Le secteur bancaire marocain en 2024 : croissance, résilience et digitalisation

Le secteur bancaire marocain en 2024 : croissance, résilience et digitalisation

Le nombre d’établissements soumis à la supervision de BAM a atteint 93 en 2024, contre 88 en 2023. Cette hausse s’explique par l’agrément de deux nouveaux établissements de paiement et de trois plateformes de financement collaboratif

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Bank Al-Maghrib a présenté son 21ème rapport annuel sur la supervision bancaire. Selon ce rapport, l'année 2024 se distingue par la robustesse du secteur bancaire, une réglementation adaptée aux enjeux climatiques et numériques, ainsi qu'une expansion continue de l'inclusion financière. Tour d'horizon d'un paysage bancaire en mutation tel que dessiné par le rapport de BAM.

L’économie résiste, le secteur bancaire progresse

Malgré un contexte international instable et une succession d’années de sécheresse, l’économie marocaine a enregistré une croissance de 3,8 % et une inflation limitée à 0,9 %. Le crédit bancaire a progressé de 4,6 % et les dépôts ont grimpé de 9,2 %. Ces performances ont permis à Bank Al-Maghrib de réduire deux fois son taux directeur, le ramenant à 2,50 %.

Le rapport souligne également une hausse de 24,1 % des résultats cumulés des banques conventionnelles et un équilibre financier atteint par les banques participatives. Côté solvabilité, les ratios se maintiennent au-dessus des exigences réglementaires, illustrant la solidité du système bancaire.

Régulation et réformes pour un secteur adapté

En 2024, BAM a renforcé son arsenal réglementaire. Deux nouvelles directives encadrent la gestion des risques climatiques, en lien avec la stratégie nationale de la finance climat 2030. Le cadre juridique sur les services de paiement a été réformé pour encourager les paiements digitaux, et trois sociétés de crowdfunding ont reçu leur agrément.

La Banque Centrale a aussi renforcé la sécurité numérique en coopération avec la Direction Générale de la Sécurité des Systèmes d’Information. Elle a intensifié la lutte contre les arnaques financières et contribué à l’élaboration d’une loi sur les cryptoactifs pour aligner le Royaume aux standards internationaux.

Cartographie dynamique des établissements

Le nombre d’établissements soumis à la supervision de BAM a atteint 93 en 2024, contre 88 en 2023. Cette hausse s’explique par l’agrément de deux nouveaux établissements de paiement et de trois plateformes de financement collaboratif.

Les entités se répartissent entre 19 banques conventionnelles, 5 participatives, 29 sociétés de financement, 6 banques offshore, 11 associations de microcrédit, 18 établissements de paiement et 3 plateformes de crowdfunding. En Afrique, les groupes bancaires marocains sont présents dans 27 pays, avec 45 filiales et 4 succursales.

Cartes bancaires et culture du cash

Les cartes bancaires en circulation ont atteint 22,6 millions, en hausse de 12 %. Toutefois, 86 % de leur usage reste dédié aux retraits en espèces, contre 88 % en 2023. Pour inverser cette tendance, BAM poursuit ses réformes afin de stimuler les paiements électroniques, notamment dans les zones rurales.

Ces efforts s’inscrivent dans la continuité de la loi bancaire de 2014, l’interopérabilité des portefeuilles électroniques (M-Wallet) depuis 2018, et la séparation entre activités commerciales et d’intérêt général.

Déploiement du réseau bancaire

Le réseau d’agences bancaires s’est établi à 5.692 en 2024. Les banques classiques ont fermé 120 agences, tandis que les banques participatives en ont ouvert 7 nouvelles. Le nombre de GAB a augmenté de 86 unités pour atteindre 8.328.

La région Casablanca-Settat concentre 28 % des agences, 39 % des dépôts et 65 % des crédits. Le réseau des établissements de paiement a progressé à 32.221 points, dont 6.240 mandataires. Leur présence reste stable à 9 % en zone rurale.

Financements participatifs en forte hausse

Les financements participatifs ont atteint 33,8 MMDH en 2024, en hausse de 19,9 %. La formule « Mourabaha » représente 99 % des opérations, majoritairement orientées vers l’immobilier (78,7 %). Les produits à l’équipement comptent pour 15,4 % et la consommation pour 5,9 %.

L’encours des biens acquis via Mourabaha est passé à 382,8 MDH, et celui du produit « Salam » à 254,5 MDH. Les créances sur la clientèle représentent 87,5 % de l’actif total des banques participatives.

Satisfaction clientèle et réclamations

En 2024, BAM a reçu 2.298 réclamations de clients, contre 1.459 en 2023. Près de 70 % ont été transmises au Centre Marocain de Médiation Bancaire. Les doléances concernent les soldes, les frais, la clôture de compte (36 %), les conditions de crédit (27 %) et les moyens de paiement (22 %).

La part des réclamations déposées par des particuliers atteint 87 %. Casablanca reste en tête avec 29 %, suivie de Rabat (22 %). Le taux de traitement favorable aux plaignants s’élève à 74 %.

Comptes de paiement et inclusion financière

Le nombre de comptes de paiement a atteint 13,8 millions (+33 %). Cette croissance est due aux programmes sociaux lancés en 2023. Le taux d’activation est passé de 17,7 % à 28 %, soit 3,81 millions de comptes actifs.

Les comptes de niveau 3 (plafonnés à 20.000 DH) représentent 38,2 % des ouvertures, devançant ceux de niveau 1 (31 %) et 2 (31 %). Le nombre de comptes ouverts par des commerçants a aussi augmenté de 8 %, frôlant les 56.000 comptes acceptant M-Wallet.

Terminales de paiement : cap vers le numérique

Le parc de TPE a atteint 94.387 unités (+13 %), avec un taux d’activité de 72 %. En 2024, deux établissements de paiement et une banque ont équipé les commerçants.

La part des TPE compatibles M-Wallet est passée à 93 % contre 75 % en 2023. Casablanca-Settat regroupe 35 % du parc, suivie de Marrakech-Safi (21 %), Rabat-Salé-Kénitra (14 %), Tanger-Tétouan-Al Hoceima (9 %). Le secteur de la grande distribution domine (23 %), suivi de la santé (14 %), l’habillement (13 %), le tourisme (11 %) et la restauration (8 %).

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