Le PLF 2026 trace les lignes d’un développement inclusif et territorial

Le PLF 2026 trace les lignes d’un développement inclusif et territorial

La ministre de l'Économie et des Finances, Nadia Fettah, présente en séance plénière conjointe des deux chambres du Parlement, les principaux axes du projet de loi de finances pour l’exercice 2026. 20/10/2025-Rabat (Photo MAP)

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Présenté devant les deux Chambres du Parlement, le projet de loi de finances (PLF) 2026, exposé par la ministre de l’Économie et des Finances Nadia Fettah, incarne la continuité d’un cap économique et social fondé sur la justice, la cohésion territoriale et la performance. Doté d’un effort d’investissement public record de 380 milliards de dirhams, le PLF 2026 ambitionne de transformer la dynamique nationale autour du “Maroc Émergent”. Entre consolidation des réformes structurelles, nouvelles politiques régionales et accélération des chantiers d’infrastructures, il s’inscrit dans une trajectoire de croissance maîtrisée et d’équilibre social durable.

Un projet de finances au service du “Maroc Émergent”

Dans une séance plénière commune entre les deux Chambres, Nadia Fettah a dressé les grandes lignes d’un projet budgétaire qui se veut à la fois ambitieux et réaliste. Le PLF 2026 repose sur quatre piliers : la consolidation des acquis économiques, le lancement de la nouvelle génération de programmes territoriaux intégrés, la poursuite des réformes sociales et structurelles, et la préservation des équilibres financiers.

La ministre a rappelé que ce cadre global vise à concrétiser la vision du “Maroc Émergent”, un modèle fondé sur la justice sociale et la cohésion territoriale. L’ambition affichée est de garantir à chaque citoyen un accès équitable aux opportunités économiques et aux services publics, tout en renforçant la compétitivité du pays face aux mutations mondiales.

L’investissement public, estimé à près de 380 milliards de dirhams, constitue l’un des leviers majeurs de cette stratégie. Il vise à accélérer la réalisation des grands chantiers structurants et des stratégies sectorielles, tout en stimulant le développement territorial par une approche spatiale intégrée.

Infrastructures et logistique : le socle du développement territorial

Les priorités du PLF 2026 s’articulent autour de la consolidation des infrastructures et du renforcement de la connectivité du Royaume. Mme Fettah a insisté sur “l’accélération de l’exécution des projets structurants”, citant notamment l’extension des aéroports, le développement de la flotte aérienne nationale, la poursuite des projets ferroviaires et autoroutiers, et la mise en service prochaine des ports de Nador West Med et de Dakhla Atlantique.

Ces chantiers, véritables épines dorsales du développement territorial, traduisent une volonté de mieux relier les régions, de fluidifier les échanges et de soutenir l’essor logistique du Maroc, notamment dans la perspective des grands événements sportifs à venir comme la Coupe d’Afrique des Nations 2025 et la Coupe du Monde 2030.

Le gouvernement prévoit également de poursuivre les efforts pour garantir l’approvisionnement en eau potable, en particulier dans les zones à déficit hydrique, tout en développant les filières stratégiques liées à la transition énergétique et à l’économie verte.

 Santé, éducation et emploi : un État social consolidé

Le PLF 2026 renforce nettement l’effort budgétaire en faveur des secteurs sociaux. Une enveloppe de 140 milliards de dirhams, en hausse de 21 milliards par rapport à 2025, sera consacrée à la santé et à l’éducation, avec la création de plus de 27.000 postes budgétaires dans ces deux domaines.

Dans le secteur de la santé, le gouvernement prévoit la mise en service des CHU d’Agadir et de Laâyoune, le parachèvement du chantier de l’hôpital universitaire Ibn Sina de Rabat et la poursuite de la construction de nouveaux CHU à Béni Mellal, Guelmim et Errachidia.

Du côté de l’éducation, le plan met l’accent sur la généralisation du préscolaire, l’élargissement des Écoles pionnières et la réforme globale du système universitaire. Objectif : élever la qualité de la formation, renforcer la gouvernance et aligner les cursus sur les besoins du marché de l’emploi.

L’État social, autre pilier majeur, se consolide à travers la généralisation de l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO), couvrant désormais 32 millions de citoyens, soit 88 % de la population. Pour 2026, le budget de l’État prendra en charge les cotisations de près de 11 millions de personnes démunies, pour un coût global de 10,5 milliards de dirhams.

Pouvoir d’achat et logement : un soutien maintenu aux ménages

Le PLF 2026 confirme la continuité du programme d’aides sociales directes, qui bénéficie aujourd’hui à 3,9 millions de ménages. Seules 1,3 % des demandes sont rejetées chaque mois, signe d’un système transparent et performant.

Le gouvernement poursuit également le programme d’aide directe à l’acquisition du logement principal : plus de 68.000 familles ont déjà bénéficié d’un appui financier dépassant 5,6 milliards de dirhams. Ces efforts s’inscrivent dans une politique plus large de soutien au pouvoir d’achat, de stabilisation des prix des produits de base et d’amélioration des conditions de vie.

Sur le plan territorial, le gouvernement consacre une enveloppe de 2,8 milliards de dirhams au Programme national de développement intégré des centres ruraux émergents, ciblant 36 centres pilotes. Cette mesure vise à réduire les disparités sociales et à renforcer la cohésion territoriale par des investissements de proximité.

 Investissement, réformes et gouvernance : un cadre de confiance

Le PLF 2026 s’inscrit dans la continuité des réformes engagées pour renforcer la compétitivité et améliorer le climat des affaires. Mme Fettah a réaffirmé la volonté du gouvernement de dynamiser l’investissement privé à travers la mise en œuvre effective de la Charte de l’investissement, la consolidation du rôle du Fonds Mohammed VI pour l’Investissement (FM6I) et la réforme du secteur financier.

Le FM6I connaît une montée en puissance notable. À travers ses participations dans les fonds sectoriels et les partenariats avec des investisseurs nationaux et étrangers, il a déjà mobilisé plus de 19 milliards de dirhams et contribué à la création de près de 1.900 emplois. De nouveaux produits, comme “CapAccess” et “Cap Hospitality”, soutiennent respectivement les PME et le secteur touristique dans leur transformation et leur modernisation.

Le Fonds a également engagé des investissements structurants dans l’énergie et l’eau, notamment à travers des participations dans la centrale électrique de Tahaddart et un consortium maroco-émirati dédié à la sécurité hydrique et énergétique.

Dans le domaine de la gouvernance budgétaire, la réforme de la loi organique des finances (LOF) se veut un tournant. Elle repose sur trois axes : améliorer l’efficacité des politiques publiques, renforcer la soutenabilité budgétaire et consolider le rôle du Parlement dans la planification et le suivi de l’action financière de l’État.

Des perspectives économiques solides et maîtrisées

Le rapport économique accompagnant le PLF 2026 affiche un optimisme mesuré : une croissance de 4,6 % est attendue, soutenue par une production céréalière estimée à 70 millions de quintaux, une hausse de 7,9 % de la valeur ajoutée agricole et une progression de 4 % des activités non agricoles.

Les secteurs secondaire et tertiaire devraient croître respectivement de 3,7 % et 4,2 %, tandis que la demande intérieure poursuivrait sa dynamique, tirée par l’investissement (+6,6 %) et la consommation des ménages (+3,7 %).

Les exportations des biens et services devraient croître de 8,2 %, portées par l’automobile, l’aéronautique et l’électronique. Les importations, elles, augmenteraient de 8,4 %, en raison notamment de la hausse des produits alimentaires et des biens d’équipement.

Le PIB, aux prix courants, devrait enregistrer une croissance de 6,7 %, confirmant la résilience de l’économie marocaine malgré les tensions internationales et les aléas climatiques.

Une trajectoire budgétaire maîtrisée

La note de présentation du PLF 2026 fait état d’un besoin de financement résiduel en nette diminution, à 48,74 milliards de dirhams, soit une baisse de 23 % par rapport à 2025.

Les charges de l’État atteignent 761 milliards de dirhams, tandis que les ressources progressent de 8,3 %, pour s’établir à 712 milliards. Le déficit budgétaire s’améliore, passant de 126,36 milliards en 2025 à 107,57 milliards en 2026, confirmant la rigueur de la gestion publique.

La répartition des investissements publics illustre la diversité des leviers : 179,7 milliards pour les entreprises et établissements publics, 132,8 milliards pour le budget général et les comptes spéciaux du Trésor, 45 milliards pour le Fonds Mohammed VI et 22,5 milliards pour les collectivités territoriales.

Ces moyens sont destinés à renforcer les infrastructures énergétiques, hydriques et numériques, à soutenir les programmes agricoles et sociaux, et à moderniser les réseaux de transport et d’assainissement.

L’État employeur et investisseur social

Le PLF 2026 prévoit la création de 36.895 postes budgétaires, dont 13.000 pour le ministère de l’Intérieur, 8.000 pour la Santé, 5.500 pour la Défense, 2.600 pour les Finances et 2.020 pour l’administration pénitentiaire.

À ces chiffres s’ajoutent 19.000 postes supplémentaires au profit des Académies régionales de l’éducation et de la formation (AREF), ainsi que 600 postes pour la régularisation des enseignants titulaires de doctorats.

Ce volume de recrutements traduit la volonté du gouvernement d’accompagner la transformation de l’État social par un renforcement qualitatif des ressources humaines et une meilleure couverture territoriale des services publics.

Vers un Maroc de l’équité et de la durabilité

En présentant le PLF 2026, Nadia Fettah a défendu un projet de continuité, d’adaptation et de projection. Le Maroc, a-t-elle affirmé, “s’avance avec confiance vers un modèle de développement alliant efficacité économique et équité sociale”.

Le document budgétaire ne se limite pas à chiffrer des dépenses : il s’inscrit dans une philosophie globale du progrès partagé, où l’investissement est perçu comme un moteur d’inclusion.

La régionalisation avancée, la durabilité environnementale, la transition énergétique, la digitalisation et la valorisation du capital humain en sont les axes fondateurs.

En somme, le PLF 2026 s’affirme comme la feuille de route d’un Maroc en transformation : ambitieux dans ses objectifs, lucide dans ses choix, et fidèle à une promesse d’équilibre entre le développement et la justice sociale.

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