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Le Maroc en culture : la diversité artistique et culturelle, de Tétouan à Bruxelles, le téhatre et la chorégraphie de Rabat à Agadir
Présentation d’une version revisitée de la pièce "El Harraz", au Théâtre National Mohammed V de Rabat, par la 35e promotion de l'Institut supérieur d'art dramatique et d'animation culturelle (ISADAC). 26/10/2025-Rabat
Le Maroc vit l’automne, au rythme d’un bouillonnement artistique. Du Festival du cinéma méditerranéen de Tétouan aux planches du Théâtre national Mohammed V à Rabat, des rues d’Agadir aux salons culturels de Bruxelles, le pays se raconte, s’exprime et rayonne à travers ses artistes, ses jeunes créateurs et sa diaspora. Cette mosaïque d’événements traduit une même ambition : faire de la culture un espace de dialogue, de mémoire et d’avenir partagé.
Tétouan : trente ans de passion pour le cinéma méditerranéen
La 30e édition du Festival du cinéma méditerranéen de Tétouan (FCMT) s’est ouverte en grande pompe au cinéma Español. Devant un public conquis, la soirée inaugurale a rendu hommage à deux figures du septième art : le réalisateur marocain Nabil Ayouch et l’acteur jordanien Eyad Nassar, salués pour leurs carrières engagées et leur regard humaniste sur la société.
Le président de la Fondation du Festival, Ahmed Housni, a rappelé la vocation de cette manifestation : être un pont entre les cultures du bassin méditerranéen, une tribune de création et de réflexion ouverte aux jeunes générations. Cette édition anniversaire, réunissant des cinéastes venus d’Europe et du monde arabe, aligne dix longs métrages et documentaires issus de huit pays, de Vermiglio ou La Mariée des Montagnes à Sonate nocturne d’Abdeslam Kelai, en passant par Le Lac Bleu de Daoud Aoulad-Syad.
Au-delà de la compétition, le FCMT propose des sections hommage, des projections de films cultes et des colloques explorant les grands thèmes du cinéma méditerranéen, de la géopoétique à la nouvelle vague féminine. Créé en 1985, le festival demeure un joyau culturel du Maroc, symbole d’une ville où les arts visuels dialoguent avec la mémoire et la modernité.
L’héritage d’El Harraz revisité à Rabta par la jeune scène
Le Théâtre National Mohammed V a vibré au rythme d’une représentation unique : une version revisitée d’El Harraz, chef-d’œuvre du répertoire marocain, portée par la 35e promotion de l’ISADAC. Mise en scène par Amine Nassour, cette adaptation modernisée rend hommage à l’œuvre de feu Tayeb Saddiki et Abdeslam Chraïbi, tout en révélant la vitalité des jeunes talents formés à l’Institut supérieur d’art dramatique et d’animation culturelle.
Cette reprise réinvente le classique à travers une esthétique contemporaine, mêlant scénographie, costumes, musique et jeu d’acteurs conçus par les étudiants eux-mêmes. Pour Amine Nassour, cette pièce s’inscrit dans une stratégie pédagogique visant à confronter les étudiants à la fois à l’universel et au patrimoine national.
La directrice de l’ISADAC, Latifa Ahrar, a souligné que cette formation hybride, mêlant théorie et pratique, prépare les futurs professionnels du spectacle vivant. En remettant à l’honneur le Malhoun, poésie populaire au cœur d’El Harraz, les étudiants renouent avec la tradition tout en l’adaptant aux sensibilités contemporaines.
Bruxelles : la mémoire marocaine à l’honneur
À Bruxelles, la commune de Saint-Gilles a célébré une journée dédiée à la culture marocaine sous le signe de la mémoire partagée. Organisée avec le Consulat général du Maroc, cette première édition a mis en lumière les arts, la musique et les traditions du Royaume.
Une tente sahraouie a recréé l’ambiance des provinces du Sud, symbole d’hospitalité et de transmission. Le Bourgmestre Jean Spinette a salué la communauté marocaine pour sa contribution essentielle à la vie économique et culturelle belge, tandis que le Consul général Hassan Touri a rendu hommage aux pionniers de l’immigration marocaine des années 1960 et 1970.
La manifestation a également mis en avant la création artistique belgo-marocaine, avec des expositions, des projections et des concerts mêlant chaâbi, gnawa et musiques du monde.
Agadir : la jeunesse chorégraphique en mouvement
Du 30 octobre au 3 novembre, Agadir accueillera la deuxième édition du Festival national des jeunes chorégraphes. Né de phases éliminatoires régionales, l’événement réunira des danseurs venus de tout le Royaume, dans les catégories de chorégraphie individuelle et collective.
Le programme prévoit des ateliers, des performances de rue et des débats autour des nouvelles esthétiques corporelles. Selon la direction régionale de la Jeunesse à Souss-Massa, ce rendez-vous s’inscrit dans la mise en œuvre des Hautes Orientations Royales en faveur de l’autonomisation des jeunes et de la promotion des talents culturels.
Tanger : le cinéma marocain aà son rendez-vous annuel
Du 17 au 25 octobre, Tanger a accueilli la 25e édition du Festival national du film, marquée par un record de participation avec 2.500 accréditations et 6.500 spectateurs. Organisé par le Centre Cinématographique Marocain, le festival a réuni professionnels et institutions africaines et européennes, tout en intégrant un espace dédié aux nouvelles écritures cinématographiques.
Deux hommages ont marqué cette édition : l’un au réalisateur Ahmed Maanouni, auteur du film culte Al Hal, et l’autre à la comédienne Fatima Atif, saluée pour sa carrière exemplaire.