit sa taille ou sa puissance économique. L’institution joue également un rôle majeur dans la gouvernance de l’organisation en approuvant son budget, en élisant les membres non permanents du Conseil de sécurité et en participant à la nomination du secrétaire général sur recommandation de ce dernier.
La séance plénière de mardi a également permis de procéder à l’élection des vice-présidents de la prochaine session. Parmi les pays appelés à exercer cette responsabilité figurent notamment les États-Unis, la Chine, la Russie, le Royaume-Uni, la France, l’Égypte, le Gabon et l’Afghanistan.
Khalilur Rahman élu à la présidence de la 81e session
L’autre moment fort de cette réunion a été l’élection du ministre bangladais des Affaires étrangères, Khalilur Rahman, à la présidence de la 81e session de l’Assemblée générale.
Le diplomate bangladais l’a emporté à l’issue d’un scrutin disputé, recueillant 99 voix contre 91 pour son concurrent, l’ambassadeur grec Andreas Kakouris. Il prendra officiellement ses fonctions à l’ouverture de la nouvelle session en septembre.
Antonio Guterres a salué l’arrivée d’un diplomate expérimenté à la tête de l’Assemblée dans un contexte international marqué par de multiples tensions. Selon le secrétaire général, cette élection intervient à un moment où l’organisation est confrontée à des conflits persistants, à des divisions géopolitiques, à l’aggravation des inégalités ainsi qu’aux conséquences croissantes du changement climatique.
Le chef de l’ONU a néanmoins souligné que le dialogue et la diplomatie demeurent des leviers essentiels pour rapprocher les positions et construire des réponses collectives aux défis mondiaux.
Restaurer la confiance dans le système multilatéral
Le thème choisi par Khalilur Rahman pour son mandat — « Restaurer la confiance, gérer la transformation : une ONU au service de tous » — s’inscrit dans cette volonté de renforcer le rôle du multilatéralisme à une période de fortes incertitudes.
Antonio Guterres a estimé que l’Assemblée générale conserve une responsabilité centrale dans la recherche de solutions communes et dans la traduction des engagements internationaux en actions concrètes. Il a également rendu hommage à la présidente sortante, l’ancienne ministre allemande des Affaires étrangères Annalena Baerbock, pour son action en faveur de la mise en œuvre du Pacte pour l’avenir adopté par les États membres.
À l’approche de la 81e session, l’ONU se prépare ainsi à ouvrir un nouveau cycle de discussions marqué par des enjeux complexes. Dans ce contexte, la désignation du Maroc au premier siège revêt une dimension symbolique particulière, inscrivant le Royaume au premier rang protocolaire de l’instance la plus représentative du système multilatéral.