Actu
Le Maroc en culture : du théâtre féminin à la danse ancestrale, une mosaïque d’expression vivante
A Taroudant, la danse ancestrale Taskiouine sera à l’honneur du 16 au 18 octobre. Inscrite au patrimoine immatériel de l’humanité par l’UNESCO, cette forme d’art collectif, mêlant rythme, souffle et chorégraphie guerrière, fait l’objet du cinquième Festival Taskiouine.
D’octobre à novembre, le Maroc se transforme en un vaste théâtre culturel. De Rabat à Taroudant, en passant par Boulemane et Sidi Kacem, festivals, concours et hommages révèlent la vitalité d’une scène artistique plurielle. Théâtre, cinéma, danse et produits du terroir s’entremêlent pour dresser le portrait d’un pays qui place la création, la mémoire et le développement humain au cœur de sa modernité.
Le corps des femmes en scène : la parole théâtrale libérée
À Rabat, du 17 au 21 octobre, la 3e édition du Festival international des femmes metteuses en scène “Jassad” — littéralement “Corps” — offre une tribune unique aux voix féminines du théâtre contemporain. Porté par l’association Théâtre Aquarium, avec le soutien du ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, l’événement réunit douze créations issues de neuf pays : Maroc, Espagne, Jordanie, Roumanie, Tunisie, Irak, France, Italie et Liban.
Cette édition, qui célèbre l’écriture théâtrale féminine comme enjeu artistique et social, met en lumière des autrices, metteuses en scène et chercheuses qui interrogent l’histoire et le devenir du théâtre au féminin. Les débats croiseront réflexions esthétiques et enjeux sociétaux, en présence du Conseil national des droits de l’Homme, qui ancrera cette démarche dans la perspective des libertés et de l’égalité.
Au-delà de la création, “Jassad” rend hommage à des pionnières du théâtre arabe et méditerranéen, dont la Libanaise Lina Abyad, figure majeure du théâtre engagé. Ce festival se veut un espace de partage et d’émancipation où le corps féminin, longtemps objet de discours, devient sujet de création, d’action et de réflexion.
Théâtre, cinéma et patrimoine : un automne en arts
Bien plus loin au nord de Rabat, à Tétouan, le rideau se lèvera du 14 au 21 novembre sur la 25e édition du Festival national du théâtre, rendez-vous majeur de la scène marocaine. Douze troupes ont été retenues pour la compétition officielle, représentant la diversité du paysage théâtral national — de Fès à Agadir, en passant par Marrakech, Khouribga ou Meknès.
Les pièces “Tkharchich”, “Al Harraz”, “Idam Assama”, “Rihla” ou “Ghoroub” témoigneront de la vitalité d’un théâtre marocain toujours en quête d’innovation. Le festival décernera plusieurs distinctions : prix de l’écriture, de la mise en scène, de la scénographie, de l’interprétation, ainsi que le Grand Prix du théâtre national.
Le 7 novembre, les projecteurs se déplaceront à Sidi Kacem pour le 25e Festival du court-métrage marocain. Dix films sont en compétition, parmi lesquels “Faragh” de Rachid Elamari, “Adahia” de Safae El Hajji ou “Ha Tkhammami” de Thami Bourekhis. Cette édition, dédiée à la mémoire du critique Abdelhak Mabchour, se veut un laboratoire du cinéma court, où jeunes réalisateurs et professionnels confirmés se rencontrent pour repenser le langage du film marocain.
Et pendant ce temps, à Taroudant, la danse ancestrale Taskiouine sera à l’honneur du 16 au 18 octobre. Inscrite au patrimoine immatériel de l’humanité par l’UNESCO, cette forme d’art collectif, mêlant rythme, souffle et chorégraphie guerrière, fait l’objet du cinquième Festival Taskiouine. Vingt-cinq troupes venues de tout le Souss rendront hommage à une tradition vivante que les ateliers du ministère de la Culture s’attachent à transmettre aux jeunes générations. Des figures historiques de la danse recevront également un hommage appuyé pour leur rôle dans la préservation de cet héritage rare.
Culture et développement local
Le Maroc en culture passe au sens propre et s’enracine dans la terre, la mémoire et le geste. À Boulemane, du 16 au 19 octobre, se tiendra la première édition du Festival du Safran et des Plantes Médicinales et Aromatiques, sur le thème “Produits du terroir… un levier pour un nouveau développement territorial”.
Organisé par l’Association pour le Développement de Boulemane, cet événement conjugue savoir-faire agricole, traditions locales et innovation durable. Expositions, conférences, formations et visites guidées mettront en lumière les potentialités économiques et écologiques de la région.
Au-delà de la mise en valeur du safran et des plantes médicinales, le festival ambitionne de renforcer les chaînes de valeur régionales et de promouvoir une économie sociale et solidaire. Il intègre pleinement les femmes rurales et les ayants droit dans les dynamiques de production, dans une logique d’inclusion et de durabilité.