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Le Maroc en culture : Théâtre, cinéma, solidarité, livres et scènes partagées
Le Festival international maghrébin du film d’Oujda démarre sa 14e édition à Oujda
L’automne culturel est marqué par la convergence d’événements majeurs dans les domaines du spectacle vivant, du cinéma, du livre et de la musique. De la tournée solidaire de la comédie musicale « Piaf, Invités et Héritiers » à la 14e édition du Festival international maghrébin du film d’Oujda, en passant par le Salon régional du livre de Midelt, le Festival Issni N’Ourgh du film amazigh à Agadir, la consécration marocaine aux Écrans Noirs de Yaoundé, ou encore le Congrès mondial du flamenco, c’est une diversité de propositions qui anime la scène culturelle.
La solidarité en musique : « Piaf, Invités et Héritiers »
À partir d’avril 2026, le rideau se lèvera sur une tournée nationale originale : « Piaf, Invités et Héritiers », une comédie musicale placée sous le signe de la solidarité avec les enfants défavorisés. Coproduite par l’auteure et productrice Maïa Vion et l’association Les Enfants de l’Ovale Maroc (EDOM), cette initiative, placée sous l’égide du département de la Culture, conjuguera art et engagement social.
La tournée passera par Casablanca, Marrakech, Fès, Meknès, Tanger, Agadir, Mohammedia et Rabat, où se déroulera la première représentation. Dix galas de bienfaisance sont programmés afin de financer l’extension des infrastructures éducatives et sportives d’EDOM dans la commune de Mers El Kheir, préfecture de Skhirate-Témara.
Au-delà de l’hommage à Édith Piaf et à son héritage universel, le projet vise à révéler de jeunes talents marocains, tout en rappelant que la culture peut être un instrument concret de solidarité. Chanter Piaf pour financer l’éducation et le sport de centaines d’enfants défavorisés : une idée simple, mais puissante, qui met en lumière l’art comme vecteur de justice sociale.
Le cinéma maghrébin et ses passerelles : Oujda à l’heure du 7e art
À Oujda, le Théâtre Mohammed VI s’est illuminé pour accueillir la 14e édition du Festival international maghrébin du film. Le thème choisi, « Des écrans de cinéma, se bâtissent des ponts et se racontent les causes », résume l’ambition d’un rendez-vous qui, jusqu’au 5 octobre, réunit cinéastes, acteurs et producteurs marocains et étrangers.
La cérémonie d’ouverture a rendu hommage à trois figures emblématiques : le compositeur libanais Marcel Khalifé, icône de la musique arabe engagée ; l’acteur marocain Rabii Kati, visage familier du grand et du petit écran ; et l’actrice Soumaya Akaaboune, qui a su s’imposer entre le Maroc et l’international. Dix-huit films, longs et courts métrages, concourent dans la compétition officielle.
Le jury des longs métrages est présidé par l’universitaire marocain Omar Halli, accompagné notamment de la Burkinabè Maïmouna Ndiaye, actrice et réalisatrice, et de l’Américaine Florence Martin, spécialiste en études cinématographiques. Du côté des courts métrages, le jury conduit par Mohamed Bouzkou témoigne de la diversité des regards, avec la participation de cinéastes de Jordanie, de Tunisie et du Kazakhstan.
Au-delà des projections, cette édition propose des conférences, des masterclasses et des ateliers, confirmant le rôle du festival comme espace de réflexion et de formation. À Oujda, le cinéma devient passerelle, dialogue et cause partagée.
Lire et transmettre : Midelt célèbre le livre
Pendant ce temps, Midelt accueille la 8e édition de son Salon régional du livre. Placée sous le thème « La lecture nourrit l’esprit et renforce l’identité nationale », la manifestation, organisée par la Direction régionale de la Culture de Drâa-Tafilalet, met à l’honneur 28 exposants venus d’horizons divers : institutions publiques, maisons d’édition, écrivains locaux.
Cette rencontre, qui se poursuit jusqu’au 5 octobre, combine expositions, lectures de poésie, séminaires et ateliers pour enfants. La dimension éducative y est centrale : des hommages ont été rendus à des élèves ayant représenté la région lors de compétitions de lecture.
Le salon s’ouvre aussi aux institutions sociales, avec des activités prévues à la prison locale de Midelt, rappelant que la lecture peut jouer un rôle décisif dans l’intégration et la réinsertion. Ici, la culture ne se réduit pas à un espace de savoir : elle devient vecteur de dignité et de cohésion.
Agadir : le cinéma amazigh à l’honneur
À Agadir, le Festival Issni N’Ourgh International du Film Amazigh (FINIFA), qui tiendra sa 16e édition du 1er au 5 octobre, mettra en avant le cinéma amazigh dans toute sa diversité. Trois compétitions rythmeront l’événement : la compétition officielle amazighe, dédiée à la fiction, au documentaire et à l’expérimental ; la compétition internationale, ouverte aux cinéastes du monde ; et le Prix national de la culture amazighe.
Organisé en partenariat avec le Conseil régional Souss-Massa, la Commune urbaine d’Agadir, l’IRCAM et le Centre cinématographique marocain, le FINIFA se veut un espace de reconnaissance et de rayonnement. Ses jurys, composés de personnalités diverses, auront la tâche de valoriser les talents émergents et de renforcer le lien entre tradition, modernité et création contemporaine.
Le festival rappelle que le cinéma amazigh, longtemps marginalisé, s’affirme désormais comme un langage universel capable de traverser les frontières.
Une consécration marocaine en Afrique centrale
Le cinéma marocain rayonne aussi hors de ses frontières. À Yaoundé, le film « Carved By the Wind » de Layla Triqui a remporté le Grand prix de la 29e édition du festival Écrans Noirs. Ce long métrage de 1h39, inscrit dans la compétition internationale, a séduit le jury par sa puissance visuelle et narrative.
La participation marocaine comprenait également « This Jungo Life », coproduction entre l’Australie, le Maroc et le Soudan, ainsi que deux courts métrages : « Absence » de Faical Hlimi et « 2002, bataille contre l’oubli », coproduction sénégalo-marocaine.
La présence marocaine s’est affirmée jusque dans les jurys, avec Sofia Aghilas à la tête de la catégorie courts métrages, et les cinéastes Cherqui Ameur et Iz-Eddine Gourriran dans les sections longs métrages. Fondé en 1997, Écrans Noirs constitue l’un des plus grands rendez-vous du cinéma panafricain, et la distinction de Layla Triqui confirme la place croissante du Maroc dans le paysage cinématographique continental.
Le théâtre des jeunes, une pépinière d’avenir
Tanger a vibré au rythme de la jeunesse avec la clôture du Festival national du théâtre des jeunes. La pièce « Tamghra » (Les Noces), présentée par la troupe Tafilart de Drâa-Tafilalet, a remporté le Grand Prix ainsi que plusieurs distinctions, dont celle de la mise en scène et du texte théâtral.
Le jury a salué une création marquée par l’excellence et la maîtrise des techniques scéniques. D’autres prix ont distingué des troupes venues de toutes les régions du Royaume, confirmant la richesse et la diversité de la création théâtrale marocaine.
Au-delà des récompenses, le festival a offert un espace de dialogue et de formation, avec des ateliers thématiques destinés à renforcer les compétences des jeunes. Abdelouahed Azibou Mokrai, directeur régional de la jeunesse, a rappelé que le théâtre peut jouer un rôle moteur dans l’emploi des jeunes et leur intégration socio-professionnelle.
Le flamenco, invité de marque
Enfin, le Congrès mondial du flamenco s’invitera en octobre dans huit villes marocaines, de Rabat à Larache, en passant par Marrakech, Tétouan ou Agadir. Organisé par l’ambassade d’Espagne et l’Institut Cervantes, il propose quatorze spectacles portés par des artistes de renom.
Le programme reflète la richesse du flamenco contemporain, ouvert aux fusions musicales et aux explorations chorégraphiques. De « De Barrios a Lorca », qui mêle jazz et rythmes latins, à « Sin más » de Mercedes de Córdoba, en passant par un hommage à Pepe Marchena, le public marocain pourra découvrir toute la profondeur d’un art inscrit au patrimoine immatériel de l’humanité. La clôture sera marquée par la prestation prestigieuse du Ballet Flamenco de Andalucía.